Photo Solidaire, Salim Hellalet

Engager d’urgence pour que nos postiers respirent

auteur: 

Simon De Beer

Les postiers n’en peuvent plus de la pression au travail, de devoir travailler toujours plus pour que les actionnaires touchent de gros dividendes. Ces derniers ont donc décidé d’arrêter le travail quelques jours. Quelles sont les raisons de leur colère et comment les aider à assumer un service essentiel au public ?

Travailler jusqu’à 16h mais n'être payé que jusque 14h, des cadences infernales, des tendinites, des maux de dos, du stress et des burn-out : voilà le quotidien des postiers.

La meilleure manière de diminuer la pression au travail, c'est engager 1 500 personnes

Nuit et jour, par tous les temps, ils travaillent dur pour que notre courrier soit acheminé dans les délais. Et pourtant, selon le CEO de bpost, Koen Van Gerven, « les postiers doivent sortir de leur zone de confort ». Pour le PTB, au contraire, la colère des postiers est légitime. Concrètement, le parti de gauche propose d'engager 1 500 personnes à durée indéterminée et à temps plein pour répondre aux besoins des postiers. C’est la meilleure manière de diminuer la pression au travail, le stress et les maladies, tout en améliorant la qualité du service aux usagers.

Travailler plus pour… travailler plus

« Travailler jusqu’à 16h mais être payé jusqu’à 14h, travailler jusqu’à 17h mais être payé toujours jusque 14h, voilà mon quotidien », explique Jawad, facteur à Bruxelles. « On ne prend jamais de pause, on n’en a pas le temps. Il n'est d'ailleurs pas rare que de jeunes postiers finissent carrément à 20h, totalement épuisés, car ils n'osent pas rentrer avec le trop plein de lettres, de peur de se faire engueuler. »

« Plein de collègues se plaignent de douleurs au dos, de tendinites et de toutes sortes de problèmes »

« Plein de collègues se plaignent de douleurs au dos, de tendinites et de toutes sortes de problèmes parce que le travail doit aller plus vite, plus vite, plus vite », raconte Josiane, qui travaille chaque nuit dans un centre de tri du Hainaut. « La direction a trouvé tous les moyens possibles et imaginables pour pouvoir nous rajouter du travail. »

« Quand on se plaint, nos supérieurs nous menacent : “tu n’auras pas tes congés si tu continues”… », témoigne Hassan, guichetier dans un bureau de poste en Flandre.

Voilà le quotidien de celles et ceux qui font que, chaque jour, notre courrier est acheminé dans toute la Belgique. Or, le CEO de bpost, Koen Van Gerven, a osé déclarer que « les postiers doivent sortir de leur zone de confort ». Il faut oser quand on a gagné 848 843 euros l’année passée, dont 262 866 euros pour les « bons résultats de l’entreprise », c’est-à-dire le travail des postiers… Un travail qui a par ailleurs rapporté 262 millions aux actionnaires en 2017.

Engager 1 500 postiers et revaloriser les salaires

Le nombre de postiers est passé de 32 571 équivalents temps-plein en 2007 à 25 323 aujourd’hui : 7 248 en moins en 11 ans. Dans ces conditions, le travail devient infaisable. Le personnel ne peut pas prendre ses congés et les facteurs se retrouvent tous les jours à devoir faire une ou deux heures supplémentaires sans être payés pour finir leur tournée. Une seule mesure à prendre d’urgence : engager de nouveaux postiers.

La direction de bpost sait d’ailleurs qu’elle ne peut pas continuer dans la même direction. L’an dernier, 1 650 emplois supplémentaires ont ainsi dû être créés pour donner une bouffée d’air aux travailleurs. Le PTB veut aller plus loin et augmenter de 1 500 le nombre de postiers. C’est parfaitement finançable en diminuant un peu les dividendes des actionnaires.

Par ailleurs, le PTB veut garantir aux postiers de meilleurs salaires. Les postiers engagés après 2010 ont un statut spécial (DA, détachés auxiliaires) et gagnent seulement 1 400 euros nets par mois à temps-plein. Un salaire indécent par rapport au travail qu’ils fournissent. Il y a également de plus en plus d’intérimaires. Le PTB demande que l’on étudie la question d’une revalorisation générale des salaires chez bpost.

Amazon ou poste publique 2.0 ?

Le but de big boss de bpost est de transformer notre poste publique en boîte privée du style Amazon.

Koen Van Gerven, le big boss de bpost, veut continuer la destruction de tout l’héritage de notre poste publique. Délocalisation de l’informatique, licenciements dans les call-centers, sous-traitance du nettoyage et des cantines, création d’un statut de facteur low-cost, engagement de centaines d’intérimaires... Toutes ces mesures, initiées et soutenues par tous les partis traditionnels, ont un lien : c’est la libéralisation du secteur et le projet de transformer notre poste publique en boîte privée, où seul le profit compte, sur le modèle d’Amazon.

Le PTB a une tout autre vision de ce que devrait être une vraie poste publique. Une poste avec de vrais facteurs de quartier, qui connaîtraient les habitants et auraient du temps pour faire convenablement leur travail, pour rendre un petit service, comme c’était le cas avant. Une poste accessible, avec du personnel en suffisance, qui offrirait dans chaque commune des services de qualité pour le courrier, les colis, la banque. Une poste où l’on irait de l’avant, avec plus de bureaux, plus de boîtes aux lettres, et, pourquoi pas, des nouveautés, comme une compte email gratuit pour chaque citoyen ou un service de livraison des objets perdus. Une poste dont la continuité du service serait garantie par l’État, pour la protéger des diktats du monde financier. Bref, une vraie poste publique, au service des gens et non du profit.

 

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Commentaires

oui s et sur faut engager des nouveaux facteur , car ceux qui son la n en peuve plus les pauvre malheureux quand je vois il sont sur les routes pour distribuer le courrier , les colis et tous cela par tous les temps qu il pleuve , neige , vergla , soleil , toujours la , mon sa bpost ma en rien a foutre lui s et argent argent argent mais de set pauvre facteur il s en foute le jour ou il son malade il les critique encore , mais le direction elle et bien dans son fauteuille lui alors je dit faut engager et assez de profit bpost donner un bon salaire et enga
le problème le plus important est ailleurs même si la surcharge de travail est importante, le risque de perte de milliers d'emplois avec le J+1 J+2 J+3 est le principal souci pour l'avenir des facteurs et des autres fonctions entourant cette distribution .
Je rejoins Soupart J'ai subi plusieurs manquements postaux au cours de ces derniers mois : courrier perdu, courrier distribué à la mauvaise adresse, réception d'un courrier dégradé,... J'ai fini par adresser une réclamation à Bpost: je m'en suis ouvertement pris à la direction et non aux travailleurs en pointant la gestion très libérale et capitaliste du service postal. Dans ma plainte j'enjoignais la direction à offrir de meilleures conditions de travail aux postiers et d'engager plus de personnel. En guise de réponse, j'ai reçu deux timbres... :(  Gardons à l'esprit ces mots de Marc Moulin dans "La surenchère », ouvrage paru en 1997  : « Pour ce qui concerne les privatisations absurdes et irresponsables du patrimoine et des services publics, la littérature commence à être abondante et unanime. L'avenir jugera de cette fièvre qui n'aura tenu ses promesses ni en termes de service aux citoyens, ni en termes d'amélioration de la rentabilité de ces entreprises, ni en termes de jeu salutaire de la saine concurrence ni même - le comble-en termes d'un vrai retour financier pour les États. »
Courage à tous nos collègues, peu importe le secteur où vous travaillez, on ne lache rien! Battons nous jusqu’au bout! Montrons leur qui nous sommes! Signé par un facteur bruxellois.