Le PTB mène des actions pour faire baisser les loyers depuis des années. (Photo PTB Bruxelles)

Mathilde El Bakri, tête de liste à Bruxelles | Logement : et si on s’inspirait de Vienne ?

Le logement est un thème qui revient partout dans les enquêtes du PTB, qu’elles viennent de Flandres, Bruxelles ou Wallonie. Dans la Ville de Bruxelles aussi, donc.

Mathilde El Bakri, tête de liste à Bruxelles

Que ce sujet soit une priorité n'est pas une surprise pour Mathilde El Bakri, députée bruxelloise depuis 2014.

« Il y a urgence : plus de la moitié des ménages bruxellois consacrent plus de 50 % à leur loyer. Or, les associations estiment à 30 % le seuil à ne pas dépasser », commence celle qui travaille aussi comme bénévole dans une maison médicale de Médecine pour le Peuple.

La pression est telle qu'une première initiative d'encadrement des loyers a été récemment prise par le Parlement bruxellois. « C’est une avancée mais elle est insuffisante : nous voulons une grille contraignante, pas indicative comme c’est le cas actuellement. »

« Des critères objectifs comme la qualité du logement ou le nombre de chambre pour fixer le prix, c'est quand même plus simple ! A Bruxelles, cela pourrait être directement initié par la Régie foncière de la Ville, qui détient un immense patrimoine immobilier. Cela permettrait de baisser les loyers, au lieu de les aligner sur ceux du privé comme c’est le cas maintenant. Pour un appartement avec une chambre, il faut compter entre 750 et 1 050 euros… La Ville est le plus grand propriétaire de logements publics de la Région. Elle a donc un levier très important. Si on fait pression sur les loyers du public, cela enverra un signal fort au privé et au reste de la Région et du pays. On estime qu’à partir de 20 % de logements publics dans une ville, cela a une effet global, ça fait pression vers le bas au niveau des loyers. »

TIAA (There is an alternative)

Le bilan de la législature qui s’achève ? « Désastreux. Comme sur plein d’autres sujets, la politique va uniquement dans les intérêts des barons du béton. On le voit concrètement avec Tour et taxi : à la base, un pourcentage de logements sociaux était prévu. A l’arrivée, il n’y en aura aucun… Même chose avec les gigantesques projets immobiliers comme Neo, Up-site Tour, etc. : tout est fait pour attirer les “classes les plus contributives”, comme disent les autorités… »

Mais une alternative existe. « Nous voulons nous inspirer de Vienne, où la moitié de la population vit dans des logements sociaux. Le logement social est de qualité : il y a des jardins collectifs, des crèches, des magasins de proximité, etc. Et ce ne sont pas des ghettos où on case les plus pauvres, il y a une réelle mixité. Ils financent cela via une (petite) taxe sur les fortunes. C’est donc tout à fait faisable. »

Le 15 octobre 2018, le PTB veut une société publique de création et de rénovation de logements sociaux. « Par création, nous entendons aussi la réquisition des logements vides depuis longtemps. Ce n’est pas ça qui manque dans les villes du pays… »

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Article publié dans le magazine Solidaire de juillet - août 2018Abonnement.

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