Benjamin Pestieau

 

Lors de son discours à la Chambre ce 10 octobre, Charles Michel a beaucoup insisté sur les chiffres de création d’emploi, avec son désormais indispensable « jobs, jobs, jobs ». Mais apparemment, le Premier ministre ne sait pas lire un tableau de l’ONSS.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, tire à boulets rouges sur les nombreux syndicalistes qui veulent passer à l’action contre la énième vague d’austérité. Pourquoi tant de haine ?

Dans la nuit du 25 au 26 juillet, le gouvernement Michel s’est mis d’accord sur une série de mesures, qu’il veut faire voter en octobre et novembre. Pense-t-il qu’elles passeront sans réaction ? Vu la gravité de ces mesures, plusieurs syndicalistes ont annoncé que l’automne serait socialement chaud.

Une étude du PTB le prouve : le travail intérimaire est devenu la règle pour de nombreuses grosses entreprises. Dans 10 entreprises, plus de la moitié des heures de travail sont prestées par des travailleurs intérimaires. Face à ces abus, le PTB présente un plan pour lutter contre l’intérim de masse.

Le travail intérimaire est sensé être une exception pour répondre à des imprévus temporaires d’une entreprise. Mais dans certaines grosses boîtes, il est pourtant devenu la règle. Le PTB a étudié le nombre d’intérimaires dans les entreprises employant plus de 250 équivalents temps-plein. Résultat : dans 10 entreprises, plus de la moitié des heures de travail sont prestées par des travailleurs intérimaires.

Le nombre de travailleurs malades de longue durée explose. Ils sont 392 000. Un record. Le gouvernement a une responsabilité écrasante dans cette situation. Mais pour la N-VA, il faudrait permettre aux travailleurs malades de tester un autre employeur pour sortir du burn-out. Une équipe de la KU Leuven démonte pièce par pièce cette proposition. Loin des diversions des partis de droite, des pistes de solution existent.

Les Belges sont les seuls peuples d’Europe qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer. Le gouvernement veut continuer en s’attaquant aux augmentations barémiques des employés.

L’Institut syndical européen (ETUI) vient de sortir une étude sur les salaires. En Europe, la Belgique fait exception : le pouvoir d’achat est en baisse. Alors que les dividendes versés aux actionnaires battent des records…

Vous vous souvenez de la Loi Peeters ? Mais si, cette réforme du travail que le ministre de l’Emploi a tenté de faire passer durant l’été - et grâce à laquelle il voulait mettre fin à la semaine de 38 heures. Le projet de loi a été approuvé en octobre, mais le mouvement social a réussi à empêcher plusieurs mesures d’y figurer. Cela dit, ce qui reste du texte est toujours inacceptable. Ça tombe bien, car l’histoire n’est pas finie.

Kris Peeters a sorti en juillet dernier – au milieu des vacances – son avant-projet de loi sur le « travail faisable et maniable ». Concrètement, si ce projet passe, il transformera la semaine des 38 heures en une coquille vide.

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