Photo Solidaire, Dieter Boone.

2000 personnes dans les rues de Bruxelles contre la venue de Donald Trump à Bruxelles

C'est sous un soleil radieux que 2000 personnes ont défilé ce samedi après-midi dans les rues de Bruxelles. Sous la bannière de « Trump Not Welcome : make peace great again », les manifestants issus des 70 organisations de la plateforme Trump Not Welcome ont profité du passage de Trump à Bruxelles pour envoyer un message clair au président américain et au gouvernement belge : « Pas d’argent pour la guerre ».

2 % de notre PIB pour la guerre ? Non merci !

Trump sera à Bruxelles la semaine prochaine à l’occasion du sommet de l’Otan, pour exiger des pays membres de l’organisation beaucoup plus d'investissements dans la défense. Les États-Unis veulent que tous les pays de l'Otan, donc aussi la Belgique, consacrent 2% de leur PIB à la défense. Aujourd'hui, en Belgique, c'est 0,9%. Le président des États-Unis a ainsi la semaine passée encore envoyé une lettre aux membres de l’Otan, et notamment à Charles Michel, pour leur demander de s’y tenir. Depuis des années, les gouvernements belges maintiennent cet engagement comme but à atteindre pour notre pays.

Les manifestants, issus des syndicats, des mouvements pour la paix, des ONG mais bien sûr aussi du PTB, qui est membre de la plateforme Trump Not Welcome, étaient très remontés par cette exigence de Trump.

« Avec le PTB, nous continuerons de nous mobiliser pour défendre une autre vision du monde, une vision de paix, solidaire, sociale et écologique »

« C'est dans ce cadre qu'il faut considérer l'achat par notre pays de 34 nouveaux avions de chasse, a dénoncé le porte-parole du PTB Raoul Hedebouw. Le gouvernement est prêt à dépenser 15 milliards d’euros pour acheter des avions de chasse, et, pendant ce temps, il n’y a pas d’argent pour les pensions, la lutte contre la pauvreté, une politique climatique ambitieuse… C’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui, pour clairement affirmer que Trump n’est pas le bienvenu, ni ceux qui veulent suivre sa politique ici en Europe et en Belgique. »

Le PTB demande à ne pas remplacer les F-16, d’autant que leur prolongement s’avère possible bien au-delà de ce que prétend le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA). Pour le PTB, la Belgique doit également refuser le quota de 2 % du PIB consacré à la guerre que demande Trump. « Cet argent doit être investi pour répondre aux besoins sociaux, pour lutter contre la pauvreté et financer de bonnes pensions pour tous, par exemple, plaide Raoul Hedebouw. Ou encore pour investir dans la transition vers l’énergie durable. »

Pour une politique de paix : Stop Otan

D’autant qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de choix budgétaires que fait notre gouvernement, mais aussi du genre de politique internationale que nous voulons avoir. « L’achat des F-35 de la multinationale américaine Lockheed Martin, pour lesquels la N-VA pousse à tout prix, a pour but d’être à la pointe de la technologie d’attaque, avec en plus la possibilité de porter des charges nucléaires, explique Raoul Hedebouw. Notre gouvernement veut donc pouvoir être en première ligne des interventions impérialistes de l’Otan. Après les désastres qu’ont été l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, il est temps d’arrêter cette politique d’interventions militaires. Celles-ci n’amènent que des crises humanitaires et allument des nouveaux foyers pour des groupes terroristes djihadistes, ce qui provoque à son tour des crises de réfugiés comme on l’a connue. Et on voit que Trump continue cette politique en se retirant de l’accord avec l’Iran, ou encore en validant la politique d’occupation d’Israël en déménageant l’ambassade américaine à Jérusalem. Le tout, alors qu’on continue à faire du business avec des pays comme l’Arabie Saoudite, qui financent le terrorisme et mènent une guerre d’agression terrible contre le Yemen. Quelle hypocrisie. »

Pour le PTB, il faut une autre politique internationale, orientée sur la négociation et la diplomatie. C’est pourquoi il faut remettre en cause le partenariat de la Belgique avec l’Otan.

Par ailleurs, Donald Trump a récemment encore fait parler de lui par l’inhumanité de la politique migratoire des États-Unis, où des enfants de réfugiés ont été enfermés dans des cages, séparés de leurs parents. Les nombreuses manifestations aux États-Unis ont fait faire reculer d’un pas Trump sur sa politique.

Les 2000 manifestants de ce samedi ont montré leur rejet de ce monde que Trump représente. Et ont plaidé pour un autre point de départ : un monde à la mesure des gens, un monde où nos différences et notre diversité sont des atouts, un monde sans menaces, sans guerres et sans armes nucléaires.

« Nous ne voulons pas du monde de Trump, où l’on enferme des enfants et où la guerre est utilisée à tout-va comme moyen de défendre les intérêts des multinationales, conclut Raoul Hedebouw. Et avec le PTB, nous continuerons de nous mobiliser pour défendre une autre vision du monde, une vision de paix, solidaire, sociale et écologique. »


 

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Commentaires

Bonjour, Non seulement notre gouvernement engraisse les fomentateurs de guerre, avec comme leitmotiv la "si vis pacem, para bellum". Mais en plus ils détricotent les services publics au service de la population ainsi " la protection civile, qui vit actuellement une réforme des plus implacable, orchestrée par un ministre N VA et sa clique de seides. Mais j' invite le PTB à s'intéresser aussi cette situation. Bien à Vous