Doosan Frameries : 4,4 millions d’intérêts notionnels en deux ans, aujourd’hui 313 travailleurs à la porte.

Doosan vient d’annoncer ce lundi 1er septembre son intention de licencier 313 personnes. Or, cette entreprise de Frameries a bénéficié d'avantages fiscaux colossaux. Elle a de même reçu des subsides publics. Le PTB demande le remboursement immédiat de toutes ces ristournes fiscales si Doosan, qui fait des bénéfices, confirme son intention d’arrêter la production de pièces détachées à Frameries.

Doosan ne devrait garder qu'une vingtaine de travailleurs à Frameries pour son secteur commercial afin d’écouler les marchandises importées de Corée et de Chine. Quel cadeau de rentrée pour les travailleurs de Doosan Infracore Europe, dont l’unité de production pour l’extraction et la construction est basée à Frameries. L’entreprise du secteur du métal ne serait « ni rentable, ni compétitive » selon la direction du groupe coréen.

Comble du cynisme, l’entreprise qui va laisser 313 travailleurs et leurs familles sur le carreau a évidemment bénéficié des largesses du système fiscal belge. En 2012, sur les 8,60 millions d’euros de bénéfices avant impôts, elle a payé 88 728 euros d’impôts, soit un taux d’imposition ridicule de 1,03% d’impôts. En 2013, elle a payé 103 811 euros d’impôts, faisant grimper son taux d’imposition à 2,14%. Sur deux ans, elle a donc payé 1,43% d’impôts faisant donc perdre aux contribuables la somme de 4,37 millions d’euros.

Pourtant, ces deux dernières années, les bénéfices étaient au rendez-vous. Ils étaient respectivement de 8,60 et de 4,84 millions en 2012 et en 2013. La situation des travailleurs de l’entreprise était déjà compliquée. Pour faire face aux baisses de commandes et à la perte des marchés du Moyen-Orient et en Afrique (suite à la décision du groupe de les transférer à la maison–mère), les travailleurs étaient déjà confrontés au chômage économique, ce qui a permis au groupe d’économiser sur le dos des travailleurs 4,4 millions d’euros en 2 ans (2,1 en 2012 et 2,3 en 2013). Ce n’est pas le coût salarial qui est trop cher, celui-ci ayant diminué de 1,98% entre 2012 et 2013. Finalement, cerise sur le gâteau, les pouvoirs publics ont également subsidié Doosan Frameries à hauteur de 565 767 euros en 2012 et de 164 529 euros en 2013, soit 730 296 euros en deux ans.

« Rien que pour Doosan Frameries, la facture pour les contribuables et les travailleurs a été lourde ces deux dernières années, estime John Beugnies, porte-parole du PTB Mons-Borinage et conseiller communal à Mons. Ma calculette me signale que ce sont donc 9,5 millions d’euros qui se sont donc envolés pour se retrouver dans les poches des actionnaires du groupe Doosan. »

« Nous demandons le remboursement immédiat de toutes ces ristournes fiscales si Doosan confirme son intention d’arrêter la production de pièces détachées à Frameries, continue-t-il. Il faut mettre un terme à cette politique des cadeaux fiscaux qui coûtent très cher à la collectivité, qui ne créent aucun emploi et qui servent avant tout à gonfler les bénéfices des entreprises. Le Borinage a déjà perdu beaucoup trop d’entreprises pour le profit de quelques actionnaires. »

« Le taux de chômage dans la région est catastrophique. Il est temps pour les pouvoirs publics d’agir fermement et d’empêcher Doosan d’aller jusqu’au bout afin de rendre l’espoir aux travailleurs, à leur famille et à toute une région. Cette fermeture n’est pas une fatalité, c’est un choix égoïste, conclut John Beugnies. »

Le porte-parole de PTB rappelle une revendication-phare de son parti : « Nous voulons une loi qui interdit les licenciements dans les entreprises rentables. En cas de non-respect de la loi, tous les avantages fiscaux, aides publiques et réductions de cotisations patronales accordés devraient être remboursés immédiatement. Ce serait la meilleure protection pour préserver nos emplois. »

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Commentaires

Félicitations à Raoul pour son interventions à la RTBF, il faut dire et redire la vérité, sur la situations de entreprises qui ferment et délocalisent. Patricia Villalon
iL FAUT PUNIR CE GENRE DE COMPORTEMENT , METTRE CETTE FIRME A L'AMENDE ET DEMANDER LE REMBOURSEMENT DE TTES LES AIDES OCTROYEES.
Comment est t'il possible que l'état renfloue sans cesse des firmes bancales!!!!! avant de donner de l'argent ...1) le donner au compte gouttes et 2) s'assurer que cela va servir à quelque chose de durable . Cela ne sert à rien si c'est une cause perdue surtout comme Arcelor Mittal ...un patron multi Milliardaires et nos ministres lui ont donné des millions d'EUROS ...!!!! alors que celui-ci a de la main d'œuvre à prix ridicules en Chine. Comment est ce possible d être aussi CON ...Pauvre Belgique !!!!