Seun Kuti & Egypt 80

auteur: 

Dirk Tuypens

Seun Kuti & Egypt 80 sera en septembre à ManiFiesta pour y faire entendre leur afrobeat au message politique puissant  : «  La lutte des classes est la plus importante. »

 

Fils cadet de Fela Anikulapo Kuti, légendaire pionnier de l’afrobeat, Seun Kuti, a repris le flambeau – accompagné de son groupe, Egypt 80 – à l’âge de 14 ans seulement, peu après le décès de son père. Seun Kuti est aujourd’hui l’un des principaux représentants de l’afrobeat, et Egypt 80 se produit encore et toujours sur scène.

Suivant les traces de son ascendant, non seulement sur le plan musical mais également au niveau politique, il affirme, avec conviction : « La lutte la plus importante au monde est la lutte des classes. Les hommes doivent se rassembler pour former une classe ouvrière. » Kuti affiche par ailleurs un panafricanisme convaincu : « Le panafricanisme explore les possibilités dont disposent les Africains, alors qu’on leur a de tout temps dit qu’elles ne leur revenaient pas naturellement. »

Les élites de son pays natal – le Nigeria – ne voient pas son travail d’un bon œil : « Un nombre incalculable de gens sont endoctrinés et manipulés par le système. La propagande et les médias sont puissants. Les gens comme moi ne passent pas à la radio ni à la télévision. Les artistes de mon style racontent l’histoire d’un point de vue humain et, pour cela, nous sommes trop souvent exclus. »

Unis dans la révolte

Début septembre, Seun Kuti présentera son quatrième album, intitulé « Black Times », à la côte belge. Le morceau qui ouvre ce nouvel opus, « Last Revolutionary », passe en revue certains révo-lutionnaires qui ont contribué à changer le monde, en passant de Kwame Nkrumah, Che Guevara, Thomas Sankara à Patrice -Lumumba, Abdel Nasser, Sékou Touré, Shaka Zulu, Fela Kuti ou encore Isaac Boro.

« Ce nouvel album est un bon aperçu de mes convictions politiques et sociales » explique Seun Kuti. « C’est un album pour tous ceux qui croient au changement et comprennent que nous devons nous soulever ensemble. Les élites tentent toujours de diviser les pauvres du monde, mais les ouvriers de Flint, dans le  Michigan, sont tout aussi opprimés que les travailleurs de Lagos (plus grande ville du Nigeria, NdlR) ou de Johannesburg ».

L’artiste n’a jamais mâché ses mots dans son art. Sur le morceau « Rise », qui figure sur son troisième album « A Long Way to the Beginning » – sorti en 2014, il s’insurge contre les groupes pétroliers, les sociétés d’exploitation de diamants, les leaders africains corrompus, Monsanto et Halliburton, qu’il rend collectivement responsables de la famine en Afrique.

Les gens d’abord

Pour Seun Kuti, la lutte des classes a énormément de points communs à travers le monde. Les élites africaines sont les mêmes qu’en Europe ou ailleurs. Elles ont les mêmes ambitions. La rébellion vis-à-vis de ces formes de pouvoir doit dès lors également être universelle.

« Je désire un monde plus soucieux des gens. Ce sont les gens qui comptent, pas le profit, ni le capital. Nous avons été tellement endoctrinés par les élites que nous pensons recevoir ce que nous gagnons. Il est temps de sortir de ce cercle vicieux et de cesser de laisser les dirigeants retirer tout le bénéfice de nos efforts, de notre travail, de nos ressources, au mépris de nos droits les plus élémentaires. »

Seun Kuti & Egypt 80 à ManiFiesta

Seun Kuti & Egypt 80 seront samedi 8 septembre sur la Mainstage de  ManiFiesta, grâce à Médecine pour le Tiers-Monde (M3M) www.manifiesta.be/fr

Article publié dans le magazine Solidaire de juillet - août 2018Abonnement.

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