Pascal Vergriete, maire de Dunkerque : " Nous voulons casser la logique du tout-voiture."

Des transports en commun gratuits, ça marche !

auteur: 

Dirk Tuypens

« Rendons les transports en commun gratuits. » C'est ce que le PTB propose dans plusieurs villes. « Impossible ! », crient en chœur les autres partis. Ah oui ? Dans la ville française de Dunkerque, les transports publics sont entièrement gratuits à partir du 1er septembre. Avec succès.

Dunkerque compte 200 000 habitants. En 2015, la Ville avait instauré la gratuité des transports en commun durant le week-end. Et ça a très, très bien marché. Le samedi, le nombre d'usagers a augmenté de 30%, et le dimanche, même de 80%. Et depuis le 1er septembre de cette année, les transports en commun sont devenus entièrement gratuits à Dunkerque, tous les jours de la semaine. En France, c'est désormais une trentaine de villes qui offrent des transports publics gratuits.

À Dunkerque, le réseau des transports publics a également été étendu. La Ville a acheté 40 nouveaux bus qui viennent ainsi s'ajouter à la centaine de ceux déjà en service. Les lignes ont aussi été repensées, la fréquence a été améliorée et davantage d'arrêts ont été créés.

Mesure sociale

Le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, avait promis pendant la campagne de rendre gratuits les transports en commun. Pour lui, il s'agit avant tout d'une mesure sociale : « À Dunkerque, c’est 4,5 millions d’euros de pouvoir d’achat par an rendu à la population, explique-t-il dans une interview au journal français Le Parisien. C’est aussi un outil pour lutter contre l’exclusion, par la mobilité. Certains quartiers de Dunkerque, où une majorité de gens n’ont pas de voiture, étaient très mal desservis. Désormais, ces habitants vont avoir un accès gratuit et facile aux bassins d’emplois, aux équipements sportifs ou culturels… Enfin, c’est une mesure environnementale. Au-delà de la pollution de l’air, la voiture, c’est un encombrement de l’espace urbain, à tous les niveaux. Nous voulons casser la logique du tout-voiture. »

Les opposants à cette mesure soutiennent que la gratuité des transports publics gratuits va mener à des dégradations et à l'insécurité. Selon Vergriete, c’est là une idée fausse. « Nulle part, cette mesure ne s’est traduite par une augmentation des incivilités ou de l’insécurité, constate-t-il. C’est tout l’inverse. Depuis 2015, le bus est gratuit les week-ends à Dunkerque ; on a 80 % d’affluence en plus les dimanches, et 60 % d’incivilités en moins. Il y a plus de monde dans les bus, le contrôle social est donc plus fort, et le sentiment de sécurité, plus important. »  

Qu'attendons-nous ?

La gratuité des transports en commun est un choix, et Dunkerque montre que celui-ci est tout à fait réaliste. La ville du Nord de la France n'est d'ailleurs pas la seule à avoir opté pour cette politique. « En Europe, 56 villes appliquent déjà cette gratuité, précise Peter Mertens, le président du PTB. Des transports publics gratuits offrent une solution à l'encombrement des villes et améliorent la qualité de l'air. Qu'attendons-nous ? »

Des transports publics gratuits offrent aux gens une véritable alternative à la voiture. Cela améliore fortement la qualité de l'air tout comme la qualité de vie dans la ville. On ne passe plus des heures dans les embouteillages, le pouvoir d'achat augmente et cela a un impact bénéfique sur l'économie locale.

 

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