SNCB

Pour la première fois de son histoire récente, le nombre de cheminots (en équivalents temps-plein, ETP) est passé sous la barre des 30 000 en mai 2018. Une chute de 10 000 ETP en moins de 15 ans. Alors que le nombre de voyageurs, lui, a augmenté de 40 % en 15 ans...

La CGSP Cheminots a déposé un préavis de grève les 29 et 30 juin. Un coup de tonnerre dans un ciel bleu ? Pas vraiment. Les mesures de la direction et du gouvernement n’arrêtent pas de détériorer les conditions de travail. Sans compter les carrières rallongées pour des pensions plus basses. La colère gronde dans toute la SNCB, et plusieurs préavis ont été déposés. Pour le moment, seul celui de la CGSP est maintenu. La grève annoncée est un mouvement pour la sécurité des usagers et pour des trains à l'heure.

Le Vice-Premier ministre libéral Alexander De Croo évoque une privatisation des entreprises publiques, en particulier de la SNCB. « Alors que les défis de mobilité et de climat n’ont jamais été aussi urgents, le ministre De Croo lance la plus mauvaise piste qui soit pour les résoudre », réagit Michael Verbauwhede, spécialiste chemins de fer du PTB. Qui plaide pour plus de participation des usagers, pas du privé.

Ce dimanche 10 décembre, la SNCB a lancé son nouveau plan de transport. Un plan « avec plus de trains et plus de correspondances », qui « élargira l’offre ferroviaire de 5,1% » si on en croit la SNCB. Qu’en est-il en réalité ?

Files de plus en plus longues autour des grandes villes. 250 millions (au moins) perdus chaque année à cause des embouteillages anversois et bruxellois uniquement.

Le député fédéral PTB Marco Van Hees dénonce le projet de service minimum du ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) : « Le service minimum pour les usagers, c’est déjà 365 jours par an. En quoi ce projet va-t-il améliorer le quotidien des usagers, qui est la priorité ? Avec son projet, le gouvernement veut casser la force du collectif et pousser à une opposition individuelle entre le travailleur et l’employeur. Le service minimum, même "light", que le ministre Bellot veut imposer à la SNCB est un précédent dangereux pour le droit de grève des cheminots, mais aussi pour l’ensemble des travailleurs. »

On connaissait les coupes dans le budget de la SNCB et leurs conséquences négatives sur le service et les conditions de travail. Mais, aujourd’hui, la direction a trouvé mieux : investir 40 millions d’euros dans… la détérioration du service et de la sécurité. Bienvenue dans le monde du « one man car », ou la déshumanisation du rail.

Le PTB ne peut accepter le projet de contrat de gestion de la ministre Jacqueline Galant (MR). Plutôt qu’une hausse des tarifs, le parti de gauche demande l’instauration de tarifs « COP21 » plus bas, et attractifs.

Le droit de grève n’a jamais autant été menacé. Les partis du gouvernement et le patronat veulent forcer les syndicats à accepter de fortes limitations à la liberté d’action des travailleurs. À défaut, ils menacent de passer en force au Parlement.

Après 48 heures de grève début janvier, la direction avait accepté de discuter des points qui fâchent les cheminots et qui menacent l'offre de service, sa qualité ainsi que sur la sécurité du rail. Après un mois de négociations, un nouveau protocole d'accord social est proposé. Pas de quoi rassurer les cheminots, et encore moins les navetteurs.

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