Benjamin Pestieau

 

Bruno Verlaeckt, le président de la FGTB d'Anvers, a été condamné le vendredi 29 juin dernier comme organisateur d’une « entrave méchante à la circulation » lors de la grève générale du 24 juin 2016. La Ville d’Anvers, le tribunal correctionnel et le procureur ont voulu en faire une question de principe. Le mouvement social au sens large devra également en faire une question de principe pour ne pas faire reculer gravement les droits démocratiques.

Avec ses projets de lois sur les «métiers pénibles», le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine tente de monter les travailleurs les uns contre les autres. Mais, au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles. Pour le PTB, il faut changer de cadre. C’est pourquoi il mènera campagne cet été et à la rentrée pour soutenir le plan 65-60-55 initié par de nombreux acteurs syndicaux. 

On entend parfois dire que « cela ne sert à rien de se mobiliser car le gouvernement n’écoute de toutes façons pas ». Et c’est vrai qu’il préfère écouter les quelques voix de l’élite plutôt que celle des travailleurs. Par contre, il réagit face à la pression de la mobilisation venue d'en bas. Mais pour cela des conditions sont nécessaires.

Imaginez qu’un cambrioleur vole tous les téléviseurs de votre quartier, puis revient dire que, pour compenser, il propose à cinq d’entre vous une radio, que feriez-vous ? Vous battriez-vous entre voisins pour savoir qui a droit à une radio ? Ou vous en prendriez-vous au cambrioleur pour qu’il rende les téléviseurs ? Et bien c’est pareil pour nos pensions. Explications.

À l'approche de la manifestation pour les pensions du 16 mai dernier, le gouvernement a vu arriver à son secours le « Conseil académique des pensions ». Derrière ce nom qui inspire la confiance, l'indépendance et l'objectivité se cache une initiative du gouvernement lui-même. C'est en effet lui qui nomme chacun des membres du conseil, et qui fixe le cadre. Ce groupe a donc lancé sur son site Internet une offensive pour défendre le principe de la pension à points et inciter le gouvernement à en faire une réalité. Analyse.

« Avoir des listes avec 50 % des métiers qui sont pénibles, c’est impossible et c’est impayable. » C’est ce qu’a déclaré le spécialiste pension des libéraux flamand, Vincent Van Quickenborne. Il faut dire que les libéraux et la N-VA tentent de monter les travailleurs les uns contre les autres pour savoir qui a un métier pénible et qui pas. Mais au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles… à part peut-être le métier de ministre ou de député.

Le gouvernement veut introduire sa loi sur les « métiers pénibles ». Il essaie d’entraîner les syndicats dans son projet. Mais ça ne prend pas, tellement la supercherie du gouvernement est grande. Mais celui-ci s’obstine à ne pas entendre la colère qu’on exprimée 70 000 manifestants le 16 mai dernier.

En Belgique, les pensions légales sont très basses comparées à celles dans les pays voisins. Le service d'études du PTB a calculé cet écart des pensions dans une nouvelle étude. "L'écart des pensions avec les pays voisins va jusqu'à 50 %, explique Kim De Witte, le spécialiste des pensions du PTB. Et cet écart risque de se creuser encore davantage suite aux mesures du gouvernement Michel.”

« La pression au boulot est toujours plus forte et on veut en plus nous faire travailler plus longtemps ? Impossible ! », voilà un témoignage qui représentait bien l’état d’esprit des 70 000 femmes et hommes, salariés et salariées venus des quatre coins du pays contre les plans pension du gouvernement. Nous étions deux fois plus nombreux qu’en décembre dernier. Une vraie claque pour le gouvernement.

« Tous les métiers sont pénibles », entend-on souvent. Et à juste titre, puisque, partout, la pression de travail a fortement augmenté et que, pour presque tous les travailleurs, travailler jusqu'à 67 ans est infaisable – dans la grande distribution, les usines, le secteur des soins, l'enseignement, la logistique, les transports publics, etc. Or de nombreux salariés espèrent y échapper grâce à la reconnaissance comme métier pénible par le gouvernement. Avec cela, le gouvernement vise le diviser pour régner. Comment l'éviter ?

Pages