Joris Van Gorp

 

Le Parlement va bientôt débattre du « projet de loi de Réforme du financement de la sécurité sociale » de la ministre Maggie De Block, un projet de loi qui porte atteinte aux fondements mêmes de notre sécurité sociale. Seule une plus grande justice fiscale peut assurer une base financière solide à la sécurité sociale afin de faire face aux besoins croissants de la population.

Ce vendredi 7 octobre, des grèves et actions ont été menées en front commun syndical dans tout le pays. Le mouvement a touché autant les entreprises privées que les services publics. De quoi envoyer un avertissement clair au gouvernement, qui doit trouver de quoi boucler son budget : l’argent, c’est au Bahamas qu’il se trouve, chez les millionnaires, et pas question d'encore le prendre dans la poche des travailleurs.

70 000 représentants des ouvriers, employés, fonctionnaires, enseignants, travailleurs du secteur socioculturel… ainsi que les organisations du monde associatif ont manifesté contre la politique du gouvernement. Cette manifestation montre que le gouvernement n’arrive pas à faire taire la contestation. Après deux années de cette politique gouvernementale, le mécontentement est toujours très fort dans la population.

Le gouvernement a reporté les négociations sur le budget au mois d'août. Il veut prendre son temps pour opérer de nouvelles coupes de... 7 à 9 milliards d'euros. « Et cela va faire mal », entend-on déjà. Le gouvernement sait déjà que cela va susciter de la résistance et des actions.

Le lundi 4 avril, les ministres recommençaient les discussions sur le budget, dont le trou s'élève à 2,3 milliards d’euros. Au menu, ô surprise, de nouvelles taxes, ainsi qu’un plan du ministre de l’Emploi Kris Peeters pour réformer (lisez : flexibiliser) le marché du travail. Mais aucune trace de mesures qui iraient chercher l’argent chez les millionnaires et dans leurs grosses entreprises.

Le PTB soutient la manifestation du 7 octobre. Ce gouvernement ne nous laisse pas d’autres choix. Il a profité des vacances d’été pour augmenter les taxes et faire passer une deuxième fois des économies qui touchent les travailleurs. Les super-riches et les grands fraudeurs restent à nouveau hors d’atteinte. Pourtant, il y en #assez pour tout le monde et pour une société solidaire et durable.

Le 23 juillet, le gouvernement Michel-De Wever est arrivé à un accord sur le budget de cette année et de la suivante et sur le tax shift longuement attendu. Une fois de plus, ce sont les salariés et les allocataires sociaux qui doivent fournir le plus gros des efforts. L’accord est du sur mesure pour les millionnaires et les multinationales. Dossier.

Le 22 avril, les services publics étaient en grève. Précisément sept mois après que le mouvement citoyen Hart Boven Hard (le pendant néerlandophone de Tout autre chose) a mené ses premières actions contre l’austérité en Flandre. Le lendemain, le 23 septembre 2014, le front commun syndical organisait sa première concentration de militants. À l’époque, le gouvernement fédéral en était encore à ses premiers balbutiements. Où en est ce même gouvernement, après sept mois de résistance sociale ?

Karel Van Eetvelt, le président de l’UNIZO (Union des entrepreneurs indépendants), est en rogne contre la CGSP, la centrale des services publics de la FGTB. Mi-mars, la CGSP annonçait une grève nationale dans les services publics pour le 22 avril. « Ils font du tort aux entreprises. C’est une prise d’otage de l’économie, et je ne l’accepte pas. Cette fois, ils vont avoir affaire à moi », a directement réagi Van Eetvelt dans l’hebdomadaire Knack du 12 mars. Aujourd’hui, l’escalade de la campagne patronale contre les grèves monte d’un nouveau cran.

En cette semaine de résistance sociale, après la réussite de la Grande Parade de dimanche, les syndicats ont mobilisé, au total, 35 000 personnes contre les mesures des divers gouvernements de notre pays. 35 000 porte-parole syndicaux qui inaugurent le début d’un nouveau printemps social.

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