Emploi - Travail

Les ministres européens des Affaires sociales sont arrivés à un accord concernant un nouveau statut des travailleurs détachés. La Commissaire européenne pour l'Emploi et les Affaires sociales, Marianne Thyssen (CD&V) se félicite : ce futur accord est la preuve que les décideurs européens se préoccupent des travailleurs et que l'Europe sociale est en marche. Vraiment ?

La Belgique est dotée de bonnes lois contre les discriminations. Malheureusement, leur application laisse à désirer. Telle est la conclusion avancée par les experts en Commission parlementaire. « L’autorégulation contre la discrimination, ça ne marche pas, a défendu le député PTB Raoul Hedebouw à la Commission. Seuls des testings permettront de contrôler les entreprises et de les sanctionner si la discrimination est avérée. »

Lors de son discours du 10 octobre, le Premier ministre Charles Michel s'est vanté que « le nombre d’emplois temps plein a augmenté de 60 941 ». Faux, a démontré le service d'études du PTB. Mais, quand le député Raoul Hedebouw dénonce, le Premier ministre n'a qu'un mot à la bouche : « Populiste ! »

Dans la nuit du 25 au 26 juillet, le gouvernement Michel s’est mis d’accord sur une série de mesures, qu’il veut faire voter en octobre et novembre. Pense-t-il qu’elles passeront sans réaction ? Vu la gravité de ces mesures, plusieurs syndicalistes ont annoncé que l’automne serait socialement chaud.

Le 22 août, les travailleurs de Swissport Belgium à l’aéroport de Zaventem ont arrêté spontanément le travail. Il y a bien sûr eu des désagréments pour les passagers. Cependant, la trop grande charge de travail, des outils de travail peu sûrs, une trop grande flexibilité et des engagements non tenus de la direction ont poussé les bagagistes à agir. En tant qu’ancien travailleur chez Aviapartner, le concurrent de Swissport, je ne connais que trop bien cette situation.

Plus de flexi-jobs, de travail de nuit, réinstauration des périodes d’essai… voilà ce qui se cache en réalité derrière l’annonce du ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) qui « vise le plein emploi d’ici 2025 ». Pourtant, une étude universitaire vient jeter une – grosse – mouche dans son potage : « La récente politique en matière de marché du travail n’a pas bénéficié à la lutte contre la pauvreté. Sur certains points, elle est même devenue une lutte contre les pauvres », constate un des chercheurs.

Une récente étude du PTB a montré que le travail intérimaire était plus la norme que l’exception dans de nombreuses entreprises. Le député PTB Marco Van Hees a confronté le ministre du Travail Kris Peeters à ce sujet au Parlement le 6 juillet dernier. Voici son compte rendu.

Une étude du PTB le prouve : le travail intérimaire est devenu la règle pour de nombreuses grosses entreprises. Dans 10 entreprises, plus de la moitié des heures de travail sont prestées par des travailleurs intérimaires. Face à ces abus, le PTB présente un plan pour lutter contre l’intérim de masse.

Le travail intérimaire est sensé être une exception pour répondre à des imprévus temporaires d’une entreprise. Mais dans certaines grosses boîtes, il est pourtant devenu la règle. Le PTB a étudié le nombre d’intérimaires dans les entreprises employant plus de 250 équivalents temps-plein. Résultat : dans 10 entreprises, plus de la moitié des heures de travail sont prestées par des travailleurs intérimaires.

Raoul Hedebouw a été attaqué à l’arme blanche en marge de son discours du 1er mai à Liège. Les blessures sont légères et les motifs de l’agresseur sont encore inconnus. Raoul Hedebouw a néanmoins tenu son discours, en commençant par s’exclamer : « Il en faudra plus pour nous faire taire. » Peter Mertens, le président du PTB, qui s'est dit « profondément choqué » par cette agression, lui a transmis ses encouragements depuis Anvers, où il a tenu un discours sous le thème « Change the system ».

Pages