L'Arizona démasqué | Le plan du gouvernement contre nos salaires
Les partis de l’Arizona promettaient que ceux qui travaillent seraient récompensés. Il y aurait davantage de salaire, moins d’impôts. “Werken moet lonen” : « Le travail doit payer. » Il s’agissait de récompenser celles et ceux qui se lèvent tôt. Et pourtant… derrière ces promesses se cachent des attaques structurelles contre les salaires et les droits des travailleurs. Sous le prétexte de la compétitivité et de la flexibilité, les mesures proposées visent à limiter, voire à réduire, les salaires, à affaiblir les conventions collectives et à isoler les travailleurs. Voici trois attaques que la coalition prépare contre les salaires des travailleurs.
1. Une partie des heures de nuit sans sursalaire : jusqu’à plus de 400 euros en moins par mois
2. Toujours plus d’heures supplémentaires… mais sans sursalaire
3. Le blocage des salaires prolongé jusqu’au moins 2027
Et les 500 euros net en plus de la réforme fiscale ? Non, c’est un mirage fiscal
Est-ce que l’indexation automatique des salaires est sauvée ? Pas certain après 2026
Le plan de l’Arizona pour nos salaires : les baisser, nous isoler, nous diviser
1. Une partie des heures de nuit sans sursalaire : jusqu’à plus de 400 euros en moins par mois
Extrait de l’accord de gouvernement Arizona :
« L’interdiction du travail de nuit est supprimée, ainsi que le jour de fermeture obligatoire prévu par la loi. »
Jusqu’à maintenant, le travail de nuit est interdit. Et s’il faut quand même travailler de nuit, il s’agit d’une exception dont les limites et les compensations salariales doivent être négociées entre le patron et les syndicats. L’Arizona veut inverser la logique et normaliser le travail de nuit. Et s’il devient normal, alors il ne sera plus question ni de limites, ni de primes, ni d’accords avec les syndicats.
Cette levée de l’interdiction s’applique à tous les secteurs, mais elle mettra du temps à se mettre en place car la résistance sera grande : personne ne veut perdre sa prime de nuit. Alors, le gouvernement prend les devants et cible plusieurs secteurs où il impose d’aller plus vite.
Extrait de l’accord de gouvernement Arizona :
« Pour redevenir compétitif par rapport à nos pays voisins dans le secteur de la distribution et des secteurs connexes (dont l’e-commerce,) le travail de nuit commence désormais à partir de minuit (24 heures) au lieu de la limite actuelle de 20 heures,sans perte de pouvoir d’achat pour le travailleur qui travaille déjà aujourd’hui entre 20h et 24h. Nous simplifions également les procédures. Les primes existantes pour les prestations de nuit, telles que définies dans les conventions collectives de travail (CCT) de divers secteurs et entreprises, continueront de s’appliquer. »
Dans le secteur de la distribution et les secteurs connexes, le gouvernement décrète que le travail de nuit débutera à minuit (au lieu de 20h actuellement). Chaque nouveau travailleur dans ces secteurs aura 4 heures de prime de nuit en moins par rapport à ses collègues. Combien de temps faudra-t-il pour que les patrons remplacent tous les « anciens » par des « nouveaux » qui coûtent moins cher ?
La CSC Alimentation & Services a calculé les pertes potentielles pour deux ouvriers du commerce alimentaire. En fonction du salaire et de l’ancienneté, un travailleur au salaire minimum du secteur perdrait 228 euros par mois alors qu’un travailleur avec un salaire plus élevé et plus d’ancienneté perdrait 434 euros par mois, soit 5 600 euros par an.
Celles et ceux qui travaillent dur, de nuit, au prix de leur santé… n’auront même plus de compensation pour les risques et la pénibilité qu’ils subissent.
La grande distribution veut forcer la baisse des primes du dimanche
Si l’Arizona n’a pas levé l’interdiction du travail du dimanche (contrairement à la levée de l’interdiction du travail de nuit), il est bien question de remettre en cause le jour de fermeture hebdomadaire obligatoire.
Le jour de fermeture hebdomadaire obligatoire oblige pour l’instant certains commerces de détail (magasins, supermarchés) à fermer un jour par semaine, en général le dimanche.
Depuis la déclaration du gouvernement, plusieurs enseignes de supermarché ont sauté sur l’occasion pour (notamment) forcer l’ouverture des magasins le dimanche et remettre en cause le montant des primes accordées pour le travail du dimanche.
Le 12 février 2025, Carrefour Belgium a réuni les syndicats pour évoquer une possible ouverture le dimanche des quarante-trois Carrefour Market, quarante hypermarchés et un Rob. Le 25 février, le groupe Colruyt a annoncé qu’il voulait que cent quarante-six magasins Okay emboîtent le pas et ouvrent le dimanche matin.
Si les magasins franchisés des deux enseignes, mais aussi de Delhaize, ouvraient déjà le dimanche – à grand renfort de flexi-jobs et de jobs étudiants –, l’accord de gouvernement crée une brèche dans le secteur de la grande distribution pour aller vers ce que le Setca nomme « une américanisation complète du marché du travail » où les magasins sont ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
8 heures de travail le dimanche avec une prime de 5 euros par heure représentent un gain supplémentaire de 160 euros par mois. La suppression de cette prime entraînerait une baisse de revenu pour des travailleurs déjà soumis à des horaires difficiles, sans compter l’impact sur la vie de famille (voir aussi le chapitre sur la dérégulation des conditions de travail).
2. Toujours plus d’heures supplémentaires… mais sans sursalaire
Extrait de l’accord de gouvernement Arizona :
« En ce qui concerne les heures supplémentaires volontaires, nous introduisons un système attractif de 360 heures supplémentaires volontaires sans motif, ou un repos compensatoire, qui est applicable sur le plan du droit du travail dans tous les secteurs. Pour 240 de ces heures supplémentaires compensatoires, il n’y a pas d’obligation de sursalaire et le brut équivaut au net, c’est-à-dire sans cotisation sociale ni impôt sur le revenu des personnes physiques. Cela se fait sur la base d’un accord écrit entre l’employé et l’employeur, accord qui peut être résilié à tout moment. »
L’Arizona veut que les patrons puissent exiger un maximum d’heures supplémentaires, en dépensant le moins possible. Les travailleurs qui vont s’échiner en heures supplémentaires ne gagneront pas davantage. Pourquoi ?
Car le gouvernement fait deux choses. D’abord, il veut mettre hors jeu les organisations syndicales qui contrôlent jusqu’à maintenant le recours aux heures supplémentaires, évitent les abus, vérifient le paiement des sursalaires, suggèrent d’embaucher un travailleur fixe supplémentaire plutôt que de faire faire des heures supplémentaires à tout le monde. Désormais, la question des heures supplémentaires est hors surveillance syndicale. C’est une affaire individuelle entre le patron et chaque travailleur.
Ensuite, l’Arizona ajoute des possibilités d’heures supplémentaires. Il y avait déjà 180 heures supplémentaires par an (avec la Loi Peeters décidée en 2017) – avec avantage fiscal pour le patron et moins de cotisations pour les travailleurs. S’ajouteraient désormais 360 nouvelles heures supplémentaires « volontaires », dont 240 seraient sans repos compensatoire ni sursalaire. En réalité, le patron débourserait la même chose que pour une heure de travail normale, mais le travailleur ne paierait ni cotisation sociale, ni impôt sur ces heures. Il recevrait donc davantage en net. Mais aucune de ces heures supplémentaires ne compte pour la pension, le pécule de vacances ou les allocations de maladie en cas d’arrêt de travail. C’est donc une double perte pour le travailleur : une diminution du salaire brut immédiate et une baisse des droits sociaux futurs.
Prenons l’exemple de Marie, coordinatrice de projet, dont la semaine de travail est de 40 heures. Aujourd'hui, si elle travaille 45 heures pour finaliser un projet, elle reçoit un sursalaire de 50 % ou un temps de récupération pour ses 5 heures supplémentaires. À l'avenir, son employeur lui fera signer un document pour les heures supplémentaires volontaires et elle n'aura plus droit à un sursalaire ni à un temps de récupération. En outre, ces 5 heures seront payées « nettes » et ne compteront plus pour sa pension.
3. Le blocage des salaires prolongé jusqu’au moins 2027
Extrait de l’accord de gouvernement Arizona :
« Nous maintenons le principe de la loi sur la norme salariale de 2017 afin que la compétitivité de nos entreprises à cet égard soit garantie à terme.
Nous demandons aux partenaires sociaux de préparer un avis sur la réforme de la loi sur les salaires (...) pour le 31/12/2026. Dans ce cadre, une attention suffisante sera accordée à la compétitivité de nos entrepreneurs et au pouvoir d’achat des travailleurs. »
Ces dernières années, les marges bénéficiaires des entreprises non financières belges ont explosé, passant de 36 % à 41 %. Des milliards d’euros ont glissé des salaires vers la poche des actionnaires. Cette situation découle en grande partie de la loi de blocage salarial. Pourtant, l’Arizona veut prolonger cette politique en maintenant la loi de 1996 (renforcée en 2017) sur la « norme salariale » qui empêche des négociations collectives de salaire par les syndicats. Malgré une pétition de 100 000 signatures et la condamnation de cette loi par l’Organisation internationale du travail, la coalition persiste à bloquer toute négociation libre, au grand plaisir de la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique).
À cause de cette loi, aucune augmentation réelle collective de salaire (au-delà de l’indexation) n’a pu être négociée en 2023-2024, même dans les secteurs qui font des bénéfices importants. On sait déjà qu’il n’y aura à nouveau aucune marge disponible pour les augmentations de salaire en 2025-2026.
Alors que :
- les entreprises belges cotées en bourse vont verser 6,4 milliards d’euros à leurs actionnaires en 20251 ;
- les travailleurs ont perdu 2,40 % de salaire réel sous le gouvernement Vivaldi ;
- les salaires augmentent actuellement plus vite dans les pays voisins (Allemagne, France, Pays-Bas)2.
Les travailleuses et travailleurs ont perdu en moyenne 3 859 euros de salaire réel au cours des quatre dernières années. La prolongation du blocage des salaires risquent de leur faire perdre de nouveau une somme importante.
Pour la période après 2026, l’Arizona demande aux patrons et aux syndicats de s’entendre sur une nouvelle version de la loi. L’Arizona ajoute que la nouvelle version de la loi devra inclure « une réforme de l’indexation automatique ». D’un côté, le patronat souhaite supprimer les mécanismes d’indexation automatique et de négociation interprofessionnelle. De l’autre, les organisations de travailleurs réclament le renforcement de ces mécanismes et la liberté de négocier des augmentations de salaire au-delà de l’index. En cas de désaccord, la loi actuelle, largement défavorable aux travailleurs, restera en vigueur ou sera modifiée sans l’accord des syndicats. L’accord du gouvernement stipule bien que « nous maintenons le principe de l’indexation automatique des salaires », mais maintenir le principe n’empêche pas de modifier son calcul ou sa composition.
Le patronat n’a donc aucun intérêt à négocier un compromis. Encore une fois, l’Arizona choisit le camp des actionnaires.
Et les 500 euros net en plus de la réforme fiscale ? Non, c’est un mirage fiscal
Il n’y aura pas 500 euros net par mois en plus. C’était une promesse de campagne. Et très vite, ceux qui l’avaient promis ont modifié leur discours en disant qu’il ne s’agissait pas d’augmenter de 500 euros les salaires, mais bien de creuser une différence de 500 euros entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. Et comme l’Arizona va diminuer les pensions et limiter les allocations de chômage dans le temps, cette différence va effectivement se creuser. Ce ne sont pas les salaires qui augmentent, ce sont les allocations qui diminuent.
Ensuite, le gouvernement prévoit une réforme fiscale (voir le chapitre sur la fiscalité) dont les premiers effets seront – peut-être – tangibles en 2029. Avec beaucoup d’hypothèses irréalistes, le gouvernement Arizona promet une augmentation du salaire net évaluée entre 70 et 100 euros par mois et par ménage (et donc pas par travailleur).
Mais l’essentiel de cette augmentation serait financée... par les travailleurs eux-mêmes. Ce n’est pas de l’argent que les entreprises prendraient sur leurs profits. Ce n’est pas de l’argent que l’État donnerait aux travailleurs. C’est de l’argent que nous donnons à l’État sous forme d’impôt, et qui sera désormais donné sous forme de salaire net.
En échange de cette hypothétique augmentation de salaire net, nous aurons moins de services publics et collectifs, et devrons donc payer davantage lorsqu’il faudra prendre le bus, le train, lorsqu’il faudra se soigner ou mettre les enfants à la crèche ou à l’école.
Est-ce que l’indexation automatique des salaires est sauvée ? Pas certain après 2026
Ce n’est pas clair. Dans les notes précédant l’accord du gouvernement, l’indexation automatique avait été plusieurs fois remises en question (tant sur le principe que sur la façon dont elle était calculée). Mais les mobilisations syndicales ont permis que le gouvernement ne touche pas à l’indexation automatique pour l’instant.
D’un côté, Vooruit affirme que « le principe de l’indexation automatique est sauvegardé » pour justifier sa participation au gouvernement Arizona. De l’autre, l’accord de gouvernement indique aussi qu’il est demandé « aux partenaires sociaux de préparer un avis sur la réforme de la loi sur les salaires et du système d’indexation automatique pour le 31/12/2026. Dans ce cadre, une attention suffisante sera accordée à la compétitivité de nos entrepreneurs et au pouvoir d’achat des travailleurs. Nous leur demandons d’examiner un nouveau point de référence qui tienne compte d’une définition plus large des coûts salariaux et prenne également en considération le handicap historiquement accumulé. »
A priori, l’indexation automatique des salaires telle que nous la connaissons aujourd’hui ne devrait pas être modifiée jusqu’au 31 décembre 2026. Mais il est peu probable que syndicats et patrons tombent d’accord sur une proposition de réforme dans le cadre fixé par le gouvernement. Le gouvernement prendra acte du désaccord entre syndicats et patrons et plusieurs scénarios sont alors possibles :
- le gouvernement tranche pour une réforme de l’indexation en faveur des patrons ;
- il y a bataille entre les partis du gouvernement et l’indexation automatique est utilisée par les partis les plus à droite de l’Arizona comme monnaie d’échange pour faire accepter de nouveaux projets antisociaux en échange du maintien de l’indexation automatique.
Pour l’instant, on ne sait donc pas dire ce qu’il adviendra de l’indexation. Mais plus la pression dans la rue est grande pour maintenir l’indexation, plus il sera difficile pour le gouvernement d’en modifier le contenu.
L’Arizona en guerre contre le salaire différé
- Regarder la vidéo : Pourquoi Georges-Louis Bouchez ne veut pas parler du salaire différé ?
Le salaire différé, c’est le salaire qu’on ne touche pas tout de suite, mais qu’on touche lorsqu’on ne travaille pas. C’est la pension, ce sont les allocations de chômage, les allocations en cas de maladie. Chaque mois, une partie de notre salaire brut à tous va automatiquement être mise dans la caisse de la sécurité sociale (c’est la caisse des salaires différés). Et lorsque nous en aurons besoin, nous bénéficierons de la pension ou d’indemnités. Et si on n’en a pas besoin, cela bénéficiera à d’autres. C’est un principe très fort de solidarité, mais qui permet aussi d’éviter une extrême pauvreté ou une forte criminalité comme aux États-Unis. On y a toutes et tous intérêt.
Mais le gouvernement veut assécher cette caisse. Il veut moins de solidarité, plus de chacun-pour-soi, plus d’individualisme.
C’est la raison pour laquelle l’Arizona refuse d’augmenter les salaires bruts, car ils alimenteraient la caisse. C’est aussi pour cela que les seules possibilités offertes par l’Arizona pour gagner davantage d’argent sont des possibilités défiscalisées.
Les heures supplémentaires ? Il n’y a pas de cotisations sociales dessus. Elles n’alimentent donc pas la caisse de sécurité sociale et n’entrent pas en ligne de compte lorsqu’on devra bénéficier d’allocations sociales pour maladie ou pour le calcul de la pension.
Les flexi-jobs ? Les cotisations sociales sont très faibles. Et ils n’ouvrent pas de droits non plus.
Les chèques-repas ? Même chose.
L’Arizona a l’obsession du salaire net. Du salaire poche. La combinaison du salaire net, du blocage des salaires, de travailler toujours plus et de n’avoir que des possibilités défiscalisées pour gagner davantage résume bien la vision du monde de l’Arizona : un monde individualiste où règne le chacun-pour-soi.
Le plan de l’Arizona pour nos salaires : les baisser, nous isoler, nous diviser
Si la coalition Arizona avait voulu augmenter les salaires, elle aurait assoupli la loi sur le blocage des salaires et permis de véritables négociations collectives pour des augmentations salariales. Mais elle a choisi le chemin inverse, en prenant des mesures qui favorisent directement le camp patronal de deux façons.
- La coalition Arizona crée le cadre pour supprimer les primes pour le travail de nuit, impose des heures supplémentaires non payées et maintient le blocage salarial. Avec l’Arizona, les augmentations de salaire disparaissent, et les travailleurs s’appauvrissent. Pour gagner plus, il faudra travailler davantage… souvent à travers des flexi-jobs précaires, mal payés et incertains, qui créent une concurrence déloyale avec ceux qui ont des contrats stables ou sont à temps partiel.
- Les mesures de l’Arizona visent à isoler les travailleurs. La force des travailleurs réside dans leur unité et leur pouvoir collectif. La mise hors jeu des syndicats dans le cadre du travail de nuit, des heures supplémentaires et de la négociation collective des salaires renforce le pouvoir du patronat et isole les travailleurs les uns des autres. L’Arizona veut pousser tout le monde dans le monde du chacun-pour-soi et de la compétition. Là où la sécurité sociale est une assurance collective à laquelle chacun est automatiquement inscrit, il y aurait maintenant des centaines de milliers de contrats d’assurance individuels, privés, plus chers et moins efficaces.
L’assurance collective a été construite par les travailleurs. L’assurance individuelle par les banquiers. Le choix de l’Arizona est clair. C’est pourquoi nous nous y opposons.
Alors oui, les travailleurs ont besoin de plus de salaire : plus de salaire net pour notre poche et plus de salaire différé pour nos services publics et notre sécurité sociale. Et ce n’est possible qu’à travers un rapport de force collectif, à travers de réelles augmentations de salaire (du net et du salaire différé) ou via une taxation des multimillionnaires.
Est-ce que le salaire minimum va augmenter grâce à l’Arizona ?
L’accord de gouvernement indique ceci :
« Nous augmentons les salaires minimums. Suite à l’accord-cadre conclu par les partenaires sociaux le 25 juin 2021 au sein du groupe des dix, le montant du RMMMG avec la CCT n° 43/15, conclue le 15 juillet 2021, sera augmenté à cette fin de 35 euros brut au 1er avril 2026, sans augmentation du coût salarial pour l’employeur. Une même étape supplémentaire sera franchie en 2028. Nous avons l’ambition de garder le salaire minimum parmi les plus élevés d’Europe. »
- Premièrement, ce n’est donc pas grâce à l’Arizona que le salaire minimum va augmenter de 35 € brut en 2026. Cela avait été convenu avant.
- Deuxièmement, l’augmentation du salaire minimum sera financée par la collectivité via des réductions de cotisations patronales. Donc l’augmentation du salaire minimum ne va rien coûter aux patrons.
- Troisièmement, le gouvernement Arizona ment lorsqu’il dit que nous avons un salaire minimum parmi les plus élevés d’Europe.
Le salaire minimum en Belgique est inférieur au salaire minimum en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg et même en Irlande. L’augmentation de 35 € en 2026 ne permettra pas de rattraper le salaire minimum de ces pays.
Pays | Salaire minimum brut |
Luxembourg | 2 637,79 |
Irlande | 2 281,50 |
Pays-Bas | 2 193,36 |
Allemagne | 2 161,00 |
Belgique | 2 111,89 |
Source : Eurostat
1. L’Echo Website 14/01/2025 « Les sociétés belges devraient distribuer 6,4 milliards d'euros de dividendes en 2025 »
2. L’Echo, 17/09/2024, p. 9, « Les salaires évoluent moins vite en Belgique »
La Libre Belgique, 26/10/2024, « L’écart du coût salarial entre la Belgique et les pays voisins est presque comblé »