Maxime Vancauwenberge

 
 

Le Pacte de l'ONU sur les migrations vise à renforcer la coopération internationale en matière de migrations, à garantir le respect des droits de l’Homme et à lutter contre les passeurs. A aucun moment ce Pacte ne plaide pour une perte de contrôle des Etats sur leurs frontières, mais il entre en contradiction avec la vision de la N-VA d’une Europe « libérée » des droits de l’Homme et qui impose ses vues à ses voisins par le « bâton ».

« Nous nous sommes organisés pour que les enfants ne voient pas la clôture. » Theo Francken ne manque pas de cynisme. Ce 14 août 2018, une première famille avec quatre enfants a été mise en détention en attendant leur expulsion. Le lendemain, près de 2 500 personnes se rassemblaient pour dire bien fort « On n’enferme pas un enfant. Point. »

La politique migratoire provoque une nouvelle crise politique en Europe. Sous la pression des partis d’extrême-droite en Italie, Autriche et Allemagne, le sommet européen de ces 28 et 29 juin portera principalement sur le plan Tusk. Un projet qui consiste à empêcher les réfugiés d’atteindre l’Europe et de les parquer en Afrique du Nord. Un plan qui ne mettra fin ni à la crise migratoire dans le monde, ni aux causes réelles de la crise politique en Europe.

Charles Michel a donné le feu vert au projet du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken d’enfermer des enfants en centres fermés avant leur expulsion. L’enfermement d’enfants a pourtant un impact destructeur sur leur bien-être et leur développement, et est en violation avec les Droits de l’Enfant.

Theo Francken utilise une nouvelle fois la situation au parc Maximilien pour déshumaniser les personnes dont le seul crime est de fuir la guerre, la persécutions et la misère. Le nombre de migrants n’a pourtant pas augmenté ces derniers mois. S'ils doivent dormir dehors, c’est uniquement parce que le centre d’accueil où ils dormaient cet hiver a fermé ses portes.

Les assemblées étudiantes et les blocages se multiplient dans les universités en France. Les étudiants s’opposent à la mise en place de la sélection à l’entrée des universités visant à en réduire l’accès. Une lutte qui, dans le cadre du mouvement plus large pour la défense des services publics mené par les cheminots, peut faire tache d’huile.

Contraste fort hier entre le diner à 145 euros au Cercle de Lorraine où Theo Francken était invité et la conférence alternative organisée par Amitié Sans Frontières et d’autres organisations de terrain dans un café des Marolles. Des associations que Francken accuse de n’avoir aucune solution mais qu’il a cependant toujours refusé de rencontrer.

« Ceux qui sont contre ma politique sont pour une politique de frontières ouvertes », selon Bart De Wever. « C’est ça ou la régularisation massive », affirme Charles Michel. Comme pour les pensions et tous les dossiers où le gouvernement Michel est en difficulté, c’est le même refrain : les opposants mentent et l’opposition n’a pas d’alternative. Vraiment ?

Malgré les nouvelles révélations selon lesquelles le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken a menti depuis le début dans l’affaire du renvoi de réfugiés vers le Soudan, le Premier ministre a décidé de continuer à le couvrir. Preuve que Charles Michel a besoin de la N-VA pour se maintenir au pouvoir et continuer sa politique d’austérité.

Le 13 décembre, la coalition « Justice migratoire », qui regroupe associations citoyennes, syndicats, ONG, appelle à une grande manifestation à Bruxelles. « L’objectif est de rassembler plusieurs milliers de personnes, afin que l’Europe change de cap », selon David Mendez, l’un des organisateurs.

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