Photo Solidaire, Salim Hellalet

Licenciements à Charleroi :: Opposition du PTB lors du Conseil communal

auteur: 

Sofie Merckx

Intervention de Sofie Merckx, conseillère communale PTB lors du Conseil communal de Charleroi ce lundi 20 octobre. « Aujourd’hui, on demande donc aux travailleurs de la ville de payer cette crise ? Il est temps de revoir la copie. »

Depuis quelques jours, l’inquiétude est grande chez les agents communaux suite à la menace de 200 licenciements, évoquée notamment dans la presse.

La ville de Charleroi peut-elle se permettre de se séparer de 200 agents, voire davantage, alors que l’on connaît de nombreux problèmes dus à un manque de personnel dans certains services ? Exemples : un changement d’adresse nécessite une attente de deux mois, ou encore l’appel à des bénévoles que la Ville a dû faire pour assurer la fermeture des cimetières.

Les échos du terrain sont plutôt inquiétants. J’ai déjà évoqué le stress dû à la pyramide des âges chez les techniciennes de surface. On reçoit également des échos de stress aux guichets des citoyens. Il est peu agréable de recevoir un habitant qui a dû patienter plus d’une heure et on imagine aisément que ce sont les employés qui essuient la mauvaise humeur des citoyens. Les équipes de l’écologie urbaine sont fragilisées à cause des départs au cours des dernières années ; les mauvaises herbes poussent dans les rues, les services ne savent tout simplement pas suivre.

Prenons d’abord un peu de recul. Les dividendes de Dexia perçus par la Ville jusqu’il y a deux ans s’élevaient à environ 5 million d’euros par an. Les dividendes des intercommunales d’énergie sont en baisse de plus d’un million et la prévision est négative selon le plan de gestion.

Aujourd’hui, on demande donc aux travailleurs de la ville de payer cette crise ?

Le contexte budgétaire de la ville est sombre, effectivement. Mais si nous supprimons des emplois, ne supprimerons-nous pas encore plus de services aux citoyens, ce qui y aggravera la situation sociale ? Quelle attractivité peut avoir une ville qui reste sale ? Une ville où les services aux citoyens sont réduits ? Je pense aussi à la possible fermeture des maisons de quartiers.

Si nous supprimons des emplois, est-ce que nous ne devrons de toute façon pas, après, faire appel au privé ? Ce qui reviendra plus cher après. Je pense ici à l’Hôtel de police, qui nous coûte annuellement 4 millions d’euros par an.

On parle beaucoup d’absentéisme en ce moment. Mais si les agents communaux sont stressés au travail, cela n’est-il pas une cause d’absentéisme ?

C’est le serpent qui se mord la queue…

Vous venez de dire que les agents sont trop absents, sans y voir les causes, ni les raisons. Nous devrions prendre exemple à ce qui a été fait à la police locale ou le taux d’absentéisme a été réduit de manière significative en prenant le problème par l’angle du bien être au travail.

Je veux exprimer tout mon soutien au personnel présent aujourd’hui.

Cher M. le bourgmestre,

En tant que ville de Charleroi, nous avons des obligations vis-à-vis du citoyen, nous avons des services à rendre et cela doit se faire de manière optimale.

Nous avons aussi des obligations légales vis-à-vis du personnel de la ville en terme de bien être au travail. Nous avons l’obligation de donner aux agents la possibilité d’effectivement rendre un service au citoyen de qualité.

Je vous invite donc à revenir sur cette idée de licencier et nous sommes – heureusement – encore avant le conclave budgétaire, je vous invite a vous pencher sérieusement sur des autres mesures.
En premier lieu je pense à l’aide de la Région wallonne comme cela a été le cas des autres années.

Ni les habitants, ni les travailleurs sont responsable de la crise. Si la Région wallonne a pu nous aider les autres années, pourquoi ne peut-elle pas le faire cette année ?

Décider aujourd’hui de licencier sans réel plan d’amélioration du service aux citoyens, ni des conditions de travail, c’est le risques de rompre encore un peu plus le lien de confiance entre la ville et ses travailleurs et ses habitants.

Je pense donc qu’il est temps de revoir la copie.

 

 

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