À l’heure où le conflit de Ryanair montrent qu’on aurait besoin de plus de liberté syndicales, qu’on aurait besoin que le droit de grève soit mieux respecté, le gouvernement cherche à le casser. (Photo Solidaire, Pauline Boninsegna)

Comment le gouvernement prépare son offensive sur les contre-pouvoirs qui le gênent

Le gouvernement cherche à rendre inoffensifs ceux et celles qui font entendre une voix de contestation. Comment ? En cassant le contre-pouvoir que représentent les syndicats et les mutuelles. Les partis de la majorité prévoient déjà une large attaque dans ce domaine après les prochaines élections. Mais il prépare dès aujourd’hui la bataille idéologique.

« Comment la majorité veut déshabiller les syndicats », titre Le Soir du 8 août. En effet, les partis du gouvernement préparent le terrain pour, s’ils gagnent les élections de 2019, relancer une attaque contre les contre-pouvoirs.

Une députée de la N-VA explique : « Si les allocations de chômage ne sont pas encore limitée dans le temps, c’est à cause des syndicats ». Le gouvernement accuse les syndicats et mutuelles : « Certaines mutuelles et syndicats sont les acteurs d’un détournement de leur objet social et démocratique, au profit d’une propagande politicienne, militante et partisane. »

Les organisations syndicales et les mutuelles se sont construites comme contre-pouvoirs du monde du travail face au monde patronal et aux gouvernements

Cette citation en provenance des milieux gouvernementaux montre comme nos ministres ne veulent pas d’une société démocratique. Car, bien entendu, les organisations syndicales et les mutuelles sont des organisations qui prennent parti, des organisations avec un projet politique, et oui elles sont militantes. Parfois peut-être même pas assez.

Les syndicats et les mutuelles sont des organisations construites par les travailleurs pour organiser la solidarité entre travailleurs contre le capitalisme qui veut en permanence organiser la concurrence entre eux. Logique. Quand les travailleurs se font concurrence, ils sont faibles. Quand ils sont unis, ils sont plus forts. Les organisations syndicales et les mutuelles se sont construites comme contre-pouvoirs du monde du travail face au monde patronal et aux gouvernements. Elles se sont construites comme contre-pouvoir unitaire, national. Avec la sécurité sociale, elles sont un barrage à la division du pays. Une pierre dans la chaussure des forces nationalistes. Et ce sont ces contre-pouvoir que le gouvernement veut casser aujourd’hui.

4 attaques contre les syndicats

  1. Le gouvernement veut que les syndicats ne paient plus les allocations de chômage et de maladie. Pourtant, les caisses de chômage et les caisses de maladie ont été fondées par les travailleurs eux-mêmes à travers leurs syndicats et leurs mutuelles. Pas par les gouvernements. La sécurité sociale appartient aux travailleurs. La sécurité sociale, c’est leur salaire qu’ils mettent dans une caisse commune pour faire face aux différentes périodes de la vie : allocations familiales, allocations de maladie, allocation de chômage, les allocations de pension…
  2. Le gouvernement veut contrôler les finances des syndicats et en particulier connaître le montant de la caisse de grève. C’est une vieille revendication des organisations patronales. Le but est de pouvoir plus facilement mettre la main sur la caisse qui permet aux travailleurs de mener des conflits sociaux. Le but est de connaître les armes que les travailleurs ont entre les mains pour mener la lutte.
  3. Le gouvernement voudrait donner ce qu’on appelle « une personnalité juridique » aux syndicats. Pourquoi ? Pour pouvoir les poursuivre « en cas de grèves inconsidérées » ou cas d’incidents lors des manifestations. Aujourd’hui, on ne peut poursuivre que les auteurs des faits et pas les syndicats en tant que tel. Et c’est bien logique car, si c’était le cas, pour chaque incident ou provocation, on pourrait faire porter le chapeau aux organisations syndicales. Et c’est ce que le gouvernement et le patronat veulent faire : pouvoir menacer en permanence les organisations syndicales de poursuite judiciaire et limiter ainsi l’action sociale.
  4. Et, finalement, le gouvernement veut limiter le droit de grève. À l’heure où le conflit de Ryanair montrent qu’on aurait besoin de plus de liberté syndicales, qu’on aurait besoin que le droit de grève soit mieux respecté, le gouvernement cherche à le casser.

Alors oui, les syndicats et les mutuelles ne sont pas parfaits. Il y a certainement des choses à améliorer dans leur fonctionnement. Et les partis du gouvernement vont utiliser chaque faiblesse (parfois) réelle ou (souvent) inventée pour mener une campagne contre nos syndicats et nos mutuelles. Mais ne tombons pas dans le panneau. Le fonctionnement de nos syndicats et de nos mutuelles ne regardent pas le gouvernement. Ce sont les organisations des travailleurs. Et ce sont donc aux travailleurs membres de ces organisations de mener les débats nécessaires pour améliorer les organisations syndicales et les mutuelles. Toute ingérence du gouvernement ne mènera à aucune amélioration mais bien à la casse des deux plus importants contre-pouvoirs actuels.

  • Pour concrétiser le mot « contre-pouvoir », et comprendre ce que le gouvernement veut casser, rendez-vous le 2 octobre dans les différentes grandes villes du pays pour une journée nationale d’action pour les pensions à l’appel des organisations syndicales.
  • Pour mieux comprendre où veut en arriver le gouvernement en matière de limitation du droit de grève, il est intéressant de comprendre la logique derrière la récente condamnation du président de la FGTB-Anvers. À lire ici.

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Commentaires

chose et sur s et ce gouvernement et occuper a ruiner notre pays sa s et sur , il fera tous pour nous enlever nos acquis , et nous faire retourner 30ans en arrière car pour eux on les pauvre on trop d argent encore , a l heure actuelle le peuple na plus son mot a dire , se gouvernement de voleur et escros en costume cravate fera tous pour y arriver et de détruire nos acquis et nous rendre plus pauvre encore , nous allons retourner au temps de germinal ( film ) croyer moi s et se qu il cherche , un vieux grand pére ma dit tu fiston dans quelque temps si on se laisse faire encore comme cela vous aurait plus rien , plus chomage , plus de mutuelle , et des salaire de misére et encore , tu vois on vas retourner a sabots cela a déjà commencer , et si tu veut qu il reste quelque chose faut pas attendre soit disant des manifestation , s et maintemant qu il faut agir , si les vieux revenez il dirait au armes , a l heure actuelle il se retourne dans leur tombe pour moi une seul chose banir a jamais le MR et openvld , seul chose tue se gouvernement de voleur