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Les travailleurs d’Oleon veulent des « jobs, jobs, jobs »

Les négociations pour une nouvelle convention collective de travail (CCT) à Oleon ont échoué après le « non » de la direction aux propositions des travailleurs et de leurs syndicats. Les délégués des trois syndicats ont informé leur base et les travailleurs ont arrêté le travail. Ce 19 septembre au matin, le PTB s’est rendu aux portes de l’entreprise afin de témoigner son soutien.

À la porte d’Oleon Ertvelde (Flandre orientale) sont massés des dizaines de travailleurs, aussi bien des jeunes que des anciens. Tous sont employés, car il n’y a pas d’ouvriers, à Oleon, une entreprise chimique, qui a aussi un site à Oelegem (Anvers). Les délégués syndicaux Patrick Baete (LBC, la centrale des employés de la CSC néerlandophone), Kurt Fournier (FGTB) et Marc Droesbeke (CGSLB) y vont de leurs explications.

Plus d’emplois pour concilier travail et famille

« Pour la nouvelle CCT, nous voulons une réduction du temps de travail : d’une semaine de 37 heures à 36 heures avec embauches compensatoires. C’est une revendication justifiée et nécessaire afin de pouvoir trouver un équilibre viable entre le travail et la vie de famille. Il faut savoir que nous tournons ici dans un système flexible à 5 équipes et ce, en continu, donc aussi bien en travail du week-end qu’en travail de nuit. C’est également une réaction contre le gouvernement. Celui-ci parle de “jobs, jobs, jobs”, mais, en attendant, nous ne voyons rien venir. En travaillant une heure de moins et en compensant la chose par des embauches en plus, nous pouvons rendre possibles ces emplois supplémentaires. »

Redistribution du travail à Oleon Oelegem

« Oleon Ertvelde est l’entreprise mère, ici, en Belgique, mais il y a également un site à Oelegem où, voici quelques années, on a opté pour une restructuration avec maintien des salaires afin, de la sorte, de pouvoir maintenir plus de monde au travail. Ce doit donc être parfaitement possible aussi pour notre siège, ici. » Chez Monsanto, une entreprise chimique installée dans le port d’Anvers, travailleurs et syndicats sont parvenus à obtenir une semaine de travail de 33,6 heures. Vu que le secteur de la chimie est connu pour ses bénéfices élevés, il est normal que les travailleurs qui produisent cette richesse réclament eux aussi une part du gâteau. « Oleon aussi fait des bénéfices depuis des années. Aussi réclamons-nous un salaire plus élevé pour les travailleurs débutants, car les salaires de départ à Oleon Oeleghem sont nettement supérieurs. Pour tous nos autres travailleurs, nous voulons conserver le même salaire pour une semaine de 36 heures. »

La direction oppose un « non » radical

« La direction n’est pas allée plus loin qu’une proposition de deux jours de congés non payés supplémentaires. Quand nous avons proposé cela aux travailleurs, les 300 employés qui travaillent ici ont stoppé le travail. Le fait que la pression du travail ne cesse d’augmenter et que les gens ne ressentent aucun respect de la part de la direction malgré le fait qu’ils travaillent dur et de façon flexible, joue un rôle aussi. Nous avons ensuite arrêté la production en concertation avec la direction afin de pouvoir tout faire en toute sécurité et de façon responsable, car il s’agit tout de même, en fin de compte, d’une entreprise chimique. Aujourd’hui, la production est à l’arrêt et nous attendons un signal de la direction afin de reprendre les négociations. »

Le PTB pour une réduction du temps de travail avec maintien du salaire

La revendication portant sur la réduction du temps de travail se fait de plus en plus entendre, tant en Belgique qu’ailleurs en Europe. Dans la ville suédoise de Göteborg, des expériences ont été tentées avec succès avec la semaine de 30 heures. Les syndicats et les organisations citoyennes plaident de plus en plus pour cette réduction du temps de travail. Les délégations syndicales reprennent l’idée dans leurs cahiers de revendications. Et le PTB lui-même est actif depuis longtemps autour de ce thème.

Qu’il s’agisse d’emploi, de santé, de vie familiale ou de réponse à la pression croissante du travail, la réduction du temps de travail offre une solution. Cela n’a rien d’une utopie. La question que se posent les travailleurs d’Oleon et de tant d’autres entreprises consiste à savoir ce que nous allons faire avec cette richesse. Allons-nous l’utiliser pour disposer d’un peu plus de marge pour souffler et mener une existence meilleure ou pour encore faire croître les bénéfices qui iront dans les poches des actionnaires ?

 

En savoir plus sur le point de vue du PTB et la semaine de 30 heures ? Lire plus ici

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