Fin 2017, un sans-abri est mort dans la rue. Des associations ont organisé une manifestation pour pointer la responsabilité des décideurs politiques et exiger que cela n’arrive plus. (Photo David Taquin, Vanessa Cicero)

John Beugnies, tête de liste à Mons : Des maisons de quartier pour casser l'isolement social

John Beugnies, 50 ans, est employé dans une PME. L’élu communal montois du PTB, père de deux enfants et «  jeune papy depuis trois mois », côtoie la pauvreté quotidiennement.

John Beugnies, tête de liste à Mons

«  J’habite un quartier populaire, à Jemappes. Outre les SDF du centre de Mons, la pauvreté est grande dans beaucoup de quartiers, surtout en dehors de l’“hyper-centre” de Mons », explique le conseiller communal montois. «  Lors d’une campagne électorale, on est amené à aller dans des quartiers qu’on connaît mal. Par exemple, en 2012, je me suis retrouvé dans une impasse. Au bout de celle-ci, il y avait une maison totalement délabrée. Je me dis que ça ne sert à rien de sonner, qu’il n’y a personne. Mais au moment où je fais demi-tour, j’entends des voix d’enfants qui jouent à l’intérieur… Ça m’a glacé le sang. J’ai été demander au président du CPAS comment il était possible que des familles habitent de tels logements. Selon lui, certaines personnes étaient trop “décrochées” de la société que pour les aider. Mais ce genre de situation n’arrive pas du jour au lendemain. Il est possible d’agir bien avant et c’est au CPAS de le faire. »

Pour cela, il faut que la Ville se donne les moyens d’agir. «  Depuis plus de trois ans, pour quatre départs dans l’administration communale, il n’y a qu’un remplacement. La majorité PS répète qu’il n’y a pas d’argent. Mais pour des projets bling-bling dans le centre, Elio Di Rupo trouve toujours de l’argent… »

Le PS colle des amendes aux SDF

Dans beaucoup de villes du pays, les autorités communales cherchent à chasser les pauvres, mais pas la pauvreté. Est-ce le cas à Mons aussi  ? «  Il suffit de prendre Mons 2015  : le conseil communal a voté l’exclusion des SDF de l’hyper-centre. Et des sanctions administratives qui pouvaient s’élever à 300 euros pour “comportements dérangeants” : se promener avec une canette de bière, avoir un chien sans muselière, etc. Coller une amende de 300 euros aux SDF, voilà la politique du PS à Mons… »

Néanmoins, des choses bougent. «  La majorité communale vient d’annoncer qu’elle allait mettre en place le “Housing first” (logement d’urgence, première condition pour la réinsertion, NdlR). Mais la proximité des élections explique peut-être cette annonce. En tout cas, nous ne manquerons pas de suivre cette affaire. Et nous ne serons pas seuls. Depuis des années, des associations, comme Solidarité SDF Mons, font pression sur la majorité. Après la mort d’un sans-abri, elles ont organisé une manifestation pour pointer la responsabilité des décideurs politiques et exiger que cela n’arrive plus. »

Quid de la vision du PTB en matière de pauvreté  ? «  Nous voulons l’instauration de maisons de quartier, un lieu géré par la Ville pour un accompagnement personnalisé, de proximité, pour casser l’isolement social. Il n’y en a pas assez. Par exemple, dans la région de Jemappes, il y en a une pour 25  000 habitants. Il en faut beaucoup plus  : cela permet d’être plus à l’écoute, de réagir très vite avant que des citoyens et des familles se retrouvent trop loin dans la précarité. Et il faut engager d’urgence du personnel dans l’administration communale et augmenter les moyens du CPAS. »

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Article publié dans le magazine Solidaire de juillet - août 2018Abonnement.

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Commentaires

Housing first a un taux de 80 ´de réussite. Depuis que ce système est en route, il probablement reloger 1 à 2 % de la population des sdf. L'objectif déclaré est de "commencer" par les personnes les plus problématiques (alcool, drogue, mental...). L'objectif réel pour lequel les villes l'adoptent, c'est pour éviter que les passants voient ces personnes dans les rues. Un pour cent de réussite, et une publicité du tonnerre. Housing first est pas mal, mais de grâce, il faut surtout augmenter le nombre de travailleurs de rue spécialisés et mettre en oeuvre les mesure de "comment prévenir le sans abrisme" prôné par le SPP intégration sociale sociale : https://www.lastrada.brussels/portail/images/PDF/20180628_GT_Prevention-sans-abrisme.pdf