Axel Bernard, Schaerbeek (Photo Solidaire)

Élections 1 an après : Axel Bernard, Schaerbeek

En octobre 2012, le PTB réalisait un score historique aux élections communales, passant de 16 à 52 élus. A Bruxelles et en Wallonie, les élus prêtaient serment il y a un an tout juste. Retour sur une année de combats dans les conseils communaux et, surtout, dans la rue. Ou comment faire de la politique autrement. « Rue-Conseil-rue », tel est le principe de base des conseillers communaux PTB. Ils se mobilisent avec les habitants de la commune (d’un quartier, d’une rue...) pour porter leurs questions, thèmes et revendications au conseil communal. Et ils reviennent ensuite vers les habitants pour communiquer les résultats, rendre compte de la situation et repartir à l’action. Petit tour d’horizon de certains élus des communes wallonnes et bruxelloises.

Axel Bernard, Schaerbeek

«  Il y a une urgence sociale à tous les niveaux à Schaebeek. Un exemple : la Mission locale pour l’emploi, qui aide les sans-emplois dans leur recherche de boulot, a été contrainte de fermer son accueil pendant un mois et demi. C’est un drame quand on connaît la réalité du chômage à Bruxelles. Mais un rendez-vous avant 6 semaines devenait impossible tellement le service est surchargé... 
    Pourtant, au lieu de répondre à cette urgence sociale en renforçant les services sociaux, la commune fait payer cher, très cher, la population. A Schaerbeek, le budget 2013 a été dur, avec des mesures d’austérité en tout genre. La colère a explosé sur les frais de garderie des enfants des écoles communales qui ont augmenté jusqu’à 66 % à la rentrée. En plus, les parents n’avaient le choix qu’entre des forfaits qui n’étaient absolument pas adaptés à la vie d’aujourd’hui (garde alternée, horaires flexibles, …). Dès la rentrée scolaire, j’ai reçu des appels, des mails de parents qui n’arrivaient pas à payer ces montants. Une maman devait même stopper la formation qu’elle suivait avec le chômage car elle ne savait plus payer les garderies. Les parents sont venus en masse au conseil communal de septembre et d’octobre. Ils étaient furieux. Le PTB n’acceptera aucune mesure d’austérité touchant la population. Il y a suffisamment de richesses produites en Belgique pour qu’on épargne ceux qui ont déjà tant de difficultés à joindre les deux bouts.
    Depuis les élections communales, nous avons pris le temps de lancer quatre nouveaux groupes de base dans différents quartiers. Avec un but : être le syndicat des habitants. Pour nous, il n’y a pas de petits problèmes. Nous avons fait circuler une pétition pour des ralentisseurs dans une rue suite à l’accident mortel d’un des habitants causé par un automobiliste roulant trop vite. Cela a contraint la commune à installer un casse-vitesse. Cette petite victoire a marqué les esprits : ensemble, il y a moyen de changer les choses. Chacun de nos groupes de quartiers a mené son action “locale” : pétition pour un passage piétons, contre la fermeture d’une agence bancaire… Avec toujours la même logique : informer et mobiliser les habitants.
    Sans oublier la solidarité internationale. On prépare un projet de jumelage entre Schaerbeek et Battir, un village palestinien menacé par la construction du mur israélien de séparation.
    Nous avons aussi été actifs sur les Sanctions administratives communales (SAC). En juin, une Schaerbeekoise risquait une SAC pour avoir placé des plantes vertes devant sa maison. J’ai installé un pot de fleurs devant chez moi avec une pancarte : “Ceci est un acte de désobéissance civile”. Et appelé les citoyens à faire de même. Cela permettait de dénoncer l’arbitraire qui découle des SAC tout en fleurissant notre commune. Sous notre pression toujours, la majorité a aussi décidé de ne pas abaisser l’âge minimum pour recevoir une SAC (de 16 à 14 ans). »

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