#GoLeft3 : Une vision sociale du climat

De l’enquête électorale du PTB

12 % des personnes interrogées ont coché « l’environnement » dans le top 3 des problèmes que nous devons aborder en priorité. 8 % ont coché le « climat ».

Question : « Comment protéger l’environnement et le climat ? »
Réponse de 37 % des personnes interrogées : « Plan public pour le passage à l’énergie verte ». 30 % veulent : « Transport des marchandises sur longue distance : obligatoire par rail ou par bateau » et 25 % veulent « isolation de toutes les habitations avec le soutien de l’État ».

 

Constats

Un. On préfère racheter des droits d’émission à l’étranger plutôt que réduire les rejets de CO2 chez nous.

Dans le cadre du protocole de Kyoto, la Belgique s’était hasardée à contrecœur à prendre un engagement : pour la période 2008-2012, dégager en moyenne 7,5 % de gaz à effet de serre en moins qu’en 1990. C’était un engagement peu glorieux, nettement en dessous de ce qui est nécessaire, d’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Et, malgré tout, cet engagement ne fut même pas respecté : seule la Wallonie a été pour les − 7,5 % (avec « l’aide » de la fermeture d’entreprises polluantes). La Flandre s’en est tenu à − 5,2 % et Bruxelles a fait même + 3,5 %. Ces ambitions trop faiblardes des Régions, l’État fédéral a dû les pallier par l’achat à l’étranger de droits d’émission (de rejet).

L’Europe s’est aussi proposé de réaliser des réductions : en 2020, elle entend dégager 15 % de gaz à effet de serre en moins par rapport à 2005.

Mais tout ça est peu ambitieux et les différents gouvernements de notre pays ne parviennent pas à établir les quantités d’émission que chaque Région doit réduire. Or, lors des négociations internationales, le gouvernement fédéral a quand même plaidé en faveur d’objectifs ambitieux, mais, dans la pratique, il n’a pas fait grand-chose pour y arriver. L’accord entre les Régions l’a amené à une obligation d’achat à l’étranger de droits d’émission.

 

Les entreprises reçoivent en effet des certificats qui leur donnent le droit, pour chaque certificat, de rejeter une certaine quantité CO2. Ce sont les droits d’émission. S’il leur reste des certificats, ils peuvent les vendre, ce qui fait que le CO2 se voit coller un prix. Avec l’achat des droits d’émission, l’État doit compenser les excédents de rejet et se retrouver ainsi dans les normes européennes.

Mais, pas de panique, car le prix de ces droits d’émission s’est effondré. L’État en a même tellement qu’il a pu en constituer une belle réserve, qui lui a permis à son tour d’acheter de nouveaux droits d’émission… pour les déduire des émissions lors de la prochaine phase de Kyoto (2013-2020). Ainsi les rejets d’émission ne seront jamais sous contrôle : on achète des certificats d’émission et, pendant ce temps, les rejets se poursuivent.

 

Deux. Dans les griffes du marché. Pourquoi Electrabel et consorts bloquent la voie vers une révolution verte pour l’électricité.

L’énergie durable à prix accessible devrait être un droit fondamental. Mais, en Europe, le gaz et l’électricité ont été libéralisés et privatisés : ce n’est pas la collectivité qui détermine comment nous devons assurer notre énergie, mais des multinationales. En Belgique, 85 % de tout l’approvisionnement en électricité est aux mains de quatre géants européens de l’énergie : GDF Suez (Electrabel), EDF (Luminus), ENI (anciennement Nuon) et RWE (Essent). Ils ne se soucient que de l’utilité directe, immédiate de leur action : faire du profit. Pour la nature, c’est exactement comme pour le reste de la société, ils n’ont d’yeux que pour cette utilité directe. Et on le sent passer…

 

Ainsi, Electrabel continue à jurer par ses centrales nucléaires de Doel et de Tihange. Celles-ci rapportent annuellement 1,3 milliard d’euros de bénéfices faramineux – des bénéfices sur lesquels Electrabel ne paie pratiquement pas d’impôt. Mais il n’y a pas de solution pour les déchets radioactifs. Et Fukushima n’a-t-il pas suffisamment montré à quel point l’énergie nucléaire peut être dangereuse ? Pourtant le gouvernement fédéral a décidé qu’Electrabel pourrait encore exploiter la vieille centrale nucléaire de Tihange I pendant dix ans. Les avantages sont pour GDF Suez, les risques pour la société.

 

48 % de l’électricité en Belgique est verte. Sur papier, du moins. Car ne vous y trompez pas : l’électricité verte, c’est souvent une vaste blague en pratique. On fait pourtant comme si de rien n’était. L’électricité verte a le vent en poupe. Aujourd’hui, il y a toute une kyrielle de contrats d’électricité verte à la disposition du consommateur. Est-ce bon pour le climat ou la qualité de l’air ? Hélas ! Ce que les fournisseurs vendent comme électricité verte vient tout simplement de la centrale nucléaire de Doel ou de la centrale au gaz de Jemeppe-sur-Sambre, ou des centrales au charbon. Electrabel & cie vendent leur électricité « grise » en la faisant passer pour de l’électricité verte. Car, au lieu d’investir eux-mêmes dans des éoliennes, centrales biogaz ou panneaux solaires, ils achètent des certificats verts, de prétendues « garanties d’origine », à des prix de dumping sur le marché international. Le courant gris est camouflé en vert, et ce n’est même pas illégal !

 

En réalité, d’après les statistiques officielles, on ne produit en Belgique que 7 % maximum d’électricité verte. Et encore, la plus grande partie vient des centrales à biomasse. Dans ces centrales au charbon transformées, Electrabel et E.on brûlent des pellets de bois en provenance du… lointain Canada. Les organisations environnementales protestent, mais, officiellement, cette technique controversée fournit bel et bien de l’électricité « verte » – et beaucoup de profit, grâce aux généreux subsides du gouvernement flamand.

 

En Europe, chaque année, 200 millions de MWh de courant sont « verdis », soit la consommation en électricité de 60 millions de ménages. Et la Belgique est le numéro un, en cela. Nous sommes le premier importateur de certificats verts en Europe. Le gros de ces certificats vient de Scandinavie, surtout des centrales hydroélectriques norvégiennes. La Norvège est la championne d’Europe du vert. Avec leurs six cents centrales hydroélectriques et leurs parcs à éoliennes, les Norvégiens parviennent presque à produire toute leur énergie de façon durable. L’électricité afflue dans les livings norvégiens, mais le certificat vert est vendu sur le marché avec l’aide des courtiers, des intermédiaires de l’achat en gros. C’est une escroquerie, une fiction ni plus ni moins. Du fait que tant de certificats verts sont vendus à des sociétés d’électricité étrangères, la Norvège ne produit officiellement que 23 % d’énergie verte alors que chaque Norvégien sait pertinemment que son courant provient quasi intégralement, à 100 %, des centrales hydroélectriques des fjords et des éoliennes.

 

Les certificats verts ne coûtent presque rien, même pas 30 eurocents par MWh. Pour le modeste montant de 1 euro par ménage qui le demande, Electrabel et cie peuvent colorer en vert du courant en provenance des centrales au charbon ou au gaz. Cela revient donc bien moins cher d’acheter des certificats verts que d’investir en Belgique même dans la production d’électricité verte.

 

Or, parce que les prix du charbon se sont effondrés et que les droits d’émission de CO2 ont évolué de la même façon, les multinationales de l’énergie investissent à fond dans les centrales au charbon. Le charbon a été complètement ressorti du néant. Les géants de l’énergie brûlent du charbon comme jamais depuis longtemps. Or ces centrales au charbon dégagent d’impressionnantes quantités de CO2 ainsi que des concentrations élevées de particules fines, d’oxydes d’azote et de soufre. Mais les droits d’émission se vendent trois fois rien. Ceux qui optent pour le charbon ne sont pratiquement jamais interpellés au sujet de cette pollution. Et on assiste par conséquent au come-back de cet or noir. Les distributeurs d’électricité importent en Belgique cette électricité produite au charbon et qui vient d’Allemagne et des Pays-Bas. C’est une catastrophe pour le climat.

Pendant ce temps, en Belgique, les mêmes multinationales de l’électricité mettent à l’arrêt leurs toutes nouvelles centrales au gaz consommant peu d’énergie. Les top managers ont en effet fait leurs calculs : en comparaison avec une centrale au gaz, une petite centrale au charbon rapporte annuellement près de 60 millions d’euros de plus. Non, décidément, un millier de protocoles de Kyoto ne pourraient rien changer à la loi aveugle du profit maximal.

 

Entre-temps, comme un seul homme, les géants du gaz naturel, de GDF Suez à Gazprom en passant par Shell, font du vert avec la nouvelle source d’énergie. Alléluia ! Le gaz de schiste va provoquer une révolution dans le secteur de l’énergie.

Mais la revue scientifique Nature, qui fait autorité en la matière, affirme que le gaz de schiste est un combustible très néfaste à l’environnement, plus néfaste encore que le charbon. Des scientifiques mettent en garde contre la pollution des nappes phréatiques, les rejets nocifs, le chamboulement de la biodiversité et le risque de tremblement de terre. C’est pourquoi plusieurs pays d’Europe interdisent cette exploitation dangereuse du gaz de schiste. Pourtant, la section géologie de la KU Leuven va toucher les premiers subsides pour la recherche sur le gaz de schiste. Shell a déjà un œil sur ce gaz dans le sous-sol de la Campine, d’autres parlent d’explorer le sous-sol wallon. Car l’argent se faufile là où on ne devrait pas aller. Que l’exploitation du gaz de schiste soit très dangereuse sur le plan écologique, on s’en moque en recourant à l’argument incontournable que sur le marché ce gaz de schiste est exceptionnellement rentable. Dégâts ou pas, les multinationales se lancent dans la ruée vers le gaz de schiste.

 

N’avait-on pas juré les grands dieux que le marché libre allait sauver le climat ? Et que les ingérences d’un autre âge de l’État devaient cesser ? Promettre et tenir, ça fait deux.

Ce que nos hommes politiques appellent le marché libre cache en réalité un grand afflux d’argent, de vous et moi vers les caisses des géants européens de l’énergie. Electrabel et Cie ne paient pratiquement pas d’impôt sur leurs bénéfices colossaux. Le gouvernement Di Rupo en a même remis une couche. Il a décidé que les centrales au gaz insuffisamment rentables recevraient des aides… de l’argent du contribuable.

 

Trois. Les particules fines sont dangereuses. La politique de la mobilité est une catastrophe pour la lutte contre la pollution et le changement climatique.

La Belgique et l’air sain, c’est difficilement conciliable. Notre pays a déjà été traîné devant la Cour européenne en raison des concentrations trop élevées en particules fines et il risque la même chose pour le dioxyde d’azote.

 

Suite à l’activité humaine, toute sorte de particules nocives se retrouvent dans l’atmosphère : dioxyde de soufre, différents oxydes d’azote, ammoniac, ozone, différents oxydes de carbone et méthane. Des particules fines aussi, très fines, qui s’infiltrent dans nos poumons et nos vaisseaux sanguins.

Cela provoque des maladies pulmonaires, cardiovasculaires, des cancers et des problèmes du système nerveux. Dans les villes belges, entre un quart et la moitié de la population est exposé à des concentrations trop élevées de particules fines. De même, la concentration de dioxyde de carbone se situe au-dessus de la norme européenne. Des projets comme l’extension du ring de Bruxelles ne sont pas de nature à réduire ces émissions.

 

Une grande partie des rejets de particules fines et de substances chimiques provient de l’industrie et de la production d’énergie. Il est nécessaire de réduire sévèrement ces rejets, en fonction des normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Notre trafic et nos transports sont responsables de grandes quantités de rejets, mais là aussi le politique se fait attendre. Bruxelles est sans doute la ville la plus embouteillée au monde : un automobiliste s’y trouve en moyenne 83 heures par an dans les bouchons.

À terme, le fait de multiplier les bandes de circulation et les autoroutes ne fait qu’attirer un trafic routier de plus en plus intense et n’apporte donc aucune solution aux bouchons.

Lors de ses différents conclaves budgétaires, le gouvernement a imposé de fortes économies au réseau de chemins de fer. La ponctualité de la SNCB a dégringolé à des profondeurs abyssales, le Fyra (liaison expresse entre Bruxelles et Amsterdam) s’est soldé par une débâcle, la scission entre la gestion des infrastructures (Infrabel) et celle du matériel roulant (SNCB) complique le bon fonctionnement. Le transport des marchandises dans les compagnies ferroviaires publiques en Europe a baissé de 40 % ces dernières années. 10 % du transport a été repris par des sociétés privées. Les 30 % restant se font par… la route.

Au TEC et à la STIB aussi, on fait des économies.

 

La vision du PTB-go!

Le climat change. Après 200 ans d’industrialisation, on a émis tellement de gaz à effet de serre dans l’atmosphère que la terre se réchauffe. Le niveau des mers monte, les tempêtes sont de plus en plus fréquentes. Un côté du globe terrestre connaît davantage d’inondations, l’autre davantage de sécheresses. En tant que pays industrialisé, la Belgique porte une responsabilité dans le changement climatique. Aussi nous devons réduire considérablement nos émissions le plus rapidement possible, afin d’éviter autant que possible la poursuite du réchauffement.

Selon le GIEC, pour 2020, les pays industrialisés comme la Belgique doivent réduire leurs rejets de gaz à effet de serre d’au moins 30 % par rapport à 1990, et de préférence de 45 %. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons limiter à 2 °C le réchauffement terrestre. En 2050, nos émissions devront se situer à 95 % en dessous du niveau de 1990.

Les engagements contractés par la Belgique sont nettement en dessous de ces chiffres. Nos gouvernements continuent à compter sur les efforts individuels des citoyens, sur des mécanismes de marché et ceux-ci n’apportent aucune solution.

 

Nous ne croyons pas à la fiscalité verte qui « responsabiliserait » individuellement toute la population.

Les écotaxes et les sacs-poubelle payants (souvent chers) ne sont pas efficaces. La fiscalité verte part en effet du principe que les citoyens doivent modifier individuellement leur attitude grâce à la cherté du prix payé pour un comportement polluant. Or s’il n’y a pas de bons transports publics, il faut bien continuer à utiliser sa voiture pour aller au boulot. Et s’il n’y a pas de plan public général pour l’isolation, le locataire d’un appartement social va devoir continuer à utiliser beaucoup d’énergie pour se chauffer. Les taxes environnementales sont également antisociales, car chacun, pauvre ou riche, paie autant. Ainsi on élargit encore le fossé social. L’environnemental et le social doivent converger. La révolution verte sera sociale ou elle ne sera pas.

 

Il est difficile de réduire considérablement les rejets quand les décisions sur la production et l’infrastructure sont prises par des entreprises individuelles en quête de profit. Bien que les économies d’énergie soient avantageuses à long terme pour les entreprises, celles-ci ne le font souvent pas parce que les actionnaires veulent du rendement à court terme.

C’est pourquoi nous voulons confier à la collectivité les leviers d’une révolution verte. Pour mettre un terme à l’épuisement de la planète terre, une autre gestion économique est nécessaire.

 

La transition d’une économie s’appuyant sur les énergies fossiles et le nucléaire vers une économie s’appuyant sur les énergies renouvelables doit se poursuivre à tous les niveaux et sur tous les terrains : la production d’électricité, le transport, le chauffage, les rejets de CO2… Ce sera un processus complexe, qui requerra beaucoup de recherche et d’investissements. Cette transition n’est possible qu’en tournant le dos aux mécanismes du marché.

Notre société peut très bien effectuer cette transition. Nous disposons des technologies et des capacités de recherche pour le faire. La transition est possible et peut être rapide. Ce n’est pas là que se situe la barrière.

Ce qui est nécessaire, c’est une société où la coopération internationale, le planning social et écologique sont mis en avant, et pas le profit à court terme des entreprises multinationales. Une société où les besoins fondamentaux comme le gaz et l’électricité sont aux mains de la collectivité. Une société où nous pouvons œuvrer ensemble à un avenir durable, à la mesure des gens et de l’environnement.

 

Pour réaliser les objectifs du GIEC, un plan climatique est nécessaire, avec des objectifs intermédiaires clairs et un plan d’équipement clair pour la production d’énergie, le stockage et la distribution. Avec des systèmes de tiers payant pour l’isolation et l’énergie renouvelable et des investissements directs de la part de l’État.

Nous misons prioritairement sur un approvisionnement durable en énergie, des transports publics confortables et bien structurés et sur une isolation générale de toutes les habitations récentes.

 

L’énergie

Si nous voulons empêcher le réchauffement du climat, nous devons transformer rapidement et à grande échelle notre approvisionnement en énergie. Les centrales nucléaires doivent fermer, comme le prévoit la loi sur la sortie du nucléaire. Nous devons investir à grande échelle dans la production durable d’électricité. Technologiquement, c’est parfaitement possible, et certainement si nous collaborons à l’échelle européenne. Mais dans notre propre pays aussi, les possibilités sont bien plus grandes que les minables 7 % de production d’énergie verte d’aujourd’hui. Dans une première phase, des centrales au gaz, économes en énergie, seront nécessaires pour pallier le manque d’électricité verte, mais, d’après le Bureau du plan, il est technologiquement possible de passer complètement à l’énergie durable pour 2050.

Il y a un problème. Cette révolution verte n’est possible que si nous mettons hors-jeu les multinationales de l’énergie. Nous devons poser nous-mêmes les jalons pour l’avenir. Si nous laissons ça dans les mains des quartiers généraux de GDF Suez et consorts, il n’en sortira rien. La révolution de l’énergie dont nous avons besoin nous force à penser loin vers l’avant, bien au-delà de l’illusion du profit. En tant que collectivité, nous devons reprendre en mains notre approvisionnement en énergie. Nous voulons avoir en mains les leviers de la transition énergétique.

 

Nous devons oser rêver. Nous voulons un secteur public de l’énergie, aux mains de la société. Nous voulons une socialisation de l’approvisionnement en électricité. Chauffage et éclairage sont des équipements d’utilité générale, pas des marchandises commerciales. Nous voulons de l’électricité et du chauffage verts sous contrôle démocratique de la société. L’énergie est trop importante pour la laisser à la merci de la soif de profit des multinationales du privé.

 

Au lieu du chaos du marché libre, nous posons la logique d’une approche planifiée, ciblée et démocratique. En tant que société, nous devons pouvoir décider nous-mêmes le genre de secteur d’énergie que nous désirerons demain : durable et démocratique. Nous voulons nous-mêmes élaborer un plan par phases de la révolution verte. Nous commencerons par interdire l’importation d’électricité issue du charbon. Nous remplacerons les centrales nucléaires le plus rapidement possible par des entreprises d’électricité publiques et vertes. Les toutes nouvelles centrales au gaz que l’on ferme aujourd’hui en fonction de considérations de rentabilité doivent obligatoirement rester ouvertes, sous peine de nationalisation. Nous avons besoin des centrales au gaz tant que nous ne pourrons produire notre électricité de façon durable. Au lieu de confier l’installation de parcs à éoliennes, de centrales à biomasse et de parcs solaires à des multinationales privées, nous voulons investir nous-mêmes, en tant que collectivité, dans des entreprises publiques de l’énergie, sous contrôle démocratique et qui produiront de l’énergie verte et la fourniront à bon marché à la population.

 

Pour contrer le réchauffement climatique et, en même temps, permettre l’accès de tous à une distribution de chaleur abordable financièrement et durable, nous devons remplacer notre chauffage, qui aujourd’hui s’appuie principalement sur le gaz, par de la chaleur verte. Nous proposons d’installer là où c’est possible des réseaux de chauffage urbain gérés publiquement. Ainsi par un réseau de canalisations, la chaleur excédentaire des entreprises ou la chaleur géothermique sera acheminée directement au domicile des familles. Nous œuvrerons ainsi à un chauffage respectueux de l’environnement, nous économiserons beaucoup d’argent sur le gaz naturel et le mazout de chauffage actuellement consommés et nous améliorerons en même temps la qualité de l’air dans nos villes.

 

Les transports

La Belgique est la plaque tournante de l’Europe, mais cela va de pair avec des coûts considérables. Le transport est responsable d’une part importante des gaz de serre, mais aussi du dioxyde d’azote NO2, des particules fines et des nuisances sonores. Les bouchons routiers provoquent jour après jour un énorme gaspillage de temps et d’argent. Des groupes d’action ont déjà alerté l’opinion sur ce thème, notamment sur l’élargissement du ring de Bruxelles. Or, la politique actuelle continue à miser énormément sur le trafic routier.

 

Nous voyons les choses autrement : laissons de côté l’individualisation et prônons des solutions collectives. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons attaquer par la racine le problème de la mobilité.

Nous voulons retirer de la route autant de trafic que possible. Des solutions collectives sont nécessaires, au lieu d’individualiser le problème.

 

Là où c’est possible, le trafic des marchandises doit être transféré vers le transport par rail ou par les voies navigables. Une possibilité, en cela, réside dans le transport combiné et accompagné (quelques explications complémentaires figurent dans nos propositions).

De même, pour sortir de la route le transport des personnes, un changement radical est nécessaire dans les transports publics. Bien que le nombre de voyageurs augmente d’année en année, on consacre de moins en moins d’argent aux chemins de fer. Ces restrictions doivent être supprimées ; au contraire, ce dont nous avons besoin, c’est de davantage d’investissements. Or, aujourd’hui les transports publics du domicile au travail ne sont pas possibles pour bien des personnes.

 

Les propositions du PTB-go!

1. Power to the people. L’énergie aux mains de la collectivité.

L’énergie est trop importante pour la confier au marché libre. Dans une révolution verte, il n’y a pas de place pour Electrabel et consorts. Nous voulons prendre en main nous-mêmes les leviers de notre avenir. Nous prônons la socialisation du secteur de l’énergie. Au lieu de GDF Suez, RWE, EDF et ENI, nous voulons des sociétés publiques de l’énergie, aux mains de la collectivité et sous contrôle démocratique. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons remplacer le chaos du marché libre par la mise en place planifiée d’un système durable de l’énergie.

 

2. Des entreprises publiques de l’énergie pour de l’énergie verte.

Nous voulons que soient créées des entreprises publiques de l’énergie. Actuellement, l’État transfère l’argent des impôts vers les géants de l’énergie. Nous voulons que l’État investisse lui-même dans la production durable d’énergie et qu’il fournisse l’énergie bon marché à la population.

Si on veut investir aujourd’hui dans l’énergie durable de demain, il faut avoir une vision large. Nous prônons un plan d’avenir national pour l’énergie verte et pour les entreprises de l’énergie disposées à fournir de l’électricité verte au niveau national. Un contrôle démocratique est d’une importance cruciale. Les conseils d’administration ne peuvent pas être désignés politiquement, mais élus par les consommateurs, et les organisations environnementales et les syndicats y seront également représentés. Les citoyens ont un droit de parole et tous les conseils d’administration seront publics et seront diffusés en direct sur Internet.

 

Ensuite, des entreprises publiques communales d’énergie verte peuvent également fournir une précieuse contribution, en participant au niveau local, à petite échelle, au système de l’énergie de demain. Nous sommes par ailleurs partisans d’un parc européen d’éoliennes dans la mer du Nord, dans des mains publiques et sous contrôle de la société.

Les entreprises publiques d’énergie ne sont pas une utopie. Ces dernières années, plus de 60 villes allemandes ont montré la porte aux multinationales de l’électricité qui décidaient de tout au niveau local, et elles ont créé leurs propres entreprises publiques. À Munich, une entreprise communale fournit de l’énergie verte à un prix abordable à 95 % de la population. Les entreprises communales d’énergie allemandes montrent encore à petite échelle et de manière encore fragmentaire qu’il est bel et bien possible de faire changer les choses.

 

3. Pour la mise en place de réseaux de chauffage central urbain.

Les réseaux de chaleur pour le chauffage des habitations, l’eau des sanitaires, le chauffage des serres et, inversement, pour le refroidissement, constituent une technologie bien connue et efficace. Ces réseaux de chaleur peuvent être alimentés par la chaleur excédentaire de l’industrie, par la combustion de déchets ou par la production d’électricité, mais on peut également le faire avec des pompes à chaleur fonctionnant sur l’électricité en provenance de sources d’énergies renouvelables.

Pour être rentable, le chauffage central urbain doit naturellement être organisé à grande échelle et de façon collective. Les réseaux modernes de chaleur peuvent s’étendre sur des dizaines de kilomètres.

L’eau chaude peut être stockée dans des réservoirs bien isolés durant des périodes plus longues. On a donc ainsi une forme de stockage d’énergie renouvelable. Il s’agit d’une solution bienvenue lors de fortes productions excédentaires durant les périodes ensoleillées ou venteuses.

 

Ici aussi, les bons exemples viennent de l’étranger. Au Danemark, 62 % des maisons sont chauffées par des réseaux de chaleur. En Pologne, 50 %, en Suède 42 %. Ces dernières années, Copenhague, la capitale danoise (1,6 million d’habitants), est passée à peu près intégralement au chauffage urbain. Plus de 90 % des ménages y sont raccordés.

 

4. Contre la pollution atmosphérique : un master plan pour le développement des transports publics. Nous devons élaborer un vaste plan de développement des transports publics. Train, métro, tram et bus doivent être plus attrayants, surtout dans les villes.

Les transports publics doivent également avoir une fréquence bien plus régulière et être plus confortables et meilleur marché. Quand la Suède a diminué de moitié le prix du billet, le nombre de voyageurs a doublé. La gratuité des transports publics à Aubagne (France) a provoqué une augmentation de 170 % du nombre d’usagers.

 

Pour combattre la pollution de l’air, nous voulons travailler à rendre piétonnier le centre des villes. Nous optons résolument pour plus d’espace pour les vélos. Les centres des villes sont trop souvent encore une jungle inaccessible à vélo. Nous encourageons le cyclisme sur des pistes cyclables séparées, des « vélostrades », et avec l’installation de parkings à vélos couverts. Les noyaux urbains délivrés de la voiture encouragent la promenade et l’utilisation du vélo et des transports publics. Des bicyclettes électriques constituent un moyen de transport alternatif à part entière.

 

Enfin, nous voulons plancher, non seulement sur nos moyens de transport, mais aussi sur les infrastructures. Des cancers de pollution urbaine comme le ring d’Anvers doivent être rapidement recouverts. Ainsi nous créons de nouveaux espaces, nous maintenons les émissions nocives éloignées des quartiers habités et nous limitons les nuisances sonores.

 

5. Le transport de marchandises sur de longues distances : obligatoire par chemin de fer ou par bateau.

Nous voulons donner la priorité au transport par rail ou par bateau, parce qu’ils sont moins nocifs pour l’environnement. Et, par conséquent, nous voulons des investissements publics dans ce domaine. Le transport des marchandises sur longue distance doit se faire obligatoirement par conteneur, par chemin de fer ou sur les voies navigables. Le transport par route n’est « meilleur marché » de nos jours que parce que la collectivité paie les frais de la construction des routes et de leur entretien, ainsi que les frais environnementaux.

Nous pourrons opérer ce changement en ne permettant plus au marché de décider de la politique des transports.

Le « transport combiné accompagné » est un mode de transport de marchandises déjà appliqué dans plusieurs pays. Le RoLa (Rollende Landstrasse) en Autriche et en Allemagne, et le RA (Rollende Autobahn) en Suisse s’appuient sur ce concept : les camions montent sur le train, dans des wagons adaptés, et sont transportés par rail. Les chauffeurs prennent place dans les compartiments assis ou avec couchettes et reprennent la route au volant de leur camion une fois arrivés à la gare terminale.

Dans un autre concept plus écologique, les camions acheminent des conteneurs vers un point ferroviaire A. Les conteneurs sont transportés par train vers un point ferroviaire B et ensuite récupérés.

Des études prouvent que, par le rail, les émissions de CO2 sont entre 80 et 93 % plus basses que par la route et que les rejets de particules fines sont également réduits de 61 à 80 %, avec également de plus faibles émissions de dioxyde d’azote (− 96 %), de dioxyde de soufre (− 59 %) et de monoxyde de carbone (− 83 %).

 

6. Isolation de toutes les habitations récentes avec le soutien de la collectivité.

Dans beaucoup d’habitations, on peut encore réaliser d’importantes économies d’énergie. Pourtant, nos gouvernements continuent à ne miser que sur des primes et des déductions fiscales pour les familles qui exécutent des travaux d’isolation. Ceux-ci profitent surtout aux personnes qui peuvent se permettre des transformations. Pour les locataires, elles sont déjà totalement inutiles. Au lieu de transférer les deniers publics vers des propriétaires privés, ce qu’il nous faut, c’est un plan d’isolation à grande échelle, avec un système de tiers payant. Pour cela, l’État avance l’argent de la rénovation, somme qui se rembourse plus tard par les économies faites sur la facture d’énergie.

Pour les bâtiments plus anciens, où l’isolation ne rapporte pour ainsi dire rien en termes d’économie d’énergie, nous voulons recourir autant que possible à d’autres formes pour la récupération de l’énergie perdue.

 

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