Questions migratoires : la droite nous mène dans l'impasse, le PTB avance des propositions

Qui a soutenu la guerre et la déstabilisation de la Libye ou coupé dans le budget de la coopération au développement et a obligé des millions de personnes à quitter leur pays de manière forcée ? Qui mène une politique favorisant les passeurs et les trafiquant d'êtres humains ? Et qui maintient des milliers de personnes dans l'illégalité pour avoir une main d'oeuvre corvéable à merci et faire pression sur nos salaires ? Tiens, ceux qui se la jouent à Rambo contre les migrants sur les plateaux de télé.

Résumé

Parler des causes à l’orgine des migrations forcées est le grand tabou aujourd’hui dans le débat

La politique envers les réfugiés ne peut pas être détachée de la politique extérieure et doit s'attaquer aux causes qui obligent des gens à tout quitter en laissant tout derrière eux, en prenant une route dangereuse et pour un avenir incertain. Fuir son pays est toujours une souffrance pour celui qui part. La Belgique doit s'engager dans une diplomatie active et indépendante au service de la paix et respecter nos engagements en matière de coopération au développement. Cela implique une remise en question de toutes les interventions militaires occidentales, qui n'ont causé que du chaos et ont poussé des millions de réfugiés sous les routes de l'exil. De plus, tant que les intérêts des grandes banques et multinationales occidentales continueront à dicter l’exploitation des pays du Sud, les gens continueront inévitablement à fuir pour échapper à la misère et mettre leur famille à l’abri. Mais parler des causes à l’orgine des migrations forcées est le grand tabou aujourd’hui dans le débat, tout simplement parce qu’aucun des partis  traditionnels ne souhaite remettre en question la politique extérieure de la Belgique et de l’Union européenne. 

Les réfugiés – entendu comme les personnes dans l’obligation de fuir leur pays – doivent recevoir une protection et être accueillis dignement. La Convention de Genève qui garantit la protection des réfugiés doit être respectée et être élargie pour tenir compte de la nouvelle réalité des migrations forcées et permettre d’offrir une protection à ceux qui en ont besoin. Nous voulons également en finir avec le trafic d’êtres humains et les noyades en Méditerranée en ouvrant des routes sûres et légales. En Europe, les réfugiés doivent être répartis entre les différents Etats-membres et accueillis dignement.

Alors que leur nombre a été divisé par deux depuis 2015, le gouvernement continue de présenter l’arrivée des réfugiés comme un problème insurmontable. La droite utilise les réfugiés comme bouc-émissaires du manque de logements (sociaux), du manque d’emplois, de la pauvreté, etc. Face à ces inquiétudes bien réelles et justifiées, le PTB pointe les vrais responsables et avance une politique sociale ambitieuse en matière de construction de logements abordables, de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté et les inégalités dans les communes pour les élections communales. 

S’attaquer aux causes qui obligent des gens à fuir leur pays 

Les partis traditionnels ne souhaitent pas remettre en question notre politique extérieure

Nous voulons mettre fin aux causes qui obligent des gens à tout quitter en laissant tout derrière eux en arrêtant de bombarder les pays au Moyen-Orient, en luttant sérieusement contre le réchauffement climatique et en mettant en place une politique commerciale équitable avec les pays du sud. C’est le grand tabou dans le débat sur les réfugiés, car les partis traditionnels ne souhaitent pas remettre en question notre politique extérieure. 

  • S'attaquer aux vraies causes : mettre fin aux guerres. Personne ne devrait avoir à fuir, il faut s'attaquer aux causes. Les guerres menées par la Belgique et d'autres pays de l'OTAN en Irak, Afghanistan, en Libye et en Syrie sont les premières causes actuellement de la crise des réfugiés. Les bombardements en Libye en 2011 ont également déstabilisé l'ensemble de la région: c'est suite à ce conflit par exemple que des groupes terroristes comme Boko Haram se sont retrouvés en possession d'armes de guerres en grande quantité au Nigéria, un des pays d’où proviennent aujourd’hui un certain nombre de réfugiés. Les mêmes partis en Belgique et en Europe qui s’en prennent aux réfugiés ont voté et continuent à soutenir toutes ces guerres. La Belgique doit s'engager dans une diplomatie active et indépendante au service de la paix au lieu de vouloir acheter de nouveaux avions de chasse qui coûtent plusieurs milliards d'euros pour continuer cette politique de guerre.
  • S'attaquer aux vraies causes (bis) : laisser les pays du sud se développer. En Afrique, la politique commerciale de l'UE qui subventionne tout une série de produits déversés sur le marché africain tue l'agriculture locale et jette des gens sur la route de l'exil. Un commerce mondial non équitable et des dettes illégitimes emprisonnent les pays du Sud dans un carcan économique. Au Nigeria, pour reprendre cet exemple, le pétrole est exploité par des multinationales européennes et américaines comme Shell, Total, Exxon. L'Europe doit laisser les pays du sud se développer, mettre fin à tous les accords commerciaux et de libre-échange inégaux et injustes, arrêter d’encourager la fuite des cerveaux, annuler les dettes illégitimes et investir dans la coopération au développement. Tant que les intérêts des grandes banques et multinationales occidentales continueront à dicter l’exploitation des pays du Sud, les gens continueront inévitablement à fuir pour échapper à la misère et mettre leur famille à l’abri.
  • S’attaquer aux vraies causes (ter) : le réchauffement climatique est également l’une des causes de l’augmentation des réfugiés dans le monde. Mais la Belgique fait partie des derniers de la classe en Europe en matière de lutte contre les émissions de CO2, qui continuent de croître. Nous devons également permettre des transferts de technologie et la suppression des droits de propriété intellectuelle pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique et ses effets. 
  • Organiser une conférence internationale annuelle sur les réfugiés, sous l’égide de l’ONU, combinant les réponses d’urgence, le soutien aux pays d’accueil, la préparation du retour des réfugiés et l’anticipation des réfugiés climatiques des décennies à venir. La Convention de Genève qui garantit la protection des réfugiés doit être adaptée afin de prendre en compte la nouvelle réalité des migrations forcées et permettre d’offrir une protection à ceux qui en ont besoin, comme les réfugiés climatiques.

Une répartition solidaire des réfugiés en Europe

Jamais aucun mur n’arrêtera un parent d'offrir un avenir à ses enfants

Jamais aucun mur n’arrêtera un père ou une mère qui veut offrir un avenir à ses enfants, même au péril de sa vie. Nous voulons en finir avec les trafics d’êtres humains et les milliers de noyades en Méditerranée en ouvrant des routes sûres et légales afin de permettre aux réfugiés de déposer une demande d’asile en Europe. En Europe, le règlement Dublin doit être réformé pour faire place à un système de répartition des réfugiés entre les Etats-membres.

  • Respecter la Convention de Genève et la Convention européenne des droits de l’Homme. Les personnes qui fuient la guerre et les persécutions doivent recevoir une protection et être accueillies dignement. Les droits de l’Homme sont un héritage de la seconde guerre mondiale, pour ne plus jamais revivre la situation des millions de personnes qui ont du fuir à l’époque. Ils doivent être incontournables.
  • Mettre fin aux deals avec des pays comme la Turquie, la Libye ou le Soudan qui sont en violation avec la Convention de Genève et les droits de l’homme.
  • En finir avec les trafics d’êtres humains, ouvrir des routes sûres et légales. Des routes sûres et légales doivent être ouvertes afin de permettre aux réfugiés de ne pas faire appel à des organisations criminelles de trafic d'êtres humains. Dans un premier temps, les objectifs de réinstallation des demandeurs d’asile depuis les pays-tiers vers les autres Etats-membres dont la Belgique doivent être respectés, ce qui n’est pas le cas actuellement. Ensuite, des critères clairs et transparents doivent être définis dans l’octroi des visas humanitaires, permettant à des personnes soumises à un risque de torture ou de traitements inhumains et dégradants d’obtenir un visa pour déposer une demande d’asile en Belgique. A l’heure actuelle, il s’agit d’une compétence discrétionnaire du secrétaire d’État en charge de l’Asile et de la Migration. L’octroi de ces visas se fait par ailleurs dans un manque total de transparence. Enfin, le droit au regroupement familial doit être facilité afin de permettre plus facilement à un réfugié de faire venir son partenaire et ses enfants.
  • Renforcer les missions de sauvetage en mer. Des milliers de réfugiés se noient en tentant d'atteindre l'Europe en traversant la Méditerranée. Les missions de sauvetage doivent être renforcées.
  • Adopter un plan de répartition au niveau européen à la place du règlement Dublin. L'Italie ou la Grèce ne doivent pas se retrouver seuls à devoir accueillir les réfugiés qui arrivent en Europe. Les réfugiés doivent être répartis en fonction de leurs propres choix (basés notamment sur les liens familiaux) ainsi que sur la base de la situation socio-économique, du nombre de demandeurs d’asile déjà accueillis et de la grandeur de la population des différents Etats-membres de l’Union Européenne. Une première étape est que les objectifs de relocalisation des demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie vers les autres Etats-membres dont la Belgique soient respectés, ce qui n’est pas le cas actuellement.
  • Construire un programme d'aide au retour des réfugiés qui le souhaitent lorsque la situation de leur pays de départ le permet.

Un centre d’accueil et d’orientation au parc Maximilien

Le gouvernement n’a pas de solution pour les réfugiés au parc Maximilien. La droite joue les gros bras en parlant de #opkuisen (nettoyer), annonce une nouvelle mesure répressive après l’autre et demande à la police d’harceler et d’arrêter des gens qu’ils sont quand même obligés de relâcher ensuite parce qu’on ne sait pas les identifier, que leur pays d’origine refuse de les reprendre ou tout simplement parce que les conventions internationales nous interdisent – fort heureusement – de renvoyer des gens dans un pays où ils risquent des traitements inhumains et dégradants ou la torture. 

  • Des places de pré-accueil doivent être ouverte en suffisance afin d’éviter que des personnes doivent dormir dehors au parc Maximilien et ses alentours. Jusqu’ici, ce sont les associations comme la Plateforme citoyenne, Médecins du Monde, le Ciré, Vluchtelingwerk Vlaanderen, la Croix Rouge qui prennent cela en charge, en offrant un toit à ces personnes et en leur fournissant des informations sur leurs droits et les procédures à suivre. Avec succès puisque nombre d’entre eux déposent alors une demande d’asile. 
  • La Belgique pourrait activer la clause du règlement Dublin permettant aux demandeurs d’asile de déposer leur demande d’asile en Belgique au lieu d’être renvoyé dans le premier pays européen où ils se sont fait enregistrer. La peur d’être renvoyé en Italie – où les conditions d’accueil sont déplorables – est souvent l’une des raisons pour laquel les réfugiés n’osent pas déposer leur demande d’asile.
  • La Belgique doit ouvrir des négociations avec le Royaume-Uni concernant les réfugiés ayant de la famille ou des proches là-bas pour leur permettre d’y demander l’asile.
  • Les campagnes de répression et d’harcèlement doivent cesser. Elles coûtent cher, ne sont pas efficaces et jettent les réfugiés dans les bras des organisations criminelles de passeurs. 

Sans-papiers : mettre fin au dumping social avec des critères de régularisation

Les travailleurs sans-papiers sont utilisés dans certains secteurs comme main d’oeuvre corvéable à merci 

Les travailleurs sans-papiers sont utilisés dans certains secteurs comme main d’oeuvre corvéable à merci et pour tirer l’ensemble des conditions de travail et salariales vers le bas. Ce sont des travailleurs en Belgique depuis souvent plusieurs années qui se lèvent chaque jour pour se rendre sur leur lieu de travail, vont déposer leurs enfants à l’école et aimeraient contribuer à la sécurité sociale et la société. C’est pourquoi des critères clairs basés sur des attaches durables comme le travail, les liens sociaux, la scolarité en Belgique, des longues procédures d’asile, des situations humanitaires graves, des mineurs d’âge, etc doivent être mis en place pour permettre aux sans-papiers d’être régularisés et leur permettre de contribuer à la sécurité sociale et à la société.

La politique de répression et de rapatriements forcés mène à des violations des droits de l’homme avec des cas dramatiques comme celui de Semira Adamu, coûte cher et est inefficace. La droite parle souvent d'expulsions dans la presse pour faire les gros titres mais même Francken reconnaît aujourd'hui qu'en réalité il est très difficile d’expulser une grande partie de gens parce qu’ils ne sont pas identifiables, parce que leur pays d’origine refuse de les reprendre ou parce que les renvoyer les exposerait à des traitements inhumains ou dégradants ou la torture. Cette politique coûte par ailleurs très cher : enfermer un sans-papier coûte plus de 200 euros par jour. Elle contraint également nos services de police à courir après des gens qui fuient la guerre ou la misère plutôt qu'à s'attaquer aux criminels.

  • Les sans-papiers doivent être régularisés selon des critères clairs et objectifs, ce qui permet d’éviter qu’ils soient utilisés par des employeurs peu scrupuleux comme main d’oeuvre bon marché et corvéable à merci. Dans la loi doivent être repris les critères objectifs de la loi UDEP concernant les « attaches durables » (travail, liens sociaux, connaissance de la langue), des longues procédures d’asile, des situations humanitaires graves, des mineurs d’âge, etc. Ces demandes de régularisation doivent être traitées par une commission indépendante de l’Office des Etrangers, par exemple avec des fonctionnaires du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale mais également des gens des ONG, du monde associatif et syndical.
  • Nous sommes contre les centres fermés. Celui qui séjourne ici sans papiers ne doit pas être traité comme un criminel. Encore moins les enfants pour lesquels le gouvernement a ouvert un centre fermé lors de cette législature. On n’enferme pas un enfant. Point.
Le PTB est le parti de la solidarité et de nombreux militants du PTB sont actifs sur le terrain pour venir en aide aux réfugiés. Au début de la crise de l’accueil en 2015, plusieurs militants ont d’ailleurs lancé ‘Amitié Sans Frontières’, un réseau national de bénévoles de solidarité avec les réfugiés. Retrouvez également les interventions de nos parlementaires fédéraux, Raoul Hedebouw et Marco Van Hees, sur la question des réfugiés (liste non-exhaustive) :
  • Le PTB s’est toujours opposés aux guerres impérialistes, responsables du chaos actuel (et il s'est souvent retrouvé bien seul...) ;
  • sur le réchauffement climatique qui oblige de plus en plus de gens à fuir et l’élargissement de la Convention de Genève aux réfugiés climatiques (ici) ;
  • sur l’octroi de visas humanitaires (ici, p.51)
  • sur le manque d’aide apportée aux pays qui accueille le plus de réfugiés et contre le blocage des réfugiés dans quelques pays comme le minuscule Liban (ici) ;
  • contre les deals en violation des droits de l’homme avec la Turquie (ici, p.19), avec le Soudan (ici, p.12) (ici, p.18) (ici, p.24) (ici, p.17), avec la Libye (ici) ;
  • sur les missions de sauvetage en mer (ici, p.22) (ici, p.28) ;
  • contre le renforcement de Frontex (ici) ;
  • sur la situation des réfugiés en Grèce (ici, p.12) ;
  • contre la fermeture des places d’accueil en Belgique (ici) et (ici, p.43) et contre la privatisation des structures d’accueil des demandeurs d’asile (ici) et (ici) ;
  • pour l’activation de la clause de souveraineté contenue dans Dublin afin de permettre aux réfugiés du parc Maximilien de déposer une demande d’asile (ici), contre la campagne d’intimidation des réfugiés (ici) (ici) ;
  • contre le projet de loi de visites domiciliaires (ici, p.21) ;
  • à propos de la petite Mawda (ici, p.52) (ici, p.12) ;
  • pour la mise en place de critères clairs permettant de régulariser les sans-papiers (ici) et contre la répression des sans-papiers (ici).

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