Finances - Fiscalité - Budget

Le Top-50 des ristournes fiscales fait mal. Chaque année, le PTB réalise ce classement des sociétés belges profitant des plus importants cadeaux fiscaux. Et, chaque année, des critiques sont lancées contre le Top-50. Pourtant, chaque année aussi, l'étude (lire ici) comprend déjà elle-même la réponse à ces critiques. Reprenons-donc, une fois encore…

En 2008, plusieurs banques belges – à commencer par la Fortis de Maurice Lippens – n'échappent à la faillite que grâce à l'intervention de l’État. Les banquiers ont triché, menti, manipulé. Mais ils ne passent pas par la case prison et c'est la population qui casque lorsqu'ils franchissent la case « nouveau départ ». Leur meilleur serviteur aura été le ministre libéral Didier Reynders.

Les patrons en rêvaient. Le gouvernement l'a mis en place cet été : un nouveau plan pour s'attaquer à nouveau à nos salaires, à nos conditions de travail, à la mise en concurrence des travailleurs. Comment y est-il arrivé ? En créant le mythe des métiers en pénurie. Décryptage d'une stratégie bien orchestrée.

Le nouveau « jobs deal » du gouvernement pousse les chômeurs dans la pauvreté, démantèle encore davantage la prépension et menace les conditions de travail et de salaire pour tous. Mais les fraudeurs fiscaux et les super-riches sont hors de danger. Un deal injuste et antisocial, donc...

L'accord budgétaire conclu hier soir par le gouvernement fédéral cible durement les chômeurs et les prépensionnés, mais laisse les super-riches hors de danger.

Le ministre des Finances, le N-VA Johan Van Overtveldt, est pris en flagrant délit de mensonge. Alors qu’il prétend que le nombre de contrôleurs fiscaux ne va pas diminuer, le député PTB Marco Van Hees a réussi à lui soutirer la preuve qu’il fait le contraire. Ce qui confirme le ministre dans son statut de « champion de la lutte contre la lutte contre la fraude fiscale ».

« Difficile pour l'heure de se montrer plus précis : les tableaux budgétaires concrétisant cet exercice seront d'abord fournis aux parlementaires », lit-on aujourd'hui dans la presse, suite au contrôle budgétaire conclu vendredi soir par le gouvernement.

Ce 14 février est le jour J dans le dossier de l’achat par la Belgique de 34 nouveaux avions de chasse. C’est aujourd’hui que tous les fournisseurs doivent rendre leur « meilleure offre finale » au gouvernement belge. Nous saurons très bientôt quelle entreprise aura décroché le « contrat du siècle à plusieurs milliards ».

La réforme de l’impôt des sociétés (ISoc) devrait être votée avant la fin de l’année. Au départ, le gouvernement l’avait vendue comme une double opération à somme nulle : d’un côté, il baisse le taux de l’impôt, de l’autre, il supprime les nombreuses déductions fiscales – les « niches » – existantes. Dans la réalité, les milliards de l’austérité imposée à la population vont être jetés par les fenêtres pour atterrir dans les poches des patrons…

Dans ses observations sur le budget 2018, la Cour des comptes avait émis beaucoup de réserves sur la neutralité budgétaire de la réforme de l'impôt des sociétés (ISoc). Aujourd'hui, le Conseil d’État en rajoute une couche puisqu'il juge le mécanisme dit de la corbeille (le prétendu impôt minimum de 7,5%) contraire au droit européen dans sa partie relative aux revenus définitivement taxés (RDT).

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