Le Premier ministre Michel et le président de la N-VA Bart De Wever prévoient d’aller chercher l’argent du côté des malades de longue durée, des chômeurs et des pensions des fonctionnaires. (Photo ID / Wouter Van Vooren)

Budget : le gouvernement prépare de nouvelles mesures qui « vont faire mal »

Le gouvernement a reporté les négociations sur le budget au mois d'août. Il veut prendre son temps pour opérer de nouvelles coupes de... 7 à 9 milliards d'euros. « Et cela va faire mal », entend-on déjà. Le gouvernement sait déjà que cela va susciter de la résistance et des actions.

Le gouvernement veut un budget en équilibre pour 2018. Cela signifie que le gouvernement va devoir prendre des mesures très lourdes. 3,6 milliards pour 2017 et 3,1 milliards pour 2018. « Sur papier, car tant la Commission européenne que la Banque Nationale ont des questions à propos de l’impact budgétaire de quelques mesures qui ont déjà été prises, comme le tax-shift. Selon ces institutions, le gouvernement doit dénicher non pas 7 petits milliards d’euros, mais 8, voire 9 milliards. »[1] En outre, il doit s’agir de mesures structurelles. Luc Coene, ancien gouverneur de la Banque Nationale, a dit à ce propos : « C’est fini de chipoter ici et là, si on veut atteindre l’équilibre budgétaire en 2018 (…) il faudra prendre des mesures structurelles et ça va faire mal. »[2] Le gouvernement veut faire de lourdes coupes budgétaires.

Maintenant ou jamais

Et il est bien déterminé à le faire. Il entend pour septembre « assainir » le budget de 2017 et celui de 2018. Le président de la N-VA Bart De Wever a déjà exprimé ses ambitions le 4 juin : « Je suis partisan de mettre déjà sur la table maintenant le gros des efforts pour 2017 et 2018. De sorte qu’on ne soit pas forcé de passer une fois de plus d’un contrôle à l’autre, afin de corriger des recettes décevantes. »[3] Tous les partis gouvernementaux, CD&V y compris, sont partants. En 2018, il y aura en effet les élections communales. Prendre des nouvelles mesures juste avant, en 2017, leur est 2018 est impossible, en raison de ces élections. C’est pourquoi ces mesures pour 2018 doivent être prises maintenant, en même temps que celles de 2017. « C’est maintenant ou jamais, si on veut effectivement avoir un budget structurellement en équilibre pour 2018. »[4]

Les économies sur la sécurité sociale ne sont pas un tabou

Économiser entre 7 et 9 milliards. Où le gouvernement va-t-il aller chercher cet argent ? Certainement pas chez les millionnaires. Le chef de la fraction N-VA est on ne peut plus catégorique : « Nous ne pouvons pas résoudre le problème budgétaire avec des nouvelles taxes (...) Nous devons économiser dans la sécurité sociale en continuant à rogner sur le nombre d’allocataires. Nous travaillerons plus longtemps, mais nous devrons également suivre de près les malades de longue durée. Je pense à ces personnes qui remplacent le système de la prépension par la maladie.  (...) Les pensions et les soins de santé sont deux postes à gros coût que nous devons contenir. Cela peut déjà avoir de l’effet à court terme. »[5] En d’autres termes, le gouvernement veut chercher ses économies du côté des malades de longue durée, des chômeurs et des pensions des fonctionnaires. La N-VA et l’Open VLD rêvent de limiter les allocations de chômage dans le temps.

Des mesures symboliques contre les riches

Pour susciter une apparence d’équité fiscale, le gouvernement entend prendre quelques mesures symboliques contre les riches, durant son conclave budgétaire. Il veut ainsi donner l’impression aux syndicats et au monde associatif social que « les efforts seront répartis de façon équilibrée ». Le gouvernement n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai sur ce plan. Lors du précédent budget, la taxe Caïman et celle sur la spéculation ont été introduites. Aujourd’hui, ces taxes rapportent si peu… que le ministre des Finances Van Overtveldt (N-VA) compte même les supprimer. 

L’impôt sur la fortune ou taxe des millionnaires est la seule taxe qui ne touche que le 1 % de la population, les millionnaires. Annuellement, cet impôt peut rapporter plus de 8 milliards. Ceux qui veulent la justice sociale doivent plaider pour l’introduction de cet impôt sur la fortune. 

Une nouvelle mobilisation sociale reste nécessaire

Ce gouvernement du 1 % est fermement décidé à poursuivre sa politique antisociale. Nul doute ne peut subsister à ce propos. Il sait que ses nouvelles mesures vont susciter de la résistance et des actions.

Actuellement, les syndicats sont déjà furieux en raison des propositions de flexibilisation du travail du ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V). Celles-ci ont déjà débouché sur la dernière manifestation du 24 mai en front commun syndical et aux actions et grèves de la FGTB le 24 juin. Et on n’en restera pas là. Le 29 septembre, une manifestation nationale est déjà prévue. De même que, le 7 octobre, une grève générale en front commun syndical. Pour désamorcer ce baril de poudre, les patrons proposent aujourd’hui, à titre provisoire, de ne pas continuer à traiter la Loi Peeters au niveau gouvernemental et de d’abord plancher sur les mesures de flexibilités dans les secteurs. De la sorte, les patrons espèrent que les syndicats annuleront aujourd’hui leur manifestation de septembre et leur grève d’octobre. Kris Peeters pense dans la même direction. En échange de négociations dans les secteurs, il exige la « paix sociale ».[6]

Les chamailleries sont une composante de la tactique pour briser la résistance

Il ne fait pas de doute qu’au cours des prochaines semaines, on va voir s’amplifier les bisbilles au sein de ce gouvernement. C’est toujours le cas lorsque des mesures sévères sont prises et que l’agitation sociale s’intensifie.

La CD&V se sert de ces chamailleries pour se profiler plus à gauche qu’il ne l’est en réalité. Il espère pouvoir ainsi faire avaler à certains syndicalistes qu’il est au gouvernement pour défendre le monde du travail et les moins favorisés. Mais, en essence, le CD&V soutient d’un bout à l’autre ce gouvernement et ses mesures. « Nous n’avons pas de problèmes avec les mesures qui ont été prises jusqu’à présent concernant la sécurité sociale », a insisté le député CD&V Eric Van Rompuy[7]. La Loi Peeters montre même que le CD&V est prêt à élaborer des mesures structurelles afin de flexibiliser plus encore le marché de l’emploi, tout en se rendant parfaitement compte que cela va considérablement faire empirer les conditions de travail.

En période de résistance sociale, les chamailleries servent à susciter le faux espoir que le CD&V va résoudre quelque chose et qu’il va tempérer certaines mesures. Le but est d’affaiblir et de saper la résistance sociale. Et, dès que la résistance sociale aura été affaiblie, les chamailleries disparaitront d’elles-mêmes et les mesures particulièrement douloureuses seront appliquées sans tarder. Telle est la réalité de la trajectoire de ce gouvernement depuis son entrée en fonction en octobre 2014. 

Les mouvements sociaux feraient mieux de ne pas tenir compte de ces querelles. Et de se concentrer plutôt sur l’organisation de la résistance contre les mesures antisociales du gouvernement.

Le budget de l’État doit être remis à l’Europe pour le 15 octobre

Un budget est une estimations des recettes et des dépenses de l’État pour l’année suivante. Ce budget implique des choix : Où va-t-on chercher de l’argent, où va-t-on en économiser et à quoi va-t-on en dépenser ? Les pays de l’Union européenne sont obligés de ficeler chaque année un budget pour l’année suivante. Le délai pour le dépôt du budget auprès de la Commission européenne est le 15 octobre. Pour l’Europe, le budget devra être en équilibre pour 2019.

 

Michel veut éviter le scénario de l’an dernier

L’an dernier, le gouvernement avait établi son budget en juillet. Le 23 juillet 2015, le gouvernement avait atteint un accord global sur le budget et le tax-shift. Il n’y avait plus que quelques « détails » à régler. Pendant et après les congés, il y avait eu pas mal de chamailleries à propos de ces « détails ». Finalement, il avait fallu attendre le 12 octobre pour que le Premier ministre Michel puisse proposer un accord définitif autour du budget. Le Premier ministre ne veut en aucun cas d’un remake de l’an dernier. D’où le report.

 

[1]                De Standaard, 8 juin 2016 (http://www.standaard.be/cnt/dmf20160607_02328696)

[2]                Le Soir, 8 juin 2016 (http://plus.lesoir.be/node/44592)

[3]                Het Laatste Nieuws, 4 juin 2016

[4]                De Standaard, 30 juin 2016 (http://www.standaard.be/cnt/dmf20160630_02364128)

[5]                De Standaard, 22 juin 2016. (http://www.standaard.be/cnt/dmf20160622_02352003)

[6]                RTBF (http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_ou-en-est-la-loi-peeters-sur-la-reforme-du-marche-du-travail?id=9346854)

[7]                De Standaard, 22 juin 2016. (http://www.standaard.be/cnt/dmf20160622_02352003)

[8]                De Standaard, 22 juni 2016. (http://www.standaard.be/cnt/dmf20160622_02352003)

 

 

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Commentaires

Je suis quasiment certain que suite à leurs politiques antisocial, dès gens vont se retrouver à la rue, sans rien dès SDF en train de dormir sous les ponts !!! Ce couple MR NVA auras des morts sur la conscience , car ils n'aurons plus de moyens d'existence !!! Ils faudrait cette fois ci frappé très fort contre cette droite antisocial et pros capitaliste, ne pas les laisser détruire une bonne partie de la populations !!! Courage camarades !!!!
quand va t on comprendre qu il faut se mobiliser tous ensemble , il et grand temps de faire quelque chose je plaint les gens qui vont revenir de vacance quand il vont voir les coupe faite par le gouvernement ,je crois qu il et temps et grand temps que le gens réalise que l on vas droit dans le mur , penser a nos grand parent et parent qui on suer sueur et sang pour avoir ce que nous avons encore aujourd ' hui en faite plus pour longtemps nous allons au devant des grave problème sa s et sur
Il y a une différence entre "il faut faire quelque chose" et "il faut faire faire quelque chose". Attendre n'est jamais une bonne idée, attendre que d'autres fassent est purement illusoire. L'Etat ne fera rien pour vous, les autres ne feront rien pour vous. Faites le!
Michel et Bart, cul et chemise. La photo est bien représentative, ils se frottent déjà les mains, en se disant : " On va encore les avoir " . Tant qu'à enfoncer le clou, enfonçons-le au plus profond et au plus vite. Il faut absolument contrer leurs manœuvres indécentes.
Frottez-vous bien les mains, chers politiques. L’Europe est entrain d'imploser. ...avant qu'elle n'explose. Et dites au revoir vos gros revenus faramineux et à votre gestion dictatoriale sur le peuple. On peut toujours rêver, mais cela ne saurait pas être pire que ce que l'on vit des mois avec vos attitudes de pilleurs de la finance.
Dans sa stratégie de division au sein de la population, le gouvernement essaie de faire croire au citoyen que les fraudeurs de la Sécurité sociale coûtent cher au pays. Ça leur permet de vider les caisses de la Sécurité sociale pendant que les gens s'interrogent (de moins en moins, je l'espère). Et ça leur permet aussi comme chaque année de résumer cette mesure en spécifiant qu'elle a moins rapporté que prévu. En "attendant", le mal est fait et le filet social largement griffé. Le dégoût politique est tel chez beaucoup de citoyens qu'ils le prennent comme une fatalité : "On le sait, ils vont s'en mettre plein les poches, comme d'hab. et on sera bon pour faire ceinture." Or, si on veut réparer le mal, indépendamment de la mise en place d'une taxe des grosses fortunes (pour laquelle je suis à 120%, bien sûr), il faudra "emprunter" pour se retrouver à un niveau de couverture sociale "viable". Et la spirale nous engloutira !
Et voilà, notre très cher ami Charles et ses accolites sont à nouveau à la recherche de milliards !!! Mais messieurs ne vous cassez pas la tête, pas besoin d'un chien de chasse, pensez à taxer correctement les millionnaires. Pas à doses homéopathiques par ici et par là, pas des semblants de taxe. C'est vraiment pas compliqué il suffit d'avoir la volonté politique de le faire, ce que manifestement, vous n'avez pas monsieur Michel. NOUS NE VOULONS PLUS ETRE LES DINDONS DE LA FARCE. Budget: la suédoise va devoir trouver 2,4 milliards Le rapport du comité de monitoring chiffre l’effort à 2,4 milliards pour maintenir le budget 2017 dans les clous, dont 1,3 milliard dès cette année pour ajuster le budget 2016. Quand il s’agit de budget, c’est toujours le même refrain : quelle sera l’ampleur de l’effort à réaliser ? Autrement dit : combien de centaines de millions, voire de milliards, le gouvernement fédéral va-t-il devoir « trouver » pour boucher le « trou » ? Comprenez : pour rester dans les clous, pour tenir la trajectoire budgétaire convenue avec l’Europe. Et la base de travail est toujours la même : c’est le rapport du comité de monitoring, auquel les hauts responsables des administrations fédérales mettaient la dernière main ce lundi, sous l’œil attentif des ministres du Budget et des Finances. Si la finalisation s’avérait un peu laborieuse, on a pu apprendre cependant les grands chiffres : pour maintenir le budget 2017 dans les clous, la suédoise va devoir trouver 2,4 milliards – dont 1,3 milliard dès cette année pour « ajuster » le budget 2016. Le gouvernement fédéral a donc un peu plus d’un mois pour étudier ces chiffres. En effet, l’ajustement budgétaire et la confection du budget 2017 ont été repoussés à la rentrée. Avec comme deadline la mi-octobre quand il faudra soumettre la copie à la Commission européenne. http://www.lesoir.be/1270225/article/economie/2016-07-18/budget-suedoise-va-devoir-trouver-24-milliards
Qu'attend-t-ont pour faire sauter ce gouvernement de m.... sérieux les chats font pas des chiens, facile quand ont est né avec une tettine en or dans la bouche et qu'ont a vécu toute sa vie dans les beaux quartiers de Wavre. Qu'il vienne à la place de l'un de nous et vive avec le peu qu'on a durant 2 mois il se rendra peut--être compte ce par quoi on passe. Le pire dans tout cela c'est qu'on nous oblige à voter (seul pays d'ailleurs où le vote est obligatoire) et qu'on ne tient même pas compte des votes et de l'avis du public. Lamentable!
Les 25 priorités du gouvernement Michel pour 2017 Le gouvernement fédéral a profité d'une mise au vert samedi dans le domaine de Val-Duchesse pour établir 25 priorités à réaliser en 2017. Les champs d'action sont divers: emploi, fiscalité, pensions, sécurité sociale, droit pénal, etc. Cette réunion a permis à l'équipe Michel de faire le bilan de ce qu'elle a réalisé depuis son entrée en fonction en octobre 2014 et de dégager des perspectives pour l'avenir. Les dirigeants du Bureau du Plan et de la Banque nationale sont venus apporter leur éclairage. "Nous sommes crédibles et déterminés à agir de manière forte. Les premiers résultats sont là mais nous restons sobres: nous savons qu'il nous reste des défis à relever", a déclaré le Premier ministre Charles Michel. Plusieurs chiffres sont jugés encourageants par le gouvernement: la consommation privée, le revenu disponible et le taux d'épargne des ménages sont en hausse depuis 2015 et le taux d'emploi augmente. "Nous implémentons un projet d'avenir", a affirmé M. Michel, insistant sur l'ampleur de la tâche déjà accomplie: pas de moins de 243 projets de loi en moins de deux ans. Parmi les chantiers mis en avant, figurent la réforme de l'impôt des sociétés, la modernisation du marché du travail -notamment l'annualisation du temps de travail- et la réforme de la loi de 1996 sur la compétitivité, la réforme du financement des hôpitaux et de la sécurité sociale, la mise en place du plan de transport 2017 de la SNCB, un nouveau Code pénal, la création de la direction surveillance et protection de la police, l'exécution de la vision stratégique de la Défense ou encore la campagne en vue d'obtenir un siège non-permanent au conseil de sécurité des Nations-Unies en 2019-2020. Alors là... ils sont très fort : "Nous sommes crédibles et déterminés à agir de manière forte..." Messieurs, quand allez-vous enfin comprendre que vous faites fausse route? Quand écouterez-vous le peuple QUI EN A RAZ LE BOL ? " Plusieurs chiffres sont jugés encourageants par le gouvernement: la consommation privée, le revenu disponible et le taux d'épargne des ménages sont en hausse depuis 2015 et le taux d'emploi augmente " Mais de quelle planète venez-vous pour affirmer cela. Le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer, tout augmente, le panier de la ménagère coûte de plus en plus cher. Le revenu disponible est en hausse depuis 2015.....laissez-moi rire ou plutôt pleurer. Le taux d'emploi augmente, peut-être, mais pour quels emplois, des emplois mi-temps, tiers temps, quelques heures.... Mais bon sang, vous jouez dans quelle pièce les gars, il faut revenir à la réalité, vous marchez au plafond, vous fumez quoi ? Vous êtes sous perfusion.....quel produit utilisez-vous? Je me pose vraiment des questions sur votre état de santé qui m'inquiète fortement. Nous, petites gens, avons de moins en moins d'argent et les fins de mois sont de plus en plus difficile. Le peu qu'on a réussi à épargner pendant sa carrière cela se réduit à peau de chagrin, bientôt il faudra payer les banques au lieu d'avoir un intérêt alors que c'est nous, les petits qui avons redressé les banques. Les jeunes n'ont pas d'avenir, les anciens se font crever au boulot. Bien sûr, tout cela est d'une logique implacable pour vous qui avez des salaires indécents plus vos cumuls d'autres fonctions. Vous êtes des supers man lorsqu'on voit vos fonctions cumulées. Monsieur Michel, vous avez 5 mandats rémunérés, cela veut dire 5 salaires et vous n'êtes pas honteux ? Monsieur Reynders même chose. Daniel Bacquelaine fait plus fort 8 mandats rémunérés....mais j'y pense, n'est-ce pas le ministre des pensions, il a donc 8 salaires et fait un massacre à la tronçonneuse auprès des pensionnés ....bravo bravo. Notre ami Bart 4 salaires. Willy Borsus 8 salaires. Marie-Christine Marghem 5 salaires. Sophie Wilmès 5 salaires etc....etc.....Tous dans la même soucoupe volante.