Germain Mugemangango. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Le gouvernement wallon doit investir dans le logement social plutôt que le détricoter

Le PTB s'oppose à l'arrêté locatif wallon du 28 juin dernier et demande au gouvernement d'assumer sa responsabilité de fournir à chacun un logement de qualité par un plan de financement de construction et de rénovation de logements à la hauteur des besoins actuels et à venir des wallons.

Après la suppression de l'obligation de minimum 10 % de logement social par commune, la ministre du logement, Valérie De Bue, revient une nouvelle fois à la charge contre le logement social.

Dans l'arrêté locatif adopté par le gouvernement ce jeudi 28 juin, c'est la logique même de logement social qui est visée, et ce sont les locataires qui trinquent. Au menu, modification du calcul des loyers et tentative de faire porter le chapeau du manque de places dans les logements sociaux aux locataires eux-mêmes. Au delà des logements sociaux, c'est l'ensemble des locataires pour pourrait pâtir de cette mesure.

Premièrement, le PTB dénonce le changement dans le calcul des loyers décidé par la ministre. En ne tenant plus seulement compte des revenus des locataires mais aussi de la qualité du logement sur base de la grille indicative des loyers développée, entre autres, selon les loyers sur le marché privé.

C'est par la rénovation des logements de plus mauvaise qualité qu'il faut lutter contre les logements vides

« C'est clairement une rupture avec le caractère social de ces logement, souligne Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB. Un logement social est là pour que celui qui gagne peu puisse quand même se loger dans de bonne conditions. C'est un service public qui garantit le droit à un logement de qualité. Avec le nouveau calcul, le gouvernement sort de la notion de faire respecter ce droit pour considérer le logement social comme un bien qui se monnaie selon les prix du marché. Pour accéder à un logement social de bonne qualité, il faudra payer plus. »

Le PTB s'oppose à l'utilisation d'autres critères que le revenu des locataires. En faisant fluctuer les loyers selon les cours du marché, le gouvernement donne aux grands propriétaires immobiliers toutes ses aises pour décider de continuer la courses à la hausse des prix des logements privés comme publics. Pour le parti de gauche, le logement public est un outil essentiel pour faire pression à la baisse sur les loyers de tout le monde. Comme on peut l'observer en Autriche, quand un tiers des logements en location est public, c'est au privé de s'aligner sur les loyers publics. Voilà un exemple à suivre pour faire baisser significativement les loyers de l'ensemble des locataires, voilà le rôle que devrait prendre le gouvernement wallon. Mais la ministre De Bue fait le choix d'abandonner cette tâche aux mains de ceux dont l'intérêt est que les loyers augmentent.

Pour le PTB, le sous-financement du logement social ne peut pas être comblé par la poches des locataires sociaux, mais par un renforcement financier de ce service public indispensable.

Un second volet de mesures s'en prend de nouveau aux locataires sous couvert de lutte contre les logements sociaux vides. Tout d'abord, en interdisant aux candidats locataires de refuser une proposition de logement sous peine d'être rayés des listes d'attente pour un an.

« Ce gouvernement fuit ses devoirs en essayant de faire porter la responsabilité des logements vides aux locataires, poursuit Germain Mugemangango. Près d'un tiers des logements vides le sont car ils sont réputés non louables à cause de leur état déplorable. On voit en même temps que le nombre de logements vides et celui du nombre de familles en attente d'un logement augmentent, cela montre bien que le problème ne vient pas des locataires mais bien du manque de moyens octroyés pour ces logements. La réalité, c'est que, la plupart du temps, les refus sont dus à des problèmes dans les logements : pas de chauffage central, immeubles très insécurisés... C'est par la rénovation des logements de plus mauvaise qualité qu'il faut lutter contre les logements vides et pas en rayant des listes des familles qui n'auront pas les moyens de se chauffer à l'électricité. »

Enfin, la ministre libérale veut aussi organiser la chasse aux logements comptant « trop » de chambres par rapport à la taille du ménage. En effet, selon la composition de votre ménage, vous pouvez accéder à un logement avec plus ou moins de chambres. La ministre veut faire déménager les locataires qui occupent un logement dont le nombre de chambre dépasse ce à quoi ils ont droit. Une décision que les sociétés de logements ne pratiquent pas systématiquement, car, comme elles le reconnaissent elles-mêmes, le nombre de pièces ne fait pas la taille du logement et certains appartements sont trop exigus pour des familles malgré un nombre de chambres plus élevé.s

« Quand on n'a ni cave ni grenier et qu'on vit dans un mini appartement, une pièce qui permet de faire un peu de rangement n'est pas une chambre en trop, explique Germain Mugemangango. D'autre part, cette mesure ne répond pas aux besoins des familles nombreuses. Si je prend l'exemple de la Sambrienne, 1486 familles ont un logement trop petit alors que la chasse aux locataires ayant un logement de deux chambres en "trop" ne libérerait que 10 à 30 logements pour les familles nombreuses. Une fois de plus, le gouvernement veut faire porter la responsabilité de leur politique désastreuse en matière de logement social aux locataires. »

Le PTB s'oppose donc à l'arrêté locatif du 28 juin dernier et demande au gouvernement d'assumer sa responsabilité de fournir à chacun un logement de qualité par un plan de financement de construction et de rénovation de logements à la hauteur des besoins actuels et à venir des wallons.

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Commentaires

mon il préfère mettre l argent de la renovation dans leur poche voila tous , et laisser les gens dans des logement en mauvais état , je dirait il et plus que temps d investir et renover les logements sociaux combien de gens vont encore passer des hivers dans le froid dans des maison mal isoler
Le droit au logement décent est écrit l'article 23, aliéna 3, 3° de la Constitution du 17 février 1994. Et, depuis, jamais appliquée ... http://www.senate.be/doc/const_fr.html#art23 Durant ce temps, les loyers grimpent. Ceci explique cela ...
. ...et que fait-on des locataires qui occupent leur logement social depuis plus de 30 ans, doivent-t ils devenir des migrants ? Beaucoup de locataires dont la famille s'est réduite avec le temps souhaiteraient être mutés vers un logement adapté à leur composition mais ces logements n'existent pas. Par contre, beaucoup de locataires payent un supplément de loyer parcequ'ils ont une chambre de trop. Une des bonnes idées serait de permettre aux locataires intéressés d'acheter leur logement ; récupération du capital, entretien qui incombe au nouveau propriétaire. ...