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Service minimum à la SNCB : droit de grève ou droit de la fermer ?

L’an dernier, la droite au gouvernement faisait voter une loi instaurant un service minimum à la SNCB. Et c’est ce 7 mars que le service minimum entre en vigueur. La prochaine grève du rail sera donc un premier test pour le gouvernement et pour le mouvement syndical. Mais ce service minimum ne passe toujours pas auprès des organisations syndicales qui ont déjà annoncé un recours devant la Cour constitutionnelle.

Une SNCB antidémocratique

Le 21 février, la VRT diffusait un reportage sur les structures militaires, antidémocratiques qui gangrènent la SNCB. On y découvrait un climat de peur, une hiérarchie militaire, une abondance de managers grassement payés alors qu’il n’y a pas assez de cheminots sur le terrain. Ce reportage a ému la Flandre, tant les dysfonctionnements et l’absence de démocratie dans le rail étaient mis en lumière. Comme le rappelait Raoul Hedebouw au Parlement fédéral (voir son intervention ici) : « Ce sont eux, les accompagnateurs de train, les conducteurs, qui travaillent tous les jours pour nous emmener au boulot, qui parlent d’une culture de la peur et d’une culture de la sanction. Et ils disent aussi qu’ils ne peuvent pas en parler à l’extérieur. » Comment s’étonner qu’ils réagissent lorsque la coupe est pleine, lorsque le gouvernement impose 3 milliards d’euros d’économies sur le rail, avec des mouvements de grève ? « La seule défense qu’ont les travailleurs de la SNCB contre ce pouvoir militaire, c’est leur force collective. Et ce que vous voulez faire, c’est même briser cette force collective [avec le service minimum] », a aussi rappelé Raoul Hedebouw au Parlement.

Intimidations, menaces, harcèlement : la réalité des cheminots qui osent contester 

« Aucune contrainte ne pèse sur les travailleurs. On leur demande juste de se déclarer [en grève ou non] », affirmait il y a quelques mois le ministre de la Mobilité François Bellot (MR). Le quotidien économique L’Écho écrivait pour sa part que le texte du ministre était un service minimum « Canada dry » : « Le texte a la couleur du service minimum, son odeur, “mais ce n’est pas un service minimum”, se défend François Bellot. »1  

Pas de contrainte ? Pas d’entrave au droit de grève ? La réalité est totalement opposée. Et ce ne sont pas les cheminots qui ont contesté la casse des pensions lors de la journée d’actions des services publics du 27 février qui diront le contraire. Se sentant soutenue par le gouvernement, la direction de la SNCB a en effet réalisé des pressions rarement vues pour dissuader les travailleurs de faire grève. Par exemple, dans la cabine de signalisation à Gand, la direction a appelé des travailleurs jusqu’à 5 fois de suite pour savoir s’ils faisaient grève ou non. Elle a même été jusqu’à menacer des travailleurs de réquisitions (ce qui est pourtant totalement illégal). Intimidations, menaces, la direction a été très loin, alors même que le service minimum n’était pas encore rentré en vigueur. Où s’arrêtera-t-elle dans ses menaces dès demain ?

Des syndicats en justice contre le service minimum

Comme le PTB n’a cessé de le répéter, ce service minimum chez les cheminots est un pied dans la porte. Une fois le service minimum d’application à la SNCB, le gouvernement va continuer ses attaques antisyndicales en durcissant la loi. La N-VA a déjà clairement annoncé son ambition : pour ce parti, le texte n’est pas suffisant, il faut pouvoir réquisitionner les grévistes.

Un pied dans la porte aussi car l’objectif du gouvernement est clair : diminuer la combativité des syndicats, empêcher la grève (ultime recours des travailleurs pour trouver une solution satisfaisante pour eux dans un conflit social ou politique). Tout cela dans l’objectif de faire passer son agenda néolibéral. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement limite d’abord le droit de grève sur le rail avant de procéder à la libéralisation du transport ferroviaire de passagers : d’abord désarmer les cheminots avant de se préparer à la plus grande attaque que la SNCB ait connue depuis sa création en 1926. La France a connu le même parcours. Suite au service minimum introduit par Sarkozy en 2007 (le système français est fort semblable à celui introduit en Belgique), les grèves ont été plus difficiles. Cela facilite la tâche à l’actuel président Emmanuel Macron pour faire passer la libéralisation de la SNCF.

Un pied dans la porte enfin car les justifications utilisées aujourd’hui pour introduire le service minimum à la SNCB peuvent servir demain pour limiter le droit de grève dans d’autres secteurs, interdire les piquets de grève, les piquets de zoning, etc. Dans ce sens, c’est une mise à l’épreuve du mouvement syndical.

Les syndicats cheminots l’ont bien compris : la CGSP Cheminots et la CSC-Transcom « travaillent ensemble pour aller en justice contre le service minimum », ont-ils indiqué dans un communiqué de presse commun. Ils veulent contester la loi devant la Cour constitutionnelle. Le PTB soutient leur action en justice et continuera à dénoncer les atteintes au droit de grève.

 

1. L’Écho 5 octobre 2017

 

Service minimum à la SNCB, comment ça marche ?
En cas de conflit social, les organisations syndicales reconnues doivent déposer un préavis de grève au plus tard huit jours ouvrables avant l’action. 72 heures avant le jour de la grève, les cheminots devront envoyer une déclaration d’intention : prendront-ils ou non part à l’arrêt de travail ? S’ils changent d’avis après, ils risquent une sanction financière.
Avec ce système, SNCB et Infrabel connaitront le nombre de travailleurs présents le jour de la grève. Les deux entreprises établiront un plan de transport alternatif qu’ils communiqueront 24h avant le début de la grève aux usagers…

 

Peut-on poser une question sur les dysfonctionnements de la SNCB ?
Une semaine après le reportage de l’émission de la VRT, Pano, et suite à de très nombreux témoignages que le PTB avait reçu, le député fédéral PTB Marco Van Hees a interpellé les dirigeants du rail lors de leur audition au Parlement : « En principe, un cheminot ne peut pas travailler plus de 7 jours de suite. Or nous avons récolté des témoignages qui montrent que des agents de la voie dépassent régulièrement 15 à 18 jours de travail sans repos. Comment est-ce possible que les réglementations du travail ne soient pas respectées ? » La réponse de Luc Lallemand, patron d’Infrabel, et de Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, en dit long sur le climat dictatorial qui sévit dans l’entreprise : « Le Parlement n’est pas l’endroit pour poser ce genre de questions, il existe la concertation sociale pour ça. » Drôle de réponse pour des entreprises qui s’asseyent systématiquement sur la concertation sociale... Veulent-ils interdire tout débat public sur les conditions de travail sur le rail ?

 

Lire plus

http://ptb.be/articles/le-service-garanti-la-sncb-un-danger-pour-tous-les-travailleurs

http://ptb.be/articles/dans-tout-le-pays-les-travailleurs-du-service-public-se-mobilisent-pour-defendre-nos

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Commentaires

quand je vois quand on fait gréve , la direction il envois de suite des huissiers qui son une bande VOLEUR et de VEREUX et d ESCRO en tous genre les susseurs d argent du peuple , (de toute façon j ai pas peur d eux ) pour leur dire oui si vous reprener pas le travaille vous aurez 1000euro d amende , voila se que fait la direction des chemein de fer , pour cela il son fort mais pour donner satifaction aux ouvrier aux conducteur qui eux son en stress permanent la il fond rien , en fait s et travaille ou creve un ou l autre