Photo Nations unies/Flickr

Dix années cruciales : pourquoi il faut agir maintenant pour le climat

L'humanité est confrontée à un défi sans précédent. Les dix prochaines années seront cruciales pour notre climat. Il est encore possible d'agir. Mais il faut une révolution rapide et profonde dans tous les secteurs. Et donc aussi... du courage politique.

En ce moment, la terre s’est déjà réchauffée d’un degré, et les conséquences se font sentir partout dans le monde. Donc, chez nous aussi. Encore un demi-degré ou un degré en plus, et les répercussions seront terribles, nous prédisent les scientifiques du GIEC. Les conditions météorologiques – sécheresses ou inondations – seront plus sévères avec 2 °C qu’avec 1,5 °C. Plus d’espèces animales et végétales mourront. Le niveau de la mer montera plus rapidement et plus haut, de sorte qu’environ 10 millions de personnes en subiront les conséquences.

On n’a plus le temps de tergiverser. Si nous ne faisons pas plus d’ici 2030, nous ne pourrons plus jamais redresser la barre après, explique le rapport du GIEC.

Des centaines de millions d’humains pourraient être épargnés par la pauvreté, la famine et la maladie si nous nous en tenions à 1,5 °C. Le rapport apporte des munitions aux activistes du climat et aux citoyens soucieux de tous les pays pour réclamer de plus grandes ambitions chez les décideurs politiques. Car, après des arguments clairs sur le pourquoi, vient le message concret : c’est faisable. Les scientifiques ont élaboré plusieurs scénarios pour nous mettre en mesure de limiter la hausse de température à 1,5 °C. Ce ne sera pas facile. Au contraire. La rapidité et la grandeur d’échelle à laquelle le changement va devoir se produire sont sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Un bouleversement rapide est nécessaire et ce, dans tous les secteurs. Une (r) évolution dans l’énergie, la gestion du territoire, les bâtiments, les transports et l’industrie.

Dix années cruciales

On n’a plus le temps de tergiverser. Là où le moment de neutralité climatique pour 2 °C se situe autour de 2075, nous devons absolument arriver à 1,5 °C en 2050. Pour les pays industrialisés – qui, en 1992 déjà, promettaient de prendre les devants dans la lutte contre le réchauffement climatique – c’est donc très rapide. L’échéance est à nos portes, les dix années à venir seront cruciales. Et les scientifiques du GIEC répètent ce qu’ils disent depuis tant d’années déjà : plus nous attendrons, plus le prix à payer sera lourd.

L’accord de Paris règle la diminution des émissions jusqu’en 2030. Mais si nous ne faisons pas plus d’ici 2030, nous ne pourrons plus jamais redresser la barre après, explique le rapport du GIEC.

Nous nous trouvons face à un énorme défi, sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Un rapport scientifique qui nous explique que nous pouvons effectivement combler le fossé entre la parole et les actes vient de sortir. Mais il faut du courage politique. Le courage de regarder plus loin que les prochaines élections. Le courage de rompre avec la logique à court terme du profit qui domine dans notre économie. Le courage d’élaborer un plan à long terme en vue d’atteindre notre but, de prendre en main les leviers et de prévoir les investissements nécessaires.  La réaction du climatologue belge de renommée mondiale et ancien vice-président du GIEC, Jean-Pascal van Ypersele, résume bien les choses : « Nous avons besoin d’une révolution. »

Claim the Climate

Le dimanche 2 décembre, premier jour de la nouvelle conférence internationale sur le climat (COP24), la Coalition pour le climat et Climate Express organisent à Bruxelles une marche pour le climat sous la devise « Claim the Climate ! » Leur appel est clair : « Trois ans après la signature de l’accord de Paris, les belles promesses doivent encore être transformées en actes. En Belgique, une absence de volonté politique et d’énergie fait que, depuis quelques années, nos rejets ont même augmenté ! Nous devons donc passer à la vitesse supérieure et de plus en plus de gens doivent donc le faire entendre. Un groupe croissant de citoyens réclament plus d’air propre, plus de pistes cyclables, moins de déforestation, moins de plastique dans nos océans, davantage d’énergie renouvelable, de solidarité internationale, bref, davantage d’efficience politique en faveur du climat. » Plus de renseignements sur www.claimtheclimate.be

Article publié dans le magazine Solidaire de novembre - décembre 2018Abonnement.

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