Manifestation pour le droit à l'avortement. (Photo William Murphy / Flickr)

Référendum en Irlande : enfin une victoire pour le droit à l'avortement ?

Ce vendredi, la population irlandaise était appelée à se prononcer par referendum pour ouvrir la porte à un assouplissement de la législation sur l'avortement. Le PTB soutient les femmes et les hommes qui, en Irlande, se battent pour défendre les droits des femmes. D’ailleurs, en Belgique aussi, le combat continue.

La Constitution irlandaise affirme dans son huitième amendement que la vie d'un fœtus a autant de valeur que celle d'une femme, ce qui rend tout avortement illégal. L'Irlande est aussi un des pays européens à la législation la plus stricte en la matière. Une interruption volontaire de grossesse n'est jamais autorisée, sauf quand la vie de la mère est en danger (selon une décision de la Cour suprême de 1992, mais on n'a jamais légiféré pour faire appliquer cette décision, NdlR).

Pourtant, il y a cinq ans, Savita Halappanavar est morte d'un choc septique alors qu'elle faisait une fausse couche. Les médecins avaient refusé de l'aider à avorter d'un fœtus non viable. Savita l'a payé de sa vie. L'affaire a ravivé le débat sur l'interruption volontaire de grossesse et sur le droit des femmes à décider elles-mêmes. Beaucoup d'Irlandaises – et d'Irlandais – n'acceptent plus que l'on n'autorise pas les femmes à disposer de leur corps. Leur lutte a débouché sur un referendum qui a lieu aujourd'hui. La population doit se prononcer sur le retrait ou non du huitième amendement qui bloque actuellement tout assouplissement de la législation en matière d'accès à l'avortement.

Le lobby pro-life choque pour éviter le débat sur les faits

Le débat est tendu et politisé, et cela fait des semaines que les deux camps mènent campagne dans la rue et font du porte-à-porte. Le camp du « non » s'est particulièrement illustré par ses méthodes. Soutenu par le lobby international pro-life, ils ont voulu choquer les gens en exposant des images horribles ou des poupées en plastique censées représenter des fœtus de douze à seize semaines, tablant sur la culpabilisation des femmes et la moralisation de la discussion.

Pourtant, une législation très stricte en manière d'avortement n'a jamais empêché les interruptions de grossesse. En Irlande non plus. Cela contraint juste les femmes à chercher de l'aide de manière clandestine, ce qui est en général cher et/ou peu sûr au plan médical. Chaque année, des milliers de femmes irlandaises se rendent au Royaume-Uni pour pouvoir avorter. En secret, sans vraie prise en charge ni suivi et pour beaucoup d'argent : un rapide aller-retour, car personne ne peut savoir que l'on part et encore moins pourquoi. D'autres femmes qui n'ont pas les moyens de franchir la frontière tentent de s'en sortir seules, par exemple en achetant des pilules abortives sur internet, et avortent dans leur chambre ou leur salle de bain, sans aide médicale. Ces « solutions » clandestines entraînent évidemment, outre la solitude, des situations dangereuses pour la santé de ces femmes.

Que la Belgique donne l'exemple

Le referendum peut ouvrir la porte à la suppression de cette législation très stricte. Le PTB soutient les femmes et les hommes qui, en Irlande, se battent pour défendre les droits reproductifs des femmes. Car une femme a le droit de décider d'elle-même.

Nous encourageons aussi notre pays à prendre ses responsabilités et à jouer un rôle précurseur en Europe. En effet, la législation sur l'avortement fait également l'objet d'une discussion chez nous et la Belgique peut être un exemple en Europe. Le PTB a introduit une proposition de loi pour retirer entièrement l'avortement du code pénal. L'avortement ne pourrait ainsi plus être un délit, il serait juste un acte médical. En ce moment, des auditions d'experts sur cette question ont lieu Parlement. Le débat n'avance toutefois pas beaucoup, les partis de la majorité appuyant sur le frein. En retirant l'avortement du code pénal, nous lançons un signal aux autres pays européens et nous contribuons à inspirer la lutte ailleurs. Ce n'est qu'en retirant l'avortement du code pénal et en le considérant seulement comme un acte médical qu'on laisse véritablement aux femmes la possibilité de choisir elles-mêmes.
 

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