Scénario pour une société plus sociale : Introduction

Notre avenir est social

Nous sommes à la croisée des chemins en politique. Tout droit, c’est la route que nous avons empruntée pendant trente ans. Une route vers plus de marché et le long de laquelle on a abandonné de plus en plus de gens à leur sort. C’est la voie de la richesse privée et de la pauvreté publique. C’est, soyons clairs, une voie sans issue.

 

Il est préférable de bifurquer vraiment à gauche, vers l’avenir. C’est un choix idéologique. Pour une société où nous partons des gens, et pas du profit maximal. Pour que notre avenir soit social.

 

Nous débordons d’ambition. Bien sûr. Notre société a besoin d’ambition pour répondre à la puissance de l’oligarchie des banques, pour répondre à l’aveuglement néolibéral de la classe politique traditionnelle.

Nous avons besoin de renouveau, de renouveau social en réponse à toutes les recettes de cette vieille école qui nous ont plongés dans cette situation de crise et de léthargie. Ce scénario est une réponse sociale à ceux qui voient dans notre société une grande salle de marché, où tout a un prix et peut être acheté et vendu. Ces gens pensent que vivre ensemble, c’est la même chose que se faire tous concurrence. Nous disons : notre avenir est social. Aussi ce scénario part de l’approche que les gens vivent, travaillent et cohabitent ensemble.

Vivre ensemble au lieu de se faire tous concurrence, les uns contre les autres, tous contre tous. La solidarité au lieu d’une société du chacun pour soi où tous ceux qui ne réussissent pas sont largués. Un avenir social, au lieu d’une économie de marché devenue complètement folle dans laquelle tout le monde est mis sous pression permanente et vit replié sur soi-même. Des solutions structurelles, au lieu d’une individualisation de tous les problèmes.

 

Car on l’entend de plus en plus : celui qui ne s’enrichit pas devrait mieux faire et, celui qui tombe malade, c’est qu’il ne vit pas de manière saine. Et, quand quelqu’un se fait licencier, c’est qu’il n’a pas travaillé suffisamment bon marché ou qu’il n’a pas tout accepté docilement. Cette société s’enfonce dans une impasse. Il est grand temps de tourner à gauche, d’oser parler de problèmes structurels et de choix de société.

 

La solidarité a reçu son mot à dire dans notre programme

La démocratie en action, c’est ancré dans notre ADN. Nos membres sont allés parler avec des dizaines de milliers de personnes dans l’une des plus vastes enquêtes sociales jamais réalisées. Au total, 41 420 personnes ont donné leur réponse.

Dans notre enquête, les gens de toutes les provinces ont placé le même problème en numéro un, que ce soit au Hainaut, en Flandre occidentale ou à Bruxelles. Des gens de tous âges ont indiqué cette priorité en tête : les jeunes comme les moins jeunes. Qu’ils ou elles soient ouvriers ou employés, fonctionnaires, chômeurs, pensionnés ou étudiants, tous ont mis le même point en avant.

Le thème qui dépasse tous les autres, pour tout le monde, c’est la pauvreté. Et ceux qui le disent, ce ne sont pas que ceux qui, une fois leur salaire dépensé, doivent encore tenir un bon bout du mois. Les gens qui s’en tirent bien le disent aussi. C’est important de le remarquer, car cela va à l’encontre de toutes ces absurdités égoïstes et nationalistes qu’on entend tous les jours dans certains médias. Toutes les catégories de gens le disent : s’attaquer à la pauvreté, c’est la principale priorité du moment. Ce qui veut dire que l’empathie qu’ont les gens est largement sous-estimée, la solidarité existe et elle a eu son mot à dire dans notre programme.

 

Quand la pauvreté chez les enfants augmente pour la troisième année d’affilée, quand des dizaines de milliers de jeunes sont rayés des allocations de chômage, quand les personnes âgées reçoivent une pension se situant sous le seuil de pauvreté, il n’est plus question de contretemps passagers, de hasards. Il s’agit de choix politiques. Et nous voulons que ces choix soient différents, soient sociaux.

On peut dire beaucoup de choses. Mais pas qu’il n’est pas possible d’augmenter toutes les allocations sociales au-dessus du seuil de la dignité humaine. Il s’agit de choix. De choix fondamentaux pour l’avenir de notre société.

Il est plus que temps que la lutte contre la pauvreté devienne plus importante qu’une politique de cadeaux fiscaux aux plus riches.

 

Une société ne peut s’appuyer que sur des emplois stables

Karel De Boeck, le top manager de Dexia, vous savez bien, la banque que nous tous avons dû renflouer avec nos économies, ce Karel De Boeck, à la mi-janvier, était invité à la télévision. De Boeck estimait qu’une augmentation des salaires des membres de la direction de Dexia se justifiait. Je cite De Boeck : « Oui, nous travaillons avec l’argent des impôts, mais nous avons également besoin de professionnels, de gens qui ont du courage. Les membres de la direction prennent de gros risques ».

Des professionnels. Des gens qui ont du courage. Des directeurs qui prennent de gros risques. Je veux bien le croire. Mais quid de tous ces autres professionnels et de ces autres personnes qui ont du courage ? Comment sont-ils récompensés pour leur engagement ? Et puis cette histoire « qu’ils prennent de gros risques » ? Cela n’a-t-il pas un goût amer pour les gens qui, eux, doivent réellement prendre de gros risques ? Comme ces deux soudeurs qui, début 2014 aussi, étaient occupés à souder dans une usine belge à Umicore. Du travail d’entretien sur un réservoir. Il y traînait encore des restes d’acide sulfurique. Et le réservoir a explosé. Les deux ouvriers y ont laissé leur peau.

N’est-il pas grand temps de dire un certain nombre de choses sur ces professionnels, sur ces gens qui ont du courage et sur ces gens qui prennent vraiment des risques dans notre société, pour un salaire qui ne s’élève même pas au dixième du salaire des managers de Dexia ? Oui, nous sommes pour un bon salaire pour la qualification, pour le professionnalisme, pour le travail, pour la prise de risque sur le lieu de travail. Si c’est de ça qu’on parle alors oui, supprimons le gel des salaires, ne touchons pas à l’index et faisons en sorte que le travail et la productivité soient à nouveau bien payés, dans notre pays. Cela fera du bien au pouvoir d’achat au lieu de continuer à tirer l’économie vers le bas.

 

Ce qui veut dire du respect pour le travail. Envers tous ceux qui créent la richesse de ce pays. Ce qui signifie de nouveaux emplois, des emplois stables, avec un salaire décent. « Le droit au travail, des emplois stables avec un salaire décent », voilà la revendication la plus souvent cochée dans notre enquête. Or, c’est justement le contraire qui se produit aujourd’hui. Les emplois stables disparaissent. Et on encourage les boulots intérimaires, les emplois hyper-flexibles et les jobs à bas salaire.

Nous voulons que ça change, dans le sens social. Une société ne peut fonctionner qu’en s’appuyant sur des emplois stables. Et, dans la société, l’État est tenu de montrer le bon exemple. En investissant dans les chemins de fer, dans les TEC, dans la STIB, dans le secteur des soins de santé et de l’aide aux personnes, dans l’enseignement, dans la construction de logements sociaux, pour mettre un terme à ces interminables listes d’attente.

En investissant dans le développement et la production d’énergie verte, dans un secteur public énergétique. Et en permettant aux travailleurs plus âgés de transmettre leur expérience aux jeunes, en accordant à ces aînés le droit de prendre leur retraite anticipée et de céder le relais aux jeunes.

Qu’on cesse de pousser les gens vers le bas, de sanctionner les chômeurs, de raboter les allocations, d’attiser la concurrence de tous contre tous. Créons d’abord des emplois nouveaux et stables, c’est la priorité. Il est fait temps que la chasse au chômage soit ouverte, au lieu de faire la chasse aux chômeurs.

 

Cette montagne d’argent exprime un choix social

La femme de ménage d’Albert Frère paie plus d’impôts que les deux sociétés principales du milliardaire. Quand elle a payé 4 140 euros d’impôts, Albert Frère a payé 152 euros d’impôts sur un bénéfice de 3 milliards d’euros nets. Si tout le monde payait correctement ses impôts, les impôts des travailleurs pourraient être nettement moins lourds.

Il s’agit de beaucoup d’argent, tout ce que le gouvernement ne perçoit pas avec sa politique de cadeaux fiscaux. Au fil des années, les différents gouvernements ont construit, avec des lois, des portes de sortie pour les plus riches pour éviter l’impôt.

Et des portes très larges, même, des postes de déduction grâce auxquels les multinationales peuvent soustraire artificiellement leurs bénéfices afin de pouvoir payer moins d’impôts. Chaque année, 14 milliards d’euros ne sont ainsi pas perçus. C’est une montagne d’argent colossale qui ne peut être utilisée pour les écoles, les crèches, les transports publics, les logements sociaux ou le développement de l’énergie verte. C’est une montagne d’argent et cette montagne d’argent exprime un choix social.

 

Car, pendant ce temps, l’inégalité grandit. L’an dernier, il y a eu 5 700 millionnaires en plus dans notre pays. Au beau milieu de la crise. Huit pour cent de plus que l’année précédente. Et ce, alors que l’économie a reculé de 0,3 %. Il y a dans cette société un groupe qui s’en tire mieux et un certain nombre d’hommes politiques veulent nous faire croire qu’il s’agirait d’une sorte de phénomène naturel contre lequel on ne peut rien faire.

Quand nous parlons d’impôts, nous ne parlons pas que de chiffres, de taux d’imposition, de taxes et de bilans d’entreprise. Nous parlons aussi de démocratie. 2 763 926 familles, 2,7 millions de familles – soit 60 % de la population belge – possèdent ensemble moins que le 1 % des familles les plus riches. Ou, autrement dit, le 1 % des Belges les plus riches possède plus que les 60 % les plus pauvres ensemble. Il ne s’agit pas de chiffres. Il s’agit de démocratie.

 

Le fossé entre pauvres et riches n’a jamais été aussi large. Comme dans toute l’Europe. Il y a un lien entre les deux. Cela, on le savait depuis longtemps : « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », écrivait Victor Hugo en 1869. Ce simple constat que la richesse de l’un vient de la pauvreté de l’autre est aujourd’hui l’un des tabous les plus coriaces de notre société.

C’est pourquoi notre programme fiscal ne traite pas que de faits et de chiffres. C’est pourquoi il est en essence un programme sur la démocratie. La vérité est qu’avec une taxe des millionnaires, notre pays ne connaîtrait plus la pauvreté. Et la vérité est que ça n’arrive pas, car il y a des intérêts en jeu. De gros intérêts. Les intérêts d’une nouvelle couche aristocratique qui étouffe la société et met de plus en plus d’hommes politiques dans sa poche.

Eh bien, nous avons une bonne nouvelle, nous voulons que ça change. Socialement. Il est temps qu’une multinationale paie plus d’impôts qu’une femme de ménage.

 

Dans notre vision d'avenir, les gens occupent une position centrale, pas le profit

Nous menons cette campagne électorale avec confiance en nous et nous partons de nos points forts. Dans ce scénario, nous parlerons de pauvreté, d’emploi, d’impôts, de climat, de justice ainsi que de douze autres thèmes importants.

 

Et, chaque fois, nous suivons une autre logique. Loin des vieilles recettes qui nous ont plongés dans cette crise. En réponse au pessimisme. En réponse aussi à ceux qui ont volé tout espoir d’amélioration et qui, aujourd’hui, n’ont d’autres mots à la bouche que : « Sans nous, ce serait pire ».

 

Notre avenir est social et cet avenir est un avenir de coopération, non pas de concurrence. Notre avenir est un avenir d’unité et non pas de division, un avenir où les gens occupent une position centrale, pas le profit.

Oui, le PTB-go! a l’ambition d’arriver au Parlement. Nous voulons rompre cette unanimité de la pensée de marché : sur les pensions, sur la norme salariale, sur les discriminations, sur les amendes administratives communales, sur les revenus des ministres et sur la politique des cadeaux fiscaux aux plus riches. Nous voulons peser sur le débat. Et nous pèserons sur le débat. Nous voulons apporter un vent frais à la politique face à l’unanimité de cette fanfare libérale qui contamine jusqu’aux partis de gauche gouvernementaux. Car nous avons pris parti. Non pas pour les cercles feutrés du monde financier et des grosses multinationales. Mais pour le monde du travail, les jeunes, et tous ceux qui ont des difficultés dans la société.

Et, soyons honnêtes : il est temps que cette voix puisse se faire entendre dans tous les parlements de notre pays.

 

Aidez-vous à réaliser ce scénario ensemble !

 

Peter Mertens,

président du PTB

 

Table des matières

Avant-propos : Un scénario réalisé avec de l’aide. Beaucoup d’aide. De beaucoup de gens.

Introduction : Notre avenir est social

#GoLeft1 : Combattre la pauvreté n’est pas une question de charité, mais de justice sociale

#GoLeft2 : Chasser le chômage, pas les chômeurs

#GoLeft3 : Une vision sociale du climat

#GoLeft4 : Oser activer la richesse

#GoLeft5 : Justice de classe ? Non, merci

#GoLeft6 : Pensions : les plus âgés au repos, les jeunes au boulot

#GoLeft7 : Brider le pouvoir des banques

#GoLeft8 : Bannir la discrimination et le racisme

#GoLeft9 : Une Europe de la solidarité et de la coopération

#GoLeft10 : Construire les services publics

#GoLeft11 : Protéger le pouvoir d’achat

#GoLeft12 : L’enseignement contre l’inégalité

#GoLeft13 : Mettre à l’ordre du jour l’égalité des genres

#GoLeft14 : Les soins de santé ne sont pas à vendre

#GoLeft15 : Participation

#GoLeft16 : Unité dans la nouvelle Belgique

#GoLeft17 : Tendre à la paix

GoLeft#18 : C’est notre énergie

GoLeft#19 : Mieux vaut prévenir que punir

GoLeft#20 : Égalité des droits pour les LGBT

GoLeft#21 : Une nourriture saine à des prix honnêtes

GoLeft#22 : Personne n’est illégal

GoLeft#23 : Pour que le Sud puisse prendre son sort en mains

 

PTB-go! (avec des personnalités, le PC et la LCR) : « Il y a des rendez-vous à ne pas manquer »

« Le Premier mai 2012, la FGTB de Charleroi appelait au rassemblement autour d’une alternative anticapitaliste à gauche du PS et d’Écolo.
D’autres secteurs syndicaux se montrent ouverts à cette perspective.
Les lignes bougent. Nous nous engageons dans cette dynamique. C’est pourquoi nous avons décidé d'appeler à voter en faveur des listes PTB-go! (Gauche d'Ouverture) qui regroupent autour du PTB des personnalités indépendantes, des militants syndicaux et associatifs ainsi que le PC et la LCR ». (Extrait de l'appel PTB-GO! sur www.gauchedouverture.be)

 

 

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