Photo : Tybo/Flickr

Privatisation, magouilles et conflits d'intérêt : les 3 ingrédients du scandale de Tour et Taxis

Un projet totalement démesuré qui permet à une des plus riches familles belges de s'enrichir encore davantage. Voilà le résultat de 20 ans de transformation du site de Tour et Taxis. Mais comment un site au départ public, vendu une bouchée de pain à des promoteurs immobiliers peut-il rapporter 1 milliard d'euros ? Comment, sur un site où était prévue la construction de 20 % de logements sociaux, on en arrive à, exactement, … 0 % de logements sociaux ? Comment un site qui aurait pu être un levier pour résoudre la crise du logement à Bruxelles va finir par aggraver cette même crise et faire encore augmenter les loyers ?

Historique : la privatisation d’un site public

A l'origine, le terrain de Tour et Taxis était un terrain public appartenant à la SNCB. Il passa ensuite dans les mains d'une autre entreprise publique, La Poste, qui occupa le site avant de le quitter en 1987, le laissant totalement désaffecté.

Le site sera ensuite racheté par Extensa, un promoteur immobilier qui fait partie d’Ackermans et Van Haaren, un holding financier nommé dans plusieurs scandales fiscaux et qui détient 22 filiales dans des paradis fiscaux. Extensa obtiendra la totalité du site en 2015.

Extensa a acheté le site de 370.000 m² pour la somme de 30 millions d’euros. Pour une valeur à la revente après construction estimée à... 1 milliard d’euros. Soit 33 fois plus !  Dans une interview sur la chaine BX1, Kris Verhellen, le Directeur général d’Extensa, se vante que le site a déjà rapporté 400 million d’euros[1].

Comment ce scandale a-t-il pu être possible ? Comment un terrain public a-t-il été bradé pour une petite somme, et va rapporter au final des centaines de millions de profit à un holding financier ? Quelle place pour les habitants de Bruxelles dans ce projet ? Comment les partis politiques au pouvoir ont-ils fait le choix de laisser le privé prendre l’initiative pour y faire des centaines de millions de profits ?

Trois ingrédients ont été nécessaires à cela : d'abord, une unanimité de tous les partis politiques sur une même vision de la ville, une vision qui laisse les clés de la ville aux promoteurs immobiliers. De la NVA au PS, en passant par le MR et Ecolo, tous, à quelques nuances près, s'accordent sur cette vision. Ensuite, ce projet n'aurait pas eu lieu sans des magouilles que les différents niveaux de pouvoir, et différents partis politiques ont effectuées. Enfin, de sérieux conflits d'intérêts ont aussi permis à ces promoteurs immobiliers d'imposer leur volonté à la collectivité.

Ingrédient 1 : donner les clés de la Ville aux promoteurs immobiliers

Alors qu’environ un tiers des Bruxellois vivent avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté, alors que plus de 40.000 ménages sont inscrits sur la liste d’attente du logement social[2], la création de logements sociaux tourne au ralenti avec à peine 110 unités construites par an depuis 2005 en Région de Bruxelles-Capitale[3]. Le prix des logements lui, ne cesse d'augmenter dans toute la Région Bruxelloise[4]. Cette situation désastreuse est due à l'unanimité qui cimente toutes les majorités bruxelloises, de la Ville à la Région. Tous les partis politiques ont choisi de laisser le privé et le marché gérer l'aménagement de la Ville et la politique du logement.

Comme si « public » ou « social » étaient des gros mots, les politiciens en charge des dossiers d'aménagement de la Ville ne parlent que de « redynamiser » les quartiers. A coups de grands projets immobiliers luxueux, ils visent à attirer une autre population dans les quartiers populaires. Au profit des promoteurs immobiliers qui peuvent dès lors réaliser des projets non pas pour résoudre les problèmes des habitants, mais dans le seul but de réaliser un maximum de profit, en attirant une population plus riche. Au final, ces politiques visent avant tout à résoudre les problèmes des communes populaires non pas en changeant la situation des habitants pour un mieux mais bien pour partie en changeant d’habitants.
Le site de Tour et Taxis regorge d'exemples qui prouvent cette vision. Citons-en trois.

Le premier exemple nous vient de la rénovation de l'Entrepôt Royal. Nous sommes en 2003 et le projet pour le site global commence à prendre forme.  Mais les riverains s’inquiètent du caractère commercial et ils demandent que les besoins sociaux du quartier soient mieux inclus dans les plans. “Les activités qui sont prévues n’ont rien à voir avec le quartier[5]” réagit Sarah Hollander, active dans le comité de quartier Maritime ; “on craint que Tour et Taxis devienne un site de luxe, alors que cette zone fait partie d’un quartier populaire.” L'entrepôt ouvrira finalement en 2008 et deviendra un endroit branchée qui est déconnecté de la réalité du quartier maritime.

Le deuxième exemple est le bâtiment de l'IBGE. En fin de la législature régionale 2009-2014, la Ministre de l'Environnement, Evelyne Huytebroek (Ecolo) donne la permission de construire le bâtiment de l’IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement) au milieu du terrain où initialement une partie du parc devait être construit. Ce qui n’est pas moins qu’un cadeau pour Extensa, pour qui la largeur initiale du parc, un aspect beaucoup moins rentable que la location du bâtiment,  sera réduit de 120 m à 60 m. De plus, pour s'installer dans son bâtiment passif de verre, l’IBGE déboursera un loyer annuel de base de 3,6 millions d'euros, contre 1,34 million qu'il payait en 2014 pour la location de ses immeubles à Woluwe-Saint-Lambert[6].

Troisième exemple : l’espace est dédié aux les commerces. Le projet de PPAS de 2015 prévoyait max 18 500 m² de commerces et min 37 000 m² d'équipements collectifs. La version du PPAS de 2016 inverse les choses : min 18.500 m² d 'équipements et max 37.000 m² de commerces. La Région se contente de l’excuse que des crèches ne sont pas des équipements collectifs mais des initiatives privées (un commerce fait plus « haut standing » qu'une école, et permet aussi de réaliser plus de profit).

Cette alliance entre les décideurs politiques et les promoteurs immobiliers se remarque à Cannes, lors du prestigieux salon MIPIM qui a lieu chaque année. Mais aussi lors de la tenue du salon immobilier Realty Brussels, petit frère bruxellois du MIPIM. Ces salons permettent aux promoteurs immobiliers, aux ministres et décideurs publics de se rencontrer. Ainsi, en 2017, plusieurs Organismes d'Intérêt Public (OIP) bruxellois ont exposé au salon Realty (notamment Citydev et SAU). CityDev, SAU et la SLRB ont par ailleurs présenté un exposé aux investisseurs privés dont le titre était : « Ambitions publiques, opportunités pour le privé ». Tout est dit… Dans le slide 15 de cette présentation, la SLRB est très claire sur son orientation. Elle y présente les opportunités pour les promoteurs immobiliers : « rentabiliser le foncier », « aucun risque financier » et « paiement à l'avance du chantier » peut-on notamment y lire. Le choix est clair : le but de la Région est de donner les clés de la ville aux promoteurs immobiliers et de leur permettre de s'enrichir.

Ingrédient 2 : « Tout ça c'est magouilles et compagnie »

Dans « C'est arrivé près de chez vous », Ben (incarné par Benoit Poelvoorde) explique la catastrophe de la politique de logement social. Il conclut par cette phrase devenue culte : « Tout ca c'est magouilles et compagnie ». 25 ans plus tard, ce constat vaut encore pour le site de Tour et Taxis.

Dans le schéma directeur que la Région Bruxelloise a approuvé en 2008 on peut lire que le Plan Régional d’Affectation du Sol demande de privilégier une diversification d’offre de logements[7]. Grâce à la pression des comités de quartiers et des organisations qui défendent le droit au logement, un minimum de 20% de logements sociaux est préconisé et également un minimum de 30% de logements moyens[8].

En 2010 le gouvernement Bruxellois demande à la ville de Bruxelles de faire un Plan Particulier d'Affectation du Sol (PPAS), qui neutralise les recommandations du secteur associatif[9] et qui modifie les revendications de 20% de logements sociaux et 30% de logements moyens, les rempaçant par « minimum 30 % de logements moyens et un objectif de “mixité sociale” ». L’absence de critères clairs et objectifs est plus que frappant.

C. Doulkeridis, Secrétaire d’Etat (Ecolo) au Logement de la Région Bruxelloise à ce moment là, fait passer un arrêté « charges d'urbanisme » avec des objectifs vagues de 15% de logements à “finalité publique”. Cela vaut pour tout le territoire de la Région. Toute la Région ? Non, le site de Tour et Taxis résiste encore et toujours à cet objectif[10] : au final, en 2018, sur le site entier il y aura 0,0% de logements sociaux et 33 logements publics (moins de 3%)[11].

Ainsi, le bâtiment Herman Teirlinck, qui est le nouveau siège de l’administration flamande sur le site de Tour et Taxis. Lui aussi développé par Extensa, sa construction pose également question. Avec 4 millions d’euros de charges à affecter à la production de logements conventionnés, seuls 2.098,58 m² de logements conventionnés (31 unités) auraient été produits et vendus 4.644.075,92 € à la Ville de Bruxelles. L’Arau, (Atelier de Recherche et d'action Urbaines) compare dans une étude les prix entre deux projets immobiliers publics et leurs charges d’urbanisme respectives[12], “Nautilus”, le projet de la ville à Tour et Taxis et “Méandre” à Anderlecht . Pour plus du double du montant de charges de « Nautilus », « Méandre » ne produirait qu’un peu plus des trois quarts de logements conventionnés.

Ingrédient 3 : une bonne dose de conflit d'intérêts

La politique d’arrière-boutique, les conflits d'intérêts et le manque de transparence jalonnent le dossier Tour et Taxis. Quel rôle la politique a-t-elle joué pour que les besoins sociaux soient négligés au profit d’Extensa, l’entreprise d’immobilier qui est propriétaire du site ? Comment a-t-il été possible qu’Extensa n’ait pas dû payer de charges d'urbanisme pour le fait qu’aucun logement social ne se retrouvera sur le site ? Simple : en laissant l’écriture de l'arrêté du gouvernement qui agit entre autres sur les charges d'urbanisme du site Tour et Taxis dans les mains des conseillers juridiques qui défendent juridiquement les intérêts … d'Extensa.

Le bureau cabinet d’avocats STIBBE international est spécialisé dans le droit des affaires. Rien qu’à Bruxelles, le cabinet compte 150 avocats. Un de ses conseillers est madame Monique Kestemont ; l’avocate est spécialisée dans le droit de l’urbanisme et elle compte des promoteurs immobiliers parmi ses clients. “Ayant participé à la rédaction de l’arrêté de 2013 réformant les charges d’urbanisme, Monique Kestemont a défendu les promoteurs de Tour&Taxis tout en travaillant pour Rudi Vervoort sur ce dossier.[13]” lit-on dans La Capitale.

Le gouvernement n’a pas fait un appel d’offres public pour engager ses conseillers juridiques dans le dossier. Le PS est aux commandes, mais le Secrétaire d’Etat au Logement Christos Doulkeridis (Ecolo) n’est pas intervenu pour défendre la transparence.

Cette même Monique Kestemont sera début 2018 engagée... au sein du cabinet du ministre-président Rudi Vervoort (PS). Elle y officiera comme directrice-adjointe de cabinet où elle sera en charge du développement territorial et de la création d’un nouvel organisme d’intérêt public (OIP) en charge de la délivrance des permis : Bruxelles Urbanisme et Patrimoine (BUP). La mise sur pied d’un OIP pour gérer une compétence jusqu’ici aux mains de l’administration, avec une concentration des pouvoirs et une mainmise du cabinet Vervoort sur les compétences de l’administration comme conséquence pose aussi question.

Quand Tour et Taxis a surtout besoin… d'un ½ tour à 180°

Le projet actuel est déconnecté de la réalité sociale de Molenbeek et de Bruxelles. Dans une ville où les prix des loyers augmentent plus vite que les salaires, il est irresponsable (pour les pouvoirs publics) de laisser passer un projet immobilier qui était présenté comme un projet inclusif, avec des logements sociaux, des logements publics, des écoles et un tram.

Les partis traditionnels ont fait le choix de laisser les promoteurs immobiliers décider des grandes orientations dans les projets immobiliers (comme Tour et Taxis), La seule action des politiciens est de venir couper le ruban le jour de l'inauguration.

Dans la vision de la ville du PTB, le logement sera géré par les pouvoirs publics parce que se loger est un droit. Pour le site de Tour et Taxis, le PTB demande

  • L’adaptation du PPAS : ce plan peut encore être adapté pour garantir la construction des 2 écoles prévues, de 20% de logements sociaux et 30 % de logements publics aux mains de la Régie foncière de Bruxelles-Ville. Les logements de la Régie foncière doivent appliquer un encadrement des loyers : les loyers doivent baisser dans la Région et la Régie doit montrer l’exemple.
  • Le tram (et les transports publics en général), qui était prévu mais a également disparu des plans, doit faire partie d’un site Tour et Taxis à échelle humaine.
  • la création d'un audit indépendant sur le scandale du site de Tour et Taxis. Cet audit devra notamment répondre aux questions suivantes : pourquoi un tel site a été vendu à un prix aussi bas ? Quelles sont les responsabilités politiques ? Quel impact a eu le choix du cabinet STIBBE pour conseiller le gouvernement ? Ce choix était-il légal ? Quels conflits d’intérêt entre promoteurs immobiliers et politiciens ?
  • Le PTB demande 100 % de transparence. Le registre des charges d’urbanisme, pourtant prévu par le COBAT doit être réalisé et rendu public au plus vite.
  • Plus largement, pour tout nouveau projet, les promoteurs immobiliers doivent prévoir au minimum 30 % de logements sociaux.

Glossaire

  • PRDD= Plan Régional de Développement Durable. Plan qui définit la vision stratégique de développement du gouvernement pour toute la Région. Un plan non contraignant.
  • PRAS / PRAS-D : Plan Régional d'Affectation Du Sol / PRAS Démographique. Plan contraignant qui définit pour chaque parcelle le type d'affectation autorisé (logement, équipement, commerces, …). Suite à la croissance démographique, le PRAS a été modifié en PRAS Démographique. Plusieurs zones ont vu leurs affectations changer, notamment, souvent une zone industrielle ou commerçante se transforme en zone ZEMU (qui autorise la mixité entre logement et commerce).
  • Schéma Directeur : Idem que le PRDD mais pour une zone précise. Pas contraignant, il définit un plan stratégique de développement d'une zone.
  • PPAS : Plan Particulier d'Affectation du Sol :  Plan et texte contraignants, faits par la commune pour l'aménagement d'une zone précise. Le texte est comme une loi. Il définit les affectations du sol et les normes de gabarit (comme la hauteur par exemple). Maintenant, pour les zones d'intérêt régional, le PPAS doit être également soutenu par le gouvernement régional. Il n'est pas obligatoire pour une commune de faire un PPAS, sauf si le gouvernement régional l’y oblige par un arrêté.
  • CoBat : Le Code Bruxellois de l'Aménagement du Territoire prévoit la base juridique de l'urbanisme à Bruxelles. Le CoBAT institue et régit les grands mécanismes (la planification, les permis d’urbanisme, sites d’activité inexploités, droit de préemption, infractions et sanctions etc)  de l’aménagement du territoire bruxellois.
  • CityDev : Autre nom pour la Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB). C'est une institution publique pararégionale. Elle construit des logements publics (pour des habitants à revenus moyens), souvent réalisés par des partenariats entre le secteur public et le secteur privé (PPP). Elle construit aussi des infrastructures d’accueil pour entreprises.
  • SAU : La Société d’Aménagement Urbain de la Région de Bruxelles-Capitale est une société anonyme de droit public dont l’actionnaire majoritaire est la Région de Bruxelles-Capitale qui est chargé de la mise en œuvre opérationnelle des plans d’aménagement dans les zones stratégiques comme la zone du canal, Reyers et Heyzel. Elle coordonne les acteurs publics concernés et les partenaires privés impliqués.
  • SLRB : la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale est une société publique chargée notamment de promouvoir le logement social, d'aider et contrôler les S.I.S.P. (les sociétés de logement social), d'acheter ou construire des immeubles pour les vendre ou les louer.

 

La zone du canal en super promo

La politique des portes tournantes, où des bourgmestres font preuve de beaucoup de zèle pour se plier aux souhaits des barons du béton, n’est pas une compétence exclusive de la N-VA à Anvers. Le site d'information Apache avait diffusé une vidéo en octobre 2017 montrant une grande partie du collège de la Ville arrivant à une fête d'anniversaire privée d'un lobbyiste de Land Invest Group. Le même collège a approuvé quelques jours plus tard l'avant-projet de plan d'exécution spatial pour quatre tours de logements qui dépasseraient la hauteur autorisée pour les bâtiments dans cette zone de la ville. 

A Bruxelles, le PS et le MR semblent également mener une politique urbaine au service des lobbies immobiliers. Particulièrement dans le dossier Tour et Taxis, on modifie des plans d’aménagement pour répondre aux besoins des investisseurs privés.

En septembre 2013 le gouvernement de la Région Bruxelles-Capital donne le feu vert pour le plan canal. Un plan de développement économique et social qui se focalise sur la revalorisation de 6 zones délaissées autour du canal. Les 6 zones se retrouvent sur un périmètre opérationnel limité de 700 hectares, constitué dans une large mesure d’emprises publiques (300 hectares : le « Domaine régional »)[14]. Il s’agit des zones Buda, Van Praet, Armateurs, Sainctelette, Birmingham et Biestebroeck. Des quartiers pauvres avec un degré élevé d’exclusion sociale et de logements en mauvaise condition, ou d’anciennes zones industrielles désertées.

Le plan canal semble efficace sur papier : “Créer des logements répondant aux besoins liés à l’essor démographique et aux ressources de tous les profils de ménages. Créer des espaces publics conviviaux et fédérateurs et conserver l’activité économique en ville.”[15]

Une certaine volonté de créer une ville pour tous fait partie des orientations du plan.

La manière qu’adoptera le gouvernement Bruxellois pour « réadapter la ville aux ressources de tous les profils de ménages », sera mise au clair assez vite.

Au lieu d’investir dans le logement social, dans la rénovation et l’isolation des maisons mal isolées, le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale se rend plusieurs fois à Cannes pour le Marché International des Professionnels de l’Immobilier (cfr cadre), une foire prestigieuse qui attire le beau monde international de l’immobilier,  avec la mission d’y trouver des investisseurs et des agences immobilières prestigieuses qui sont à la recherche d’investissements rentables dans l’immobilier.

Le séjour du chef du gouvernement bruxellois et de trois de ses collaborateurs à Cannes, pour l'édition 2016 du MIPIM, a coûté en frais de séjour la bagatelle de 43 939 euros pour 4 jours. Un chiffre proprement scandaleux, d'autant que l'année précédente, une délégation de cinq personnes n'avait dépensé en frais d'hôtels que 4269 euros.

 

La fondation fantôme “Het torentje”.

Qui connaît Luc Bertrand? Depuis 1985, il est directeur d’Ackermans & van Haaren, un des holdings d’investissements industriels les plus importants de Belgique. Ce « capitaine d’industrie » flamand est membre du prestigieux Cercle de Lorraine et peut se faire appeler Baron Bertrand depuis 2005 pour ‘mérites rendus’. Avec une fortune de 1,6 milliard d’euro, les familles Ackermans, Bertrand et van Haaren occupent la huitième place sur la liste des Belges les plus riches.

Le holding Ackermans & van Haaren dispose de 22 filiales dans des paradis fiscaux. Le groupe coté en bourse compte 20.000 travailleurs et est actif dans les secteurs du dragage, de l’énergie, de la finance, de l’immobilier et des maisons de repos.

Ackermans & Van Haaren (AvH) est contrôlé par la fondation néerlandaise “Het Torentje”. Entre l’entreprise cotée en bourse Ackermans & van Haaren et la fondation fantôme “Het torentje”, on trouve au moins sept intermédiaires dont plusieurs se situent dans des paradis fiscaux qui sont spécialisés dans ce type de construction: le Luxembourg, les Pays-Bas et les Antilles néerlandaises et les Seychelles. 

Alexia Bertrand, la fille de Luc Bertrand, est devenue en 2012 la conseillère de Reynders pour la justice, l’asile, la migration et ... les dossiers économiques et financiers. Auparavant, elle travaillait comme avocate sur des fusions et reprises d’entreprises, des introductions en bourse et d’importants dossiers financiers comme Fortis.

Elle devient également administratrice d’AvH et chef de cabinet du vice-premier ministre Reynders.   En 2015, Reynders a fait passer à toute vitesse au parlement fédéral un accord fiscal avec les Seychelles. Où, comme par hasard, les entreprises de dragage De Nul et DEME, toutes deux filiales d’AvH, sont actives. Des preuves flagrantes comme dans l’affaire Chodiev n’ont pas (encore) été retrouvées. Mais on peut se poser la question de savoir si la volonté politique sera grande pour supprimer ces constructions off-shore lorsque la politique et les holdings se trouvent si près l’un de l’autre. Et le lien avec Bruxelles alors ?

L’influence d’AvH ne se limite pas à Tour-et-Taxis. En 2015, le promoteur Atenor, dont AvH était actionnaire, a acheté des terrains situés dans la zone du Biestebroeck. Le géant de l’immobilier y a développé le projet City Dox avec des appartements de luxe non loin de l’endroit où BPI, un autre géant immobilier (on en parlera plus en détails plus tard) veut construire quatre tours luxueuses. Un article du Soir fin décembre 2017 l’écrit explicitement : «  Grâce à l’approbation du plan de secteur spécial de la zone Biestebroeck, le gouvernement bruxellois donne un sérieux coup de pouce à BPI et Land Invest, qui voit l’avenir plus qu’en rose.”

A la mi-mars, De Tijd écrit: “Il y a moins de politiciens de haut-niveau: seules la Secrétaire d’Etat Bruxelloise pour le commerce extérieur Cécile Jodogne (DéFI) et le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette (PS) se retrouvent sur la liste des participants. Contrairement aux deux années précédentes, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) ne s’y trouve plus. Cette année, on promeut pourtant le plan Canal, un projet de 700 hectares sur une longueur de 14 kilomètres et mediapark.brussels, le nouveau quartier autour des nouveaux bâtiments en projet de la VRT et de la RTBF. Le nouveau bourgmestre de Bruxelles Philippe Close (PS) s’illustre également par son absence. Dans le passé, il plaidait ardemment la cause des projets immobiliers Bruxellois dans les bourses de l’immobilier à Cannes.”

Le PS Bruxellois n’a plus été vu cette année au MIPIM. Mais la visite de quelques politiciens bruxellois ces dernières années a été tout profit pour un petit groupe d’agents immobiliers, de consultants et de politiciens profiteurs.

 

 

 

 

 

 

[1]                                https://bx1.be/emission/big-boss-kris-verhellen-extensa/

[2]                                Baromètre social 2017 de l’Observatoire de la Santé et du Social de la Région de Bruxelles-Ca

                  pitale.

[3]                                Dossier du RBDH "Logement social - chronique d’une décennie pour presque rien"

                  http://www.rbdh-bbrow.be/spip.php?article1869

[4]                                https://bx1.be/news/logement-a-bruxelles-10-ans-loyers-ont-augmente-de-pres-de-100-eurosmois-infographies/

[5]                                https://www.bruzz.be/samenleving/buurtbewoners-eisen-deel-van-thurn-taxis-op-2006-01-15

[6]                                http://www.7sur7.be/7s7/fr/3007/Bruxelles/article/detail/2134979/2014/11/28/Polemique-sur-le-loyer-du-palais-de-verre-de-l-IBGE.dhtml

[7]                                https://urba.irisnet.be/fr/lesreglesdujeu/pdf/SchemaDirecteur_TourTaxisFR.pdf

[8]                                http://www.rbdh-bbrow.be/spip.php?article374

[9]                                http://www.ieb.be/Une-semaine-pour-Tour-et-Taxis

[10]                             http://www.ieb.be/Une-semaine-pour-Tour-et-Taxis

[11]                             https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_31-nouveaux-logements-publics-viennent-d-etre-inaugures-a-tour-taxis?id=9695488

[12]                             http://www.arau.org/au/4b7d5fabd4ad349999de543d51469c162f107cce.pdf

[13]                             http://www.lacapitale.be/217293/article/2018-04-12/une-avocate-de-promoteurs-immobiliers-engagee-chez-vervoort

[14]                             http://canal.brussels/fr/plan-canal/methode

[15]                             http://canal.brussels/fr/plan-canal/ambitions

Ajouter un commentaire

You must have Javascript enabled to use this form.

Commentaires

LMa BELGIQUE,n'EST PLUS UN <<<ROYAUME<<<,MAIS UNE VRAI <<<RéPUBLIQUE BANANIèRE>>>,OU L.ES <<<<NANTIS(EX. ALBERT FRèRE),FONT CEQU'ILS VEULENTET LE GOUVERNEMENT soit-disant de CENTRE- DROITE,CAR IL Y A UN <<<<<C>>>>>DANS LE PARTI <<<<CD&NV>>>>MAIS SUR LE TERRAIN,C'EST UN PARTI DE <<<<<DROITE-EXTRÊME>>>>>>,QUI DIT AMEN AUS DéSIDérata des AGENTS IMMOBILIERSSPéCULATIFS (LA VENTE DE <<<<TOUR ET TAXIS>>>>APPARTENANT à LA <<<<<<S.N.C.B.(ENTREPRISE PUBLIC)à DES INVESTISSEURS PRIVéS,TRéS GOURMANDS,MONTRE QUE LE GOUVERNEMENT ""BART DEWEVER"/CHARLES MICHEL,N'EST PAS UN GOUVERNEMENT DE CENTRE-DROITE,MAIS PL UT ÔT UN GOUVERNEMENT <<<<<CRIPTO(DU GREC KROUPTOS=CACHé,CAMOUFLé)-FASCISTE(PENSONS à BENITO MUSSOLINI,QUI A éTé SOCIQALISTEET àLA DEMANDE DES GRANDS PROPRIéTAIRES TéRRIENS ET DES """NANTIS"" EST DEVENU UN DICTATEUR,QUI A OPPRIMé SéRIEUSEMENT LE PROLéTARIAT ITALIEN!;EN BELGIQUE LE """"SOIT-DISANT""""GOUVERNEMENT <<ARC-EN CIEL=(GOUVERNEMENT DE CENTRE-DROITE)éCRASE,PURE ET SIMPLEMENT <<<LA CLASSE OUVRIèRE BELGE>>>,QUI ATTENDS DES LOGEMENTS SOCIAUXET LE DéGOUVERNEMENT BART DE WEVER/CHARLES MICHELOFFRE LE SITE éTATAL DE <<<TOUR ET TAXIS>>>à DES INVéSTISSEURS SPéCULATIFSCOMME LEPREUVE LE vaillant <<<P.T. B.>>>DANS SON MAIL,CI-JOINT