Le 16 mai, nous étions plus de 70 000 à BRuxelles. deux jours plus tard, le gouvernement mettait sa pension à points au frigo. (Photo Solidaire, Fabienne Pennewaert)

Les libéraux, menteurs professionnels à propos de nos pensions

auteur: 

Kim De Witte

Si le mensonge et la tromperie étaient punissables, plusieurs parlementaires ou ministres libéraux auraient bien des problèmes avec la justice. La présidente des libéraux flamands de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, serait certainement même en prison. « Personne ne perdra rien de sa pension », avait-elle affirmé fin 2017 dans la presse. Et même : « Celui qui travaillera plus longtemps touchera plus de pension. » Rien n'est moins vrai.

Le magazine Knack a examiné attentivement le projet de loi sur les professions pénibles et a fait évaluer des cas concrets. Tenez-vous bien :

  • Un pompier perdra environ 109 euros de pension, même s'il travaille 2,5 années de plus.
  • Un agent de police perdra 134 euros net de pension par mois, même s'il travaille 2,5 années de plus.
  • Un enseignant perdra 290 euros net de pension par mois. S'il continue à travailler jusqu'à  67 ans, il perdra toujours plus de 50 euros de pension par mois ! 
  • Une nettoyeuse ou une infirmière d'hôpital public perdront 600 euros par mois, suite à la modification des pensions des agents de l'État. Elles devront se débrouiller avec la maigre pension d'un travailleur du secteur privé.

Le gouvernement économise 182 millions sur les pensions des agents de l'État pour... donner 17 millions aux professions pénibles

L'Inspection des finances a calculé la recette de cette partie de la réforme des pensions : le gouvernement économise 182 millions d'euros par an sur la pension des pompiers, des agents de police, des enseignants, des infirmières et des nettoyeuses  des hôpitaux et centres de soins publics, ... Pour les professions pénibles, il rétrocède 17 millions d'euros. Soit moins d'un dixième. En d'autres termes, des cacahuètes comparé à ce qu'il économise.

Les pensions des agents de l'État ne sont pas trop élevées, ce sont celles du privé qui sont trop basses

Les pensions de la plupart des agents de l'État ne sont pas trop élevées. En moyenne, elles sont de 1600 à 1700 euros nets par mois. Si la N-VA, l'Open VLD et le CD&V veulent économiser, ils peuvent tailler dans les pensions de leurs ministres. Ceux-ci se constituent plus de 4000 euros de pension par mois – il y a donc de quoi écrémer. Mais les infirmières, le personnel de nettoyage, les pompiers, les agents de police, les enseignants... ne doivent pas être sanctionnés. Leur pension n'est pas trop élevée. C'est celle des travailleurs du privé et des petits indépendants qui est trop basse, et il faut y rémédier.

Tout le monde doit bien comprendre que le gouvernement ne veut qu'une chose, nous diviser : salariés du privé contre agents de l'État, indépendants contre salariés, travailleurs de nuit ou à pauses contre travailleurs de jour, jeunes contre moins jeunes. Si nous tombons dans ce piège, nous en paierons tous les conséquences.

65 – 60 – 55

C'est pourquoi nous devons en revenir au principal : toutes les professions sont trop pénibles pour être exercées jusqu'à l'âge de 67 ans. Il faut ramener l'âge de la pension à 65 ans, comme le Canada et la Pologne l'ont déjà fait et comme l'Italie le fait maintenant. Il faut maintenir le droit à la pension anticipée à partir de 60 ans et à des aménagements de carrière à partir de 55 ans. Ce n'est qu'alors qu'on pourra discuter sérieusement des professions pénibles. Un travailleur du bâtiment qui a commencé à travailler à 16 ans doit en effet pouvoir prendre sa prépension dès 58 ans. C'est payable si nous répartissons la richesse de façon plus équitable.

Comment arriver à obtenir cela? En faisant à nouveau entendre. Le 16 mai, nous étions 70 000 à Bruxelles. Le surlendemain, le gouvernement remettait au frigo sa pension à points. Fin septembre, nous pourrons être de retour à Bruxelles, et plus nombreux encore si nous diffusions largement les informations qui précèdent. Car toutes les professions sont trop pénibles être exercées jusqu'à 67 ans. Et ça, ce n'est pas un mensonge. Qu'il le veuille ou non, le gouvernement va devoir nous entendre.

Gwendolyn Rutten affirme : "Personne ne perdra de pension. Personne". Pure tromperie.

 

Signez notre pétition sur pastoucheanospensions.be et aidez-nous à la diffuser !

 

 

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Commentaires

sa on le sait le MR sont des menteur jusque au bout des oncles voir pire que des menteur des escros en costume