La plupart des magasins appartenant à Mestdagh se sont mis en grève la semaine dernière suite à l'annonce du plan de restructuration qui menace 450 emplois. (Photo PTB Sambreville)

Qu’est-ce que Mestdagh cache au Luxembourg ?

Il y a quelques semaines, le groupe de grande distribution Mestdagh annonçait un plan de restructuration, avec 450 emplois menacés en Belgique. Depuis, les négociations ont commencé, provoquant des mouvements de colère dans plusieurs magasins le 7 juin, tant les propositions de la direction semblent imbuvables aux travailleurs. Pendant ce temps, le service d’études du PTB a découvert une société à Luxembourg. Étrange : le groupe n’y a pourtant pas de magasins...

(Lire l’étude complète ici)

La société du groupe, JEC INT, est en fait une société « boite-aux-lettres »  qui ne compte aucun salarié.

Cette société est renseignée à la même adresse que le siège d’Intertrust, multinationale spécialisée dans la création, la domiciliation et la gestion de sociétés au Luxembourg au profit des entreprises qui voudraient discrètement placer de l’argent dans ce paradis fiscal. C’est justemenzt là qu’a été créée JEC INC.

Pourquoi JEC INT ? Marco Van Hees, député fédéral du PTB et auteur de la découverte : « Si INT peut aisément se lire comme l’abréviation du mot “international”, nous pensons que les initiales des prénoms des deux frères Mestdagh ainsi que de leur cousin expliquent le JEC : John, Eric et Carl. »

« La société JEC INT est une société “boite-aux-lettres” luxembourgeoise dont l’activité consiste en la gestion de participations dans diverses sociétés, essentiellement immobilières », explique Marco Van Hees.

Une société dans le paradis fiscal le plus réputé de l’UE

Qui continue : « Les Mestdagh possèdent d’innombrables sociétés en Belgique, où elles profitent du dispositif administratif et comptable du groupe. Pourquoi, dès lors, constituer discrètement une société au paradis fiscal luxembourgeois, un pays avec lequel ils n’ont pas de lien, pour gérer des participations dans divers pays, mais pas au Grand Duché ? Forcément car ils ont des choses à cacher. »

Cette société pose question(s) selon le député du PTB : « S’agit-il de cachotteries fiscales ou y a-t-il d’autres éléments à cacher ? Y a-t-il ou non respect des lois ? Les éléments disponibles sont insuffisants que pour le déterminer. Mais la création société d’une boîte-aux-lettres dans le paradis fiscal le plus réputé de l’Union européenne n’est pas un fait anodin… »

« La découverte de cette société lève aussi le voile sur les activités publiques ou moins publiques de la famille Mestdagh, conclut Marco van Hees. Les magasins du groupe sont loin d’être leur seule activité. Rien que les nombreuses filiales mentionnées dans les comptes de la maison-mère Fidagh montrent l’étendue des activités des Mestdagh, notamment dans l’immobilier. Une partie de ce patrimoine colossal, fruit de l’exploitation de leur personnel, pourrait servir d’alternative à un plan (anti)social à charge des seuls travailleurs. »

 

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Au pays des profiteurs rien n'est impossible ! C'est dans leur ADN .