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Le modèle kiwi pour les nuls

Comment se fait-il que la multinationale Sandoz vende une grande boite de l’antiacide gastrique omeprazole 40mg pour 35 euros en Belgique, mais 3,16 euros aux Pays-Bas ? Réponse : le modèle kiwi, une alternative proposée depuis plus de 10 ans par le PTB pour réduire le coût des médicaments. Voici ce que vous devez savoir à ce sujet.

Retrouvez ici le programme complet du PTB en matière de soins de santé : « Les soins de santé ne sont pas à vendre ».

Pour réduire les coûts des médicaments, le docteur Dirk Van Duppen, de Médecine pour le Peuple, a lancé en 2004 le modèle kiwi. Ce modèle était emprunté à la Nouvelle-Zélande, où des appels d’offres publics sont organisés pour les meilleurs médicaments. Une application complète du modèle kiwi peut se traduire par une baisse du prix des médicaments de 50 à 90 %.

Pourquoi ?

Les dépenses annuelles en médicaments s’élèvent à 600 euros par habitant. De cette somme, les patients paient eux-mêmes 240 euros (soit 40 %) en médicaments non remboursés et en ticket modérateur.

Environ 15 % des Belges reportent des soins médicaux pour des raisons financières. En 1997, ils n’étaient encore que 8 %. Une enquête de Solidaris a montré qu’en Wallonie, ce chiffre atteignait même 21 % et que les médicaments étaient parmi les soins les plus reportés, notamment parce qu’ils font partie de ceux qui pèsent le plus sur le budget des ménages.

Par ailleurs, les médicament sont la partie du budget de l’Inami qui connaît la croissance la plus importante, ce qui risque d’être intenable pour notre sécurité sociale.

Si l’on considère que la santé doit être un droit et pas un luxe, il faut d’urgence rendre les médicaments financièrement accessibles à tous. Le modèle kiwi permet cela.

Comment ça marche ?

Il s’agit d’un système d’appel public d’offre pour les médicaments. Concrètement, l’État demande aux entreprises pharmaceutiques qui produisent le même type de médicament de faire une offre de prix. L’État ne rembourse alors que le médicament le moins cher.

Les médicaments qui ne sont pas remboursés peuvent malgré tout être commercialisés. Cependant, le fait qu’ils ne sont pas financés par la sécurité sociale pousse médecins, pharmaciens et patients à se tourner vers l’alternative remboursée.

C’est comme cela qu’aux Pays-Bas, les médicaments sont trois, quatre, voire cinq fois moins chers qu’ici. Il en va de même en Nouvelle-Zélande, où le modèle a été conçu et est appliqué depuis 1993.

Évidemment, il y a un contrôle de la qualité des médicaments. Il ne s’agit pas de prendre n’importe quel médicament, pourvu qu’il soit moins cher, au détriment de la qualité. Mais cela permet d’éviter d’avoir sur le marché des dizaines de variantes d’une même molécule, à des prix exorbitants qui permettent aux actionnaires de Big Pharma de s’enrichir.

Quels sont les avantages ?

Le modèle kiwi permet avant tout de réduire le prix des médicaments.

Il s’agit d’une mesure bénéfique pour les patients, qui devront consacrer une moins grande part de leur budget à ceux-ci, et, sans doute, reporteront moins souvent des soins grâce à cela.

Il s’agit également d’une mesure positive pour le budget de la sécurité sociale. En effet, en remboursant moins de médicaments différents et en incitant les entreprises pharmaceutiques à proposer des prix bas, l’Inami peut réaliser d’importantes économies.

Ainsi, le PTB a récemment calculé que l’application du modèle kiwi aux 25 médicaments les plus remboursés en Belgique permettrait d'économiser 459,5 millions d'euros.

La généralisation du modèle kiwi (pour tous les médicaments hors brevet et pour les médicaments qui sont encore sous brevet, mais pour lesquels deux ou plusieurs solutions existent) rapporterait au moins 1,5 milliard d’euros.

Pour le médecins et pharmaciens, le modèle kiwi simplifie les choses. Ils pourraient en effet choisir dans une liste préférentielle nationale les médicaments qui ont été sélectionnés en raison de leur valeur sociale ajoutée bien définie, puis de leur coût grâce à l’appel d’offre public, et son donc remboursés. Ainsi, le modèle kiwi favorise une attitude de prescription rationnelle, un rapport qualité-prix cohérent, et rend inutiles les énormes budgets marketing dépensés par les firmes pharmaceutiques auprès des médecins.

En outre, grâce au modèle kiwi, les génériques sont encouragés et les entreprises pharmaceutiques sont davantage encouragées à innover et chercher des nouveaux médicaments qu’à consacrer leurs investissements à produire des variantes de ce qui existe déjà, à grands renforts de packaging, de marketing et de publicités.

Que faire de l’argent économisé ?

Le modèle kiwi est l’une des mesures du PTB en matière de santé. Sur trois grands axes, le parti de gauche propose un plan pour économiser 4,8 milliards d’euros :

  • Le modèle kiwi appliqué aux médicaments économise 1,5 milliard d’euros à la sécurité sociale. Appliquer le même système aux appareils et autres matériels médicaux rapporterait encore 0,5 milliard d’euros.
  • On peut également économiser sur les rémunérations faramineuses des spécialistes. En généralisant le système de paiement des hôpitaux universitaires, notre assurance maladie économiserait 2 milliards d’euros.
  • Éviter les examens superflus dans les hôpitaux en supprimant le « paiement à la prestation ». Cela rapporterait 0,8 milliard d’euros.

Ces 4,8 milliards, le PTB entend les réinvestir intégralement dans les soins, avec notamment :

  • 250 millions d’euros pour assurer la gratuité de la visite chez le médecin ou à la maison médicale.
  • 2,05 milliards d’euros dans des crèches, des maisons de repos et de soins, dans les soins pour handicapés et dans les soins de santé mentaux.
  • 1 milliard d’euros dans de nouveaux emplois liés aux soins.

Plus d’info.

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Commentaires

Bonne idée pour commencer, mais la finalité , pour moi, c'est la culture, les soins de santé, et les études... GRATUIT pour tous! Goodnight camarade!
On pourrais aller plus loin dans l'idée , les nouvelles molécules misent sur le marché pour des maladies orphelines pourraient également rentrer dans le système et être peut être aider les personnes qui en ont besoin !
ce serait intéressant de réduire le coût des médocs et visites, comme le sed (maladie ehlers-danlos et signe de gorlin) et d'autres maladies orphelines ou coûteuses mais il faut encore les faire accepter par les médecins conseils (besoin de formations pour eux aussi)
Waouw! Voilà une action concrète emballante. de celle que j'attends de mon cher PTB, Je crois à l'effet des marches massives de citoyens, mais quand ils sont porteurs d'un projet alternatif aussi bien étayé. Reste à informer les gens, les médecins. Ici, l'Etat ne va pas accepter une mesure qui lui coûte et s'empresser de récupérer ailleurs l'argent perdu, l'Etat y gagne aussi. Big Pharma y perd, mais eux.... Encore bravo.
la poli tic de michel est pour détruire les personne les plus faible ils faut que des personnes dis paresse une manière simple de faire , les riche arriverons avoir des soin convenable pour le reste de la population la venir le dira pas grave il y aura des more suite a pas de chance tu sait pas acheter les médicament donc tu est responsable de toi oui mes tu ne fait que payer des charge qui coûte tronc hère pour les personne pensionner les chômeur ,les malade eux aussi il peut grever pas grave les riche vie bien et payement va ver les riche
Très bonne idée encore du Ptb...comme ça dans 10ans plus aucune firme pharmaceutique ne lancera de nouveaux médicaments en Belgique et on se soignera avec des vieux trucs obsolètes sans oublier les milliers d'emplois perdus et de nombreux chômeurs qui coûteront à la sécurité sociale....qd allez vous réfléchir à long terme.
T'as raison, continues comme tu es, ne bouge pas, laisse toi tondre. Mais si nos aïeux avaient pensé comme toi, on n'aurait pas eu de sécu du tout et les enfants travailleraient encore dans les mines. Mais c'est vrai c'est plus facile de râler dans son coin, deux personnes qui marchent avec l'idée fut elle utopique de faire changer les choses, vont plus loin qu'un con assis.
C'est un bon modèle MaiS sans oublier que les médicaments ne sont pas la solution à tout. Il faut miser également sur le travail de prévention en favorisant une alimentation et un mode de vie sain accessibles à tous également. Il est beaucoup moins cher de se nourrir de mal bouffe que de nourriture saine et équilibrée. C'est dommage
Je viens de lire l'article. Prendre les prix des Pays-Bas pour l'appliquer à la Belgique, admettons. Ce que le dossier "le modèle kiwi pour les nuls" n'aborde pas, par contre, sont les côtés négatifs liés aux appels d'offre: - le coût de mise en place de ces appels d'offre et qui doit être mis en relation avec le gain pour l'inami. - les risques de malversations (mettre la décision dans les mains de quelques personnes, je me méfie). En effet, seule une poignée de personnes pourront décider du sort de millions de Belges. Les conflits d'intérêts sont aussi un problème flagrant: je suis fonctionnaire A, je sais que l'entreprise B va obtenir le marché belge, tu penses bien que je vais de ce pas acheter une action de B... - comment évaluer l'appel d'offres, sur quels critères ? - les risques liés à l'entente sur les marchés par les entreprises. "Eh, je te laisse le marché belge, mais donc augmente un peu en France, comme ça je peux monter moi aussi les prix et c'est kif-kif". Ca n'est pas tiré par les cheveux, Fiat et Toyota le font sur leurs marchés respectifs. Pour le cas spécifique des médicaments, rien n'est dit non plus sur les médicaments qui ont la même molécule mais qui ont des effets différents sur certaines personnes. Au niveau des effets secondaires, une personne qui utilisait un médicament qui n'est plus remboursé se verra forcée à prendre un médicament désagréable juste parce que 5 personnes dans un bureau ont décidé de rembourser un autre médicament et pas celui-là ? Franchement, c'est super... Et pour les personnes qui prennent des antidépresseurs où il faut parfois des mois avant de trouver le bon médicament et le bon dosage ? "Ah non Monsieur, maintenant, soit vous payez votre médicament plus cher, soit vous avez des maux de tête, vômissements, fatigue et étourdissements. C'est vous qui voyez hein." Que faire également de la marge bénéficiaire du pharmacien qui, du jour au lendemain, peut changer ? N'est-ce pas rendre le métier de pharmacien précaire ? Quid aussi de la dangerosité de ce médicament favorisé ? On se rend parfois compte des années plus tard de sa dangerosité ou des effets négatifs à plus long-terme (vous parlez bien de médicaments qui sont encore sous brevet, en plus des médicaments hors-brevet). Tu voudrais donc risquer l'ensemble de la population sur un seul médicament qui, peut-être, se révèlera cancérogène ou limitant la fertilité. Avec une variété, il y aura, si cela s'avère le cas, moins de cas. Je n'aime pas le risque, et préfère l'éviter. Et puis, cette idée même molécule - prix inférieur, ça existe déjà, non ? Qu'apporte le modèle kiwi en sus des génériques à part de la bureaucratie qui coûte ? Par contre, et ça je te rejoins, je trouve ça incroyable qu'il soit possible d'avoir des politiques si différentes entre pays européens. Certains médicaments sont sur prescription médicale alors qu'ils sont en délivrance libre dans d'autres. C'est également fou que certaines entreprises puissent organiser la pénurie sur certains marchés comme c'est le cas pour des médicaments liés à l'hémophilie (on parle pas de paracétamol, ici...) Petit bémol dans votre étude, cependant, c'est que vous liez le budget total alloué aux médicaments alors que votre argumentation se porte sur les médicaments remboursés. Pour être correct, il faudrait prendre le budget alloués aux médicaments remboursés. En effet, le fait d'être remboursé correspond à une notion de "nécessité" versus "confort". De mon humble expérience et de celle de mes parents qui ne se veut pas générale, les médicaments sont vus comme des biens de consommation dont l'usage est lié à la santé financière du ménage considéré. Avec les différentes récessions que nous avons connues, nous avons vu une corrélation entre revenu disponible des ménages et consommation de médicaments. Du coup, et je pense que c'est plus intéressant, j'aurais dans l'idée de limiter, voire interdire, les publicités pour les médicaments à la télévision. Heureusement, c'est déjà le cas pour les médicaments sur prescriptions, mais franchement, une pub pour du nurofen ou sterimar, c'est pas de la nécessité. Celui qui en a besoin, il le sait déjà, il n'a pas besoin d'une pub. Moins de pub à la télé, moins de coûts pour l'entreprise, moins de coûts pour l'entreprise, médicament moins cher. Ca me semble plus simple que de mettre en place tous ces appels d'offres