La gratuité des transports publics est une revendication prioritaires du PTB à Louvain. (Photo PTB Louvain)

Line De Witte, tête de liste à Louvain : Le vélo et les transports publics devraient être une priorité

auteur: 

Dirk Tuypens

La mobilité urbaine est l’un des principaux défis de l’avenir. Viabilité, santé et sécurité requièrent des mesures efficaces.

Line De Witte, tête de liste à Louvain

«  La mobilité est dans le top 5 de nos thèmes électoraux », déclare Line De Witte, enseignante dans le secondaire à Louvain.

«  Notre point principal, ce sont les transports publics gratuits. C’est social et écologique, surtout si nous utilisons des bus à hydrogène. Nous avons calculé que les transports publics gratuits coûteraient environ 3 millions d’euros à la ville par an. C’est absolument réalisable. Il a par exemple été décidé d’investir 30 millions d’euros dans un parking souterrain inutile. Avec cet argent, on aurait pu financer 10 années de transports publics. »

Les économies faites chez De Lijn et à la SNCB se font également sentir à Louvain  : « Aujourd’hui, le soir, il est très difficile de rallier les communes périphériques avec les transports publics. Si l’on va au cinéma ou que l’on participe à une réunion qui s’éternise, on se retrouve vite embêté. »

La suppression de certaines lignes de bus se heurte souvent à des protestations : « Sous la pression de la population, la ville a réintroduit une ligne et, désormais, elle l’assume financièrement elle-même. Tout cela est donc bel et bien possible. »

Selon Line De Witte, le plan de mobilité de Louvain est trop orienté sur la voiture : « Le vélo, on n’y pense qu’après. Par exemple, avec des pistes cyclables là où il y en a peu. Ou alors, on crée des réseaux cyclables qui, dans la pratique, ne le sont pas du tout. Louvain est bien davantage une “ville avec des cyclistes” qu’une véritable ville de cyclistes. Il y a bien trop peu de parkings pour vélos. Sous la gare, on peut mettre 8  000 vélos, alors qu’il devrait y avoir 11  000 places. Les autorités communales se plaignent qu’il y a trop de vélos et qu’on les gare partout n’importe comment. Pour remédier à cela, il faut faire en sorte que, dans toute la ville, il y ait assez d’abris à vélos. Nous voulons aussi établir une distinction claire entre “trottoirs pour piétons” et “pistes cyclables”, de façon à ne pas dresser piétons et cyclistes les uns contre les autres. » 

Pas de taxes vexatoires

Diminuer le statut privilégié de la voiture est un défi : « Un centre avec une circulation motorisée restreinte, c’est super, mais il doit y avoir de bonnes alternatives. Il faut alors réellement investir concernant les piétons, les cyclistes et les transports publics. La ville veut décourager l’utilisation de la voiture en augmentant le prix des cartes des riverains  à 60 euros. Mais pour ceux qui ne peuvent vraiment pas se passer de voiture, c’est une taxe vexatoire. Nous ne devons pas imposer des désagréments aux gens mais faire en sorte qu’en investissant judicieusement, le vélo et les transports publics soient préférés. »    

Si nous voulons repenser la mobilité urbaine, il faut également bien réfléchir à la façon dont la ville prend forme : « Il faut faire en sorte que, dans tous les quartiers, il y ait les équipements nécessaires : bibliothèque, bureau communal, pharmacie, boulangerie, bureau de poste... De nos jours, souvent, on supprime ces équipements et, ainsi, on impose aux gens des déplacements inutiles. Une bonne politique de la mobilité part donc également d’un bon plan urbain. »

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Article publié dans le magazine Solidaire de juillet - août 2018Abonnement.

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