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« Spiking » à Courtrai : mettons fin aux systèmes de viols organisés

Pendant des années, des dizaines de femmes ont été violées après avoir été droguées dans des cafés de Courtrai. Loin d’être des faits isolés, ces agressions extrêmement graves ont été préméditées, organisées, orchestrées par un véritable réseau. « Ce qui me révolte le plus, c’est le fossé entre la gravité de ce qui se passe et la légèreté avec laquelle c’est traité », dénonce notre députée à la Chambre Natalie Eggermont.

Vendredi 28 mars 2025

Des manifestantes derrière une banderole "Violences sexuelles. On vous croit"

« Imaginez : vous sortez avec des amies, vous buvez un ice tea à l’amaretto et tout à coup, les lumières s’éteignent, raconte Natalie Eggermont, elle-même originaire de Courtrai, lors d’une intervention à la Chambre. Vos amies vous cherchent partout, en vain. Et à 5 heures du matin, vous vous réveillez dans la rue, interpellée par la police, arrêtée pour ivresse publique, et vous finissez en cellule. C’est une histoire vraie. »

C’est ce qu’on appelle le « spiking » : une substance est administrée intentionnellement à une personne sans son consentement, dans le but de la rendre inconsciente pour abuser d’elle. Actuellement, on dénombre au moins 41 victimes dans une période allant de décembre 2021 à décembre 2024 dans le quartier le plus festif de Courtrai. Les témoignages vont tous dans le même sens : des jeunes femmes reçoivent une boisson au goût d’amaretto et, après un trou noir, se réveillent dans un lit à l’hôtel où chez elles sans le moindre souvenir, avec des douleurs et des saignements.

Ce qui me révolte le plus, c’est le fossé entre la gravité de ce qui se passe et la légèreté avec laquelle c’est traité. Parce que les victimes ne sont toujours pas prises au sérieux. Elles sont mal accueillies, traitées de manière inappropriée et injustifiée.

Natalie Eggermont

Députée à la Chambre

Une enquête avait été ouverte en mai dernier lorsque sept jeunes femmes avaient dénoncé des viols après une soirée dans un des bars de 'T Straatje. Quatre autres avaient fait de même en octobre. Quatre personnes avaient été interpellées avant d’être libérées. À l’heure actuelle, cinq hommes ont été interpellés, dont les exploitants de deux cafés de ‘T Straatje : « Patron » et « De Geverfde Vogel ». Il ne s’agit pas d’agressions isolées, mais d’un véritable système, dans lequel les viols sont organisés par des auteurs qui s’échangent leurs pratiques pour faire toujours plus de nouvelles victimes.

Une responsabilité politique

« Est-ce qu’on doit avoir peur en tant que maman ? se demande Natalie Eggermont. J’ai une fille. Et je me demande vraiment dans quel monde elle devra grandir. Ce qui me révolte le plus, c’est le fossé entre la gravité de ce qui se passe et la légèreté avec laquelle c’est traité. Parce que les victimes ne sont toujours pas prises au sérieux. Ces derniers mois, j’ai entendu témoignage après témoignage de filles, de femmes, qui vont porter plainte, qui demandent de l’aide, et qu’on renvoie chez elles. Elles sont mal accueillies, traitées de manière inappropriée et injustifiée. »

« Et quelle a été la réponse du monde politique ? » poursuit notre députée. « Aucune mesure supplémentaire n’est nécessaire », a déclaré le bourgmestre de Courtrai. Et la réponse du parquet ? « Les filles, prenez soin les unes des autres. » Encore aujourd’hui, on nous dit ici : « Prenez soin les unes des autres », comme si c’était leur responsabilité.

Les victimes doivent être protégées, écoutées et aidées. Les agresseurs doivent être poursuivis et punis. C’est une responsabilité politique. « Quand allez-vous enfin vous réveiller ? » conclut Natalie Eggermont à l’attention du gouvernement.