David Pestieau

David Pestieau est directeur du service d'études du PTB.

David Pestieau

Il y a plus de six mois éclatait l’affaire Publifin. Puis Publilec et Brackegate en Flandre. Puis encore le Samusocial à Bruxelles. Le tout agrémenté des soubresauts du Kazakhgate. « Des brebis égarées », « des gens qui ont oublié leurs valeurs », « des personnalités corrompues », « des affaires différentes qui n’ont rien à voir entre elles », nous a-t-on juré, de M. Di Rupo à Mme Rutten en passant par MM. Chastel et De Wever. Vraiment ? La corruption est-elle une exception dans notre système ? Le conflit d’intérêt, un simple dérapage ? Ou s’agit-il d’une pratique généralisée qui permet au système de fonctionner ? Retour sur les affaires Publifin, Samusocial et autres Brackegate ou Kazakhgate.

En 1917, il y a cent ans, deux révolutions se succèdent en Russie : une en février, l’autre en octobre. La première mène à l’abdication du tsar, monarque absolu, à la séparation de l’Église et de l’État et au suffrage universel. La deuxième, portée par le peuple au son du slogan « du pain, la paix et la terre », conduit à la prise de pouvoir par les communistes (qu’on appelle les bolcheviks). Elle est portée par la volonté de renverser l’ordre établi, capitaliste – et en Russie encore largement féodal, incapable de sortir la population de la misère et de la guerre –, et par le but de construire une autre société. C’est le début d’une première tentative dans le monde de construire le socialisme, faite de réalisations mais aussi de sérieuses erreurs, qui va marquer l’histoire du 20e siècle. Dans quel contexte a pris place cette révolution ? Est-elle un phénomène russe ou international ? Comment s’est-elle déroulée ? Quelle a été son influence chez nous et dans le reste du monde ? Survol de ce processus qui fit trembler le monde sur ses fondations.

La majorité des Français ne veulent heureusement pas de l’extrême-droite de Marine Le Pen, qui a quand même recueilli 34,5 % des voix exprimées. Malgré l’extrême défiance à l’égard du banquier Emmanuel Macron – avec une abstention et un nombre de votes blancs records –, beaucoup ont voté pour faire barrage au Front National. Loin d’un vote d’adhésion, le bulletin Macron a été un vote par défaut. Le combat contre le programme austéritaire du nouveau président commence.

Publifin, Publipart, Telenetgate… la vague de scandales a amené le Parlement à la constitution d'un groupe de travail « renouveau politique ». On aurait pu s'attendre à des mesures radicales contre la culture de la cupidité en politique, les conflits d’intérêts, etc. Mais c’est une tout autre proposition qui est venue de Vincent Van Quickenborne (Open Vld), soutenue par la N-VA : réduire le nombre de députés de 150 à 100. Une mesure qui renforcerait les partis au pouvoir et limiterait l'accès au Parlement aux forces d'opposition nouvelles, en particulier de la gauche authentique.

En mai 2014, les premiers députés de l’histoire du PTB étaient élus . Parmi eux, Frédéric Gillot, sidérurgiste, et Ruddy Warnier, chauffagiste, ont été élus au Parlement wallon. Un duo de travailleurs qui, par leurs interventions, leur vécu et leur éthique, font bouger les lignes. Plongée dans un travail de pionniers dans un Parlement où tout le monde n’a pas vu leur arrivée d’un bon œil tant elle bousculait les habitudes et codes établis. Des députés qui incarnent l’éthique « made in PTB » : faire de la politique pour servir les gens, et non pour se servir.  Retour sur deux ans et demi d’activisme des députés ouvriers du PTB au Parlement wallon.

Le nouveau président des États-Unis représente une mauvaise nouvelle pour les travailleurs. On aura sans doute droit aux leçons habituelles de l'establishment sur « l'électeur bête et méchant », mais c’est pourtant la direction du Parti démocrate qui a tout fait pour nommer Hillary Clinton, « Madam Wall Street », comme candidate, plutôt que Bernie Sanders. Celui-ci aurait sans aucun doute gagné face au millionnaire. Le programme néolibéral et le langage guerrier de Donald Trump n’augurent rien de bon. C’est pourquoi un mouvement tel que celui inspiré par Sanders est indispensable, car ce n’est que de là que pourra venir une solution juste et sociale aux problèmes des travailleurs et des jeunes.

Caterpillar, Axa, IBM, ... Les annonces de fermetures, de licenciements massifs s’accumulent ces derniers jours. La prétendue politique de « jobs, jobs, jobs » du gouvernement s'avère totalement inefficace face à des actionnaires avides de dividendes. Un changement de cap s'impose.

Interviewé par L'Echo ce 3 septembre à propos des informations du PTB relatives aux intérêts notionnels déduits par Caterpillar, le Premier ministre Charles Michel répond : « Je ne prends pas pour argent comptant ce que raconte le service d'études du PTB. ». Réponse du service d'études : « Notre source, c'est le site de la Banque nationale, section centrale des bilans. »

Vous l'avez peut-être remarqué si vous avez voyagé à l'étranger durant ces vacances : la vie dans notre pays devient sérieusement plus chère qu’aux Pays-Bas, qu’en Allemagne et qu’en France. Ce fait, qui semble surprendre le ministre Peeters, avait pourtant été prévu par le service d’études du PTB. Plus inquiétant, Peeters a déposé fin juillet un projet de loi pour permettre le blocage des salaires.

Clash de Raoul Hedebouw, député fédéral PTB, avec la ministre de la Santé Maggie De Block à la Chambre ce jeudi : « Une personne sur dix doit rester chez elle parce qu'elle souffre d'une maladie de longue durée. Mais vers quelle sorte de société sommes-nous en train d'aller ? », a lancé Raoul Hedebouw à la ministre Maggie De Block lors de la séance plénière.

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