La loi sur l'IVG souffle 35 bougies, mais pas question de faire la fête. Sofie Merckx : « La lutte n'est pas encore terminée »
« Alors que chaque jour, au moins une femme doit encore traverser la frontière pour recourir à une IVG parce qu'elle est enceinte de plus de 12 semaines, le parlement est une fois de plus pris en otage par un accord de gouvernement qui ignore un consensus scientifique et nie les droits fondamentaux des femmes », affirme Sofie Merckx, notre cheffe de groupe à la Chambre.

Le 3 avril 1990, la loi sur l'IVG a été adoptée en Belgique. Cette avancée majeure pour le droit à l’autodétermination des femmes a été possible après des années de lutte du mouvement féministe et des soignants pratiquant les IVG. Mais aujourd'hui, 35 ans plus tard, le mouvement féministe et les soignants appellent à améliorer la législation adoptée à l'époque.
Chaque année, des centaines de femmes sont contraintes de se rendre aux Pays-Bas pour avorter
Cheffe de groupe PTB à la Chambre
« Chaque année, des centaines de femmes sont contraintes de se rendre aux Pays-Bas pour avorter parce qu'en Belgique, elles ne sont plus autorisées à prendre des décisions concernant leur propre corps au-delà de 12 semaines de grossesse, explique Sofie Merckx. Le coût d’une intervention aux Pays-Bas s'élève à 1 000 euros, voire plus. Ce n'est pas à la portée de tout le monde. »
Le délai de réflexion obligatoire de six jours imposé aux femmes est également à revoir, selon elle : « Une étude de l’Université d’Anvers montre que la grande majorité des femmes sont déjà sûres de leur décision d'interrompre la grossesse lors de la première consultation. Le délai de réflexion imposé aux femmes est une source de stress inutile, en plus d’être condescendant et stigmatisant. »
Une minorité conservatrice a réussi à prendre en otage les droits des femmes depuis des années. Laissons enfin le parlement voter et sortons ainsi de l'impasse
Cheffe de groupe PTB à la Chambre
Mais le gouvernement Arizona bloque tout progrès. « À nouveau, l'accord de gouvernement stipule que la législation ne peut être modifiée que si un consensus est trouvé au sein du gouvernement. Cela signifie un nouveau blocage, parce que le CD&V va camper sur ses positions », ajoute Sofie Merckx.
« Les scientifiques s'accordent à dire que le délai devrait être porté à 18 semaines et que le délai de réflexion devrait être supprimé, conclut-elle. De plus, cette demande bénéficie d’un large soutien dans la société et d’une majorité au parlement. Pourtant, une minorité conservatrice a réussi à prendre en otage les droits des femmes depuis des années. Laissons enfin le parlement voter et sortons ainsi de l'impasse. »