Pensions

Avec ses projets de lois sur les «métiers pénibles», le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine tente de monter les travailleurs les uns contre les autres. Mais, au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles. Pour le PTB, il faut changer de cadre. C’est pourquoi il mènera campagne cet été et à la rentrée pour soutenir le plan 65-60-55 initié par de nombreux acteurs syndicaux. 

La CGSP Cheminots a déposé un préavis de grève les 29 et 30 juin. Un coup de tonnerre dans un ciel bleu ? Pas vraiment. Les mesures de la direction et du gouvernement n’arrêtent pas de détériorer les conditions de travail. Sans compter les carrières rallongées pour des pensions plus basses. La colère gronde dans toute la SNCB, et plusieurs préavis ont été déposés. Pour le moment, seul celui de la CGSP est maintenu. La grève annoncée est un mouvement pour la sécurité des usagers et pour des trains à l'heure.

Si le mensonge et la tromperie étaient punissables, plusieurs parlementaires ou ministres libéraux auraient bien des problèmes avec la justice. La présidente des libéraux flamands de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, serait certainement même en prison. « Personne ne perdra rien de sa pension », avait-elle affirmé fin 2017 dans la presse. Et même : « Celui qui travaillera plus longtemps touchera plus de pension. » Rien n'est moins vrai.

On entend parfois dire que « cela ne sert à rien de se mobiliser car le gouvernement n’écoute de toutes façons pas ». Et c’est vrai qu’il préfère écouter les quelques voix de l’élite plutôt que celle des travailleurs. Par contre, il réagit face à la pression de la mobilisation venue d'en bas. Mais pour cela des conditions sont nécessaires.

Imaginez qu’un cambrioleur vole tous les téléviseurs de votre quartier, puis revient dire que, pour compenser, il propose à cinq d’entre vous une radio, que feriez-vous ? Vous battriez-vous entre voisins pour savoir qui a droit à une radio ? Ou vous en prendriez-vous au cambrioleur pour qu’il rende les téléviseurs ? Et bien c’est pareil pour nos pensions. Explications.

À l'approche de la manifestation pour les pensions du 16 mai dernier, le gouvernement a vu arriver à son secours le « Conseil académique des pensions ». Derrière ce nom qui inspire la confiance, l'indépendance et l'objectivité se cache une initiative du gouvernement lui-même. C'est en effet lui qui nomme chacun des membres du conseil, et qui fixe le cadre. Ce groupe a donc lancé sur son site Internet une offensive pour défendre le principe de la pension à points et inciter le gouvernement à en faire une réalité. Analyse.

Le 6 juin, les fonctionnaires des ministères fédéraux (gardiens de prisons,  agents du fisc, etc.) seront en grève pour dénoncer les nouvelles attaques attaques du gouvernement contre toute une série de leurs droits rassemblés dans ce qu’on appelle « le statut ». Mais cette politique n’est pas une spécialité belge. Il s’agit d’une stratégie de l’Union européenne pour casser les services publics et les droits des salariés du secteurs publics.

Que pensent les partis de vos pensions ? Découvrez-le dans le tableau ci-dessous. Le constat est clair : le PTB est le seul parti qui défende le retour de la pension à 65 ans, le droit de partir en prépension à partir de 58 ans et une pension à minimum 1 500 euros.

« Avoir des listes avec 50 % des métiers qui sont pénibles, c’est impossible et c’est impayable. » C’est ce qu’a déclaré le spécialiste pension des libéraux flamand, Vincent Van Quickenborne. Il faut dire que les libéraux et la N-VA tentent de monter les travailleurs les uns contre les autres pour savoir qui a un métier pénible et qui pas. Mais au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles… à part peut-être le métier de ministre ou de député.

Sur les réseaux sociaux, Kim De Witte, spécialiste Pension du PTB, a reçu de nombreuses questions concernant l'accord préliminaire sur les métiers pénibles dans les services publics. « Avec le préaccord qui est aujourd’hui sur la table, les personnes exerçant les métiers pénibles vont devoir travailler plus longtemps pour moins de pension. Pour beaucoup, c’est tout simplement infaisable ! » réagit-il.

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