Gouvernement

L’émission matinale d’information de la RTBF Matin Première a invité Raoul Hedebouw à l’occasion de la rentrée politique du PTB. Extraits.

Dès la première séance du Parlement wallon le 24 juillet dernier, Frédéric Gillot, député régional PTB, tonnait : « La déclaration de politique régionale présentée par le PS et le cdH nous reste en travers de la gorge. C’est la voie de l’austérité. Pendant deux ans au moins, il n’y aura qu’économies et coupes sombres. » Il insistait : « C’est même l’austérité en entrée, en plat principal... et au dessert ! » L’objectif budgétaire est clair : dès l’année prochaine, il faudra trouver 1,1 milliard d’euros pour la Région wallonne et 140 millions pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et les années suivantes ne sont pas moins inquiétantes. La manière dont va se concrétiser cette austérité n’est pas encore connue en Wallonie ou à Bruxelles. Il faudra attendre les discussions prochaines sur le budget. En Flandre, par contre, la presse a révélé la trajectoire budgétaire que comptait suivre la coalition régionale (N-VA, CD&V et Open Vld). Les chiffres sont graves. Le service d’études du PTB les a décryptés pour vous. Les mesures qui vont toucher durement les Flamands vont d’une manière ou d’une autre également se concrétiser dans les deux autres Régions du pays. L’intérêt de ce dossier est donc grand. Plus encore pour anticiper l’austérité de 17 milliards sur cinq ans qui est avancée pour le Fédéral.

Si les fuites lors de négociations pour la formation d’un gouvernement sont toujours à prendre avec des pincettes, les contours de la coalition de droite en formation semblent se préciser. Décryptage des principales mesures auxquelles on peut déjà s’attendre.

Ce week-end, les négociateurs de la future coalition de droite se sont penchés sur le dossier du service minimum dans certains services publics. Ils se sont mis d’accord sur le principe de l’introduction d’un service minimum au chemin de fer. La section Rail du PTB réagit.

La future coalition de droite a annoncé s'être mise d'accord pour introduire un service minimum dans les transports en commun en cas de grève. En plus de faire payer la facture de la crise au monde du travail, le futur gouvernement essaie de désarmer la résistance sociale et syndicale en s'attaquant au droit de grève.

Le risque qu’il y ait pénurie d’électricité cet hiver est réel. Les pouvoirs publics auraient pu le prévoir, déclare Tom De Meester, le spécialiste de l’énergie du PTB. Il préconise l’élaboration par les pouvoirs publics d’un plan stratégique pluriannuel pour notre approvisionnement en énergie et qu’on impose une interdiction de fermeture des centrales. 

Le programme du gouvernement fédéral de droite se précise : des cadeaux pour les multinationales et les actionnaires, l’austérité pour tous les autres. C’est la même logique pour le gouvernement régional flamand. Mais, là, un large front d’opposition est en germe. Coup de projecteur sur les mesures et les résistances en Flandre qui seront déterminantes pour faire face aux mesures envisagées au Fédéral.

La N-VA, le CD&V, l’Open Vld et le MR négocient autour de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Sur la table se trouve une proposition de réduire de 33 à 25 % seulement les cotisations sociales payées par les employeurs sur les salaires bruts de leurs travailleurs. « On dit que le gouvernement de droite entend effectuer un morceau de bravoure : et économiser, et réduire les charges. Le jeu est pourtant simple : rogner chez les uns, jouer à Saint-Nicolas pour les autres et nous faire avaler entre-temps que tout le monde devra faire des sacrifices », réagit Peter Mertens, président du PTB.

Jeudi à 14 heures, la Commission ad hoc du Parlement flamand se réunissait pour commenter le budget et les chiffres qu'elle avait publiés à ce sujet. Le PTB et Comac (le mouvement des jeunes du PTB) attendaient Geert Bourgeois avec une lampe de poche, espérant que celui-ci allait l'utiliser utilisera pour faire la lumière sur ce que son gouvernement entend dissimuler, à savoir le fait que ces économies pourraient très vite coûter 3000 euros à chaque famille.

Au cours des cinq années à venir, le gouvernement flamand compte réduire ses dépenses de plus de 8 milliards d’euros. Le citoyen flamand va le sentir passer. Mais les réactions sont vives et annoncent une résistance face à des économies plus qu’indigestes.

Pages