Finances - Fiscalité - Budget

« Depuis 2014, le gouvernement Michel a imposé 10 milliards d'efforts budgétaires à la population. Le trou budgétaire est pourtant resté inchangé. Où est passé l’argent ? », a interrogé Marco Van Hees ce jeudi 20 avril à la Chambre suite à la décision du gouvernement de reporter l'équilibre budgétaire de 2018 à 2019.

Le gouvernement fédéral est en place depuis octobre 2014. Il s'est distingué par des attaques particulièrement dures contre le monde du travail, tandis qu'il offrait des milliards d'euros au patronat avec des mesures comme le saut d'index ou les baisses de cotisations sociales du tax-shift. Quel est le bilan après un peu plus de deux ans ?

Depuis des mois, le député PTB Marco Van Hees participe à la commission spéciale Panama Papers. Mais, à partir du moment où la commission spéciale passait à la vitesse supérieure en se muant en commission d'enquête, les partis traditionnels voulaient l’en exclure. Heureusement, il a maintenu la pression et le PTB sera finalement bien dans la commission.

Le gouvernement Michel a imposé 9 milliards d'euros d'« efforts budgétaires » – lisez, d’austérité – sur les deux seules années 2015 et 2016. Mais le déficit n'a été diminué que d’environ 100 millions d’euros. Mais où est donc passé l'argent de l'austérité ?

Visuel d’Oxfam à l’appui, Marco Van Hees (PTB) expose à Charles Michel tous les arguments en faveur de la Taxe Tobin, cette taxe sur les transactions financières qui permettrait de lutter contre la spéculation.

L'inspection spéciale des impôts (ISI) a transmis une plainte aux parquets pour 61 546 dossiers de régularisation fiscale. Les montants en jeu sont énormes : 36 milliards d'euros de capitaux blanchis. Une grande partie risque cependant de subir un classement vertical en raison du grave manque de moyens humains de la Justice. Le PTB défend la mise sur pied d'une « Cellule spéciale 36 milliards » dédiée au suivi de cette plainte.

Le gouvernement prétend avoir mis à contribution le capital dans le budget 2017. En réalité, la seule mesure qui vise les grandes fortunes rapporte 31 millions d'euros sur un effort budgétaire total de 2,944 milliards. Soit une contribution de 1,1 %.

C’est à ceux qui ont peu que l’on prend beaucoup. Et à ceux qui ont beaucoup que l’on prend le moins... C’est « l’effet saint Marc » du budget. Il est incompréhensible que le CD&V ait cédé sur la fiscalité équitable et qu’il passe la facture aux jeunes, aux travailleurs, aux malades de longue durée et aux pensionnés. Ce ne sont pourtant pas les alternatives qui manquent, estime Peter Mertens, le président du PTB.

Raoul Hedebouw (PTB) sur le budget 2017: “Plutôt que de s'attaquer aux malades, aux salaires et aux pensions, c'est aux grandes fortunes qu'il fallait s'en prendre. Pas après-demain, mais aujourd'hui”.

« Pourquoi, lorsqu’il s’agit de faire payer les travailleurs, c’est toujours du non-symbolique – on augmente la TVA, on bloque les salaires… –, mais, quand il s’agit de faire payer les riches, il faut rester dans le symbole ? Appliquons une taxe rentable, comme la taxe des millionnaires ! », a lancé le député PTB Raoul Hedebouw ce mardi à la Chambre dans le débat sur le trou budgétaire.

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