A la justice, le trop rare personnel est aussi effondré que les plafonds du Palais de justice de Bruxelles. Photo : extrait du reportage de la RTBF.

Pacte national d'investissement : Charles Michel investit… dans la com

Pour le PTB, l'annonce en grandes pompes d'un Pacte national d'investissements stratégiques se limite à un catalogue d'intentions sans mise en œuvre effective, sans cadre budgétaire et inscrit au contraire dans une politique d'austérité qui poursuit un désinvestissement massif. « Si Charles Michel investit, c'est essentiellement dans une opération de com. Et l'investissement n'est stratégique que pour la campagne électorale de son parti », réagit le député PTB Marco Van Hees.

Annoncé à 30 milliards d'euros en mai 2017, relevé à 60 milliards en septembre 2017, le Pacte d'investissement est désormais supposé atteindre 150 milliards. Mais peu importe la valse des chiffres puisque le Pacte consiste surtout en un catalogue d'intentions à mettre en œuvre, un jour, par un gouvernement qui, contrairement au gouvernement Michel et à ses prédécesseurs, oserait remettre en cause la politique d'austérité imposée par l'Union européenne. 

Comment peut-on investir sérieusement sans remettre en cause le cadre d'austérité ?

Le Premier ministre qui, parallèlement aux autorités fédérées, a mené cette austérité à un niveau jamais atteint se rend compte qu'il laisse un pays dont les infrastructures sont dans un piteux état. Les services publics fédéraux ont perdu 10 000 emplois entre 2014 et 2018. A la justice, le trop rare personnel est aussi effondré que les plafonds du Palais de justice de Bruxelles. Les tunnels deviennent des dangers publics. La ponctualité et la sécurité des chemins de fer se dégrade, tandis que le RER semble devenir un chantier centenaire. Les centrales nucléaires sont – dangereusement – vétustes et fissurées tandis que les sources d'énergie renouvelables se développent à une vitesse d'escargot. Et on pourrait poursuivre l'interminable liste… 

Charles Michel se sent donc obligé, pour préparer le bilan de la législature, de réagir symboliquement en avançant son Pacte d'investissement. Mais il omet d'expliquer l'essentiel : comment peut-on investir sérieusement sans remettre en cause le cadre d'austérité ? C'est-à-dire, si l'on ne veut pas réduire plus encore les revenus de la population, sans mettre à contribution les 1 % les plus riches, qui détiennent un patrimoine de 450 milliards d'euros. 

L'exemple du chemin de fer illustre bien l'entreprise de mystification du gouvernement. Ce dernier annonce des investissements dans le rail pour cinq milliards d'euros. Hourra ? En réalité, on vient d'une situation qui prévoyait un plan pluriannuel d'investissements de 42 milliards d'euros. En 2012, le gouvernement Di Rupo a réduit ce plan de 42 à 26 milliards. Puis, en 2015, le gouvernement Michel l'a totalement supprimé pour annoncer trois ans plus tard ledit montant de 5 milliards. On est donc passé de 42 à 5 milliards. Pour faire ce qui était déjà prévu depuis longtemps : terminer le RER, développer le système de sécurité ferroviaire ETCS et acheter de nouveaux trains.

Le Pacte d'investissement n'est qu'un catalogue d'intentions, mais pas forcément de bonnes intentions.

Par ailleurs, si le Pacte national d'investissement est essentiellement un catalogue d'intentions, l'orientation de ces intentions est inquiétante puisqu'elle a été tracée par un comité stratégique composé exclusivement de patrons et présidé par l'ancien patron du Voka. Comment imaginer que ce petit cercle patronal puisse concevoir une politique d'investissement correspondant aux besoins de la population, sans interférence avec la recherche de profit des grands entreprises qu'ils représentent ? 

Le Pacte accorde d'ailleurs un poids important au privé puisque celui-ci pèserait pour 45 % des engagements financiers. Or, on sait que pour arriver à mobiliser des entrepreneurs privés, il faut une marge de profit aussi élevé que doit être réduite la marge de risque. Et les partenariats public-privé, justement privilégiés dans le Pacte, sont souvent des win-win dans lesquels le privé gagne les bénéfices et le public gagne… les risques. 

« Bref, résume Marco Van Hees, le Pacte d'investissement n'est qu'un catalogue d'intentions, mais pas forcément de bonnes intentions. »

Étiquettes

Ajouter un commentaire

You must have Javascript enabled to use this form.

Commentaires

On est donc passé de 42 à 5 milliards. Pour faire ce qui était déjà prévu depuis longtemps , ben dans leur poche quoi ou voulez qu il soit , le pays et en ruine totale les pont , les routes, les palais justice , etc etc sont en ruine la plus totale , en belgique on n et meme plus capable de faire quelque chose , tellement que le gouvernement s en fou plein les poches , et laisse les gens crever et puis il vendrais avec 150 milliard pour s et de la poudre au yeux tous cela pour dire oui on vas faire cela et cela comme dirait celuis la les élection vont arriver faut bien faire mirroiter de belle chose , mais pendant ce temps les gens creve sous les taxe de gouvernement de vautour assoiffe d argent