#GoLeft17 : Tendre à la paix

Constats

Un. Notre pays participe à la guerre en Afghanistan.

Depuis douze ans déjà, avec les troupes de l’OTAN, notre pays participe à l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, 193 militaires belges et six avions de combat F-16 y sont toujours stationnés. Le gouvernement a prolongé leur engagement et, chaque fois, sans guère de débat. Officiellement, la mission est d’apporter la paix et la démocratie. Mais Malalai Joya, une ancienne députée afghane, affirme que l’occupation étrangère n’a fait qu’aggraver les choses, avec « plus de sang versé, plus de méfaits, plus de violations des droits de l’homme et plus de pillage des richesses afghanes ». En douze ans de guerre, il y a eu 200 000 victimes civiles. La situation de la femme afghane reste lamentable. 56 % des mariages concernent des filles de moins de 16 ans. Pendant ce temps, le pavot fleurit comme jamais encore auparavant. 2013 a été une année record pour la culture de l’opium, avec 36 % de superficie cultivée en plus. Le pays assure désormais, sous occupation de l’OTAN, les trois quarts de la demande mondiale pour cette drogue.

 

L’engagement militaire belge en Afghanistan coûte chaque année 120 millions d’euros. Après 2014, quand la mission militaire internationale se terminera officiellement en Afghanistan, la Belgique va encore fournir de l’aide militaire pendant dix ans, pour 12 millions d’euros par an. Le ministre De Crem veut encore, par-dessus le marché, qu’il y ait là-bas une présence militaire belge permanente.

Un seul vol de F-16 coûte 31 250 euros. Six de ces vols engloutissent un budget qui suffit à assurer le fonctionnement pendant toute une année de l’ONG belge Mothers For Peace in Afghanistan (mères pour la paix en Afghanistan), qui emploie 87 personnes et touche quotidiennement des dizaines de milliers de personnes par son aide médicale et sociale.

 

Deux. Notre gouvernement poursuit les victimes de cette guerre et ne leur donne pas la protection qu’elles sont en droit d’attendre.

Notre gouvernement bombarde l’Afghanistan alors qu’il refuse d’accorder l’asile aux réfugiés afghans. Il les renvoie même en zone de guerre. Même les familles avec des enfants reçoivent un ordre d’expulsion et ceux qui deviennent majeurs peuvent être rapatriés de force. En 2012, sur les 3 290 réfugiés afghans qui ont introduit une demande d’autorisation de séjour, seuls 1 490 ont reçu une réponse positive. Les 1 800 réfugiés restants ont été refusés. Parce que, dans leur région de l’Afghanistan, prétendent les services belges, il n’y aurait pour ainsi dire pas de guerre ! Ainsi, en 2013, la secrétaire d’État Maggie De Block a économisé 85 millions d’euros dans la politique d’asile et elle a supprimé des milliers de places d’accueil.

 

Trois. De nouvelles dépenses militaires pour l’achat d’avions de combat ?

Le ministre De Crem veut remplacer les appareils de combat F-16 par des F-35 hyper-sophistiqués. Coût de l’opération : 150 millions d’euros… l’unité. Et encore 7,2 millions d’euros pour les frais d’exploitation. Par avion ! Et par an. Sans compter le carburant. Un seul de ces avions de combat permettrait à donner un emploi une année durant à 3 750 enseignants en Belgique. Les États-Unis verraient volontiers ces F-35 américains en Belgique. Parce qu’ils peuvent transporter les bombes nucléaires américaines B-61 rénovées, qui sont stockées (illégalement) à Kleine Brogel.

 

L’OTAN veut que la Belgique et les autres États membres consentent des efforts militaires plus lourds.

 

Quatre. Tous les partis au Parlement ont approuvé la guerre en Libye et en Afghanistan.

Toute personne de bon sens préfère la paix à la guerre. Pourtant, au siècle dernier, nous avons connu deux horribles guerres mondiales. Et, dans les années 90, il y a eu des guerres en Yougoslavie.

Aujourd’hui, il y a des conflits armés en Afghanistan et en Irak, en Libye et en Syrie, au Congo et en Colombie. Dans ces pays, ce sont des situations et dynamiques locales qui entrent en jeu, mais dans chacun de ces conflits, l’Occident joue un rôle : dans ses causes – les relations injustes entre le Nord et le Sud, la poussée vers l’expansion des multinationales, les antécédents coloniaux… –, mais aussi dans la conduite de la guerre même – livraisons d’armes et entraînement militaire, espionnage, ingérence politique, drones, intervention militaire directe, bombardements et troupes au sol.

La Belgique elle aussi est impliquée, en tout cas dans les bombardements en Libye et dans l’occupation militaire de l’Afghanistan. Concernant la Libye, cette implication militaire a reçu le soutien unanime de tout le Parlement belge, de tous les partis.

 

La vision du PTB-go!

La Belgique doit développer une vision et une stratégie de la paix qui lui sont propres. Au lieu de participer à des interventions militaires, nous ferions mieux de nous spécialiser dans des initiatives de paix et de désarmement, comme nous l’avions déjà fait sur le plan de l’interdiction des munitions à fragmentation ainsi que dans des missions de déminage. D’autres petits pays comme la Norvège et la Suisse le font aussi, en tant que médiateurs dans des conflits ou en collaborant à l’aide humanitaire internationale.

Nous ne voulons pas de participation belge à des interventions militaires à l’étranger. Les missions de maintien de la paix ne peuvent avoir lieu que dans le cadre strict d’un accord de paix multilatéral, avec l’accord du pays d’accueil, avec respect du droit international et de la Charte des Nations Unies et pas en liaison avec l’OTAN. Et à condition qu’il y ait un débat parlementaire démocratique préalable, avec transparence complète.

 

Et l’OTAN ? Pourquoi la Belgique n’opérerait-elle pas un retrait (progressif) de cette alliance militaire ? Nous estimons que l’OTAN doit être supprimée. En attendant, notre pays peut déjà réduire à un strict minimum sa contribution à l’OTAN et à l’Europe militaire, à commencer par le transfert des moyens d’une politique sécuritaire militaire vers une politique sécuritaire non militaire.

 

Pour l’Afghanistan, il est grand temps qu’on assiste à un adieu aux armes de la Belgique. Là où c’est possible, nous stimulons le dialogue et les négociations entre les deux parties concernées et avec les pays de la région qui sont également concernés. Nous retirons les troupes et F-16 belges et revenons sur notre décision de continuer à fournir annuellement pour 12 millions d’aide militaire à l’Afghanistan.

En même temps, nous apportons notre aide aux demandeurs d’asile afghans en Belgique. Nous ne voulons pas qu’un seul Afghan soit encore remis dans un avion. Nous ne voulons pas que d’autres Afghans renvoyés perdent encore la vie. Nous instaurons un moratoire sur toutes les expulsions vers l’Afghanistan et octroyons un permis de séjour aux familles et personnes afghanes. Cela signifie aussi que tous les Afghans incarcérés dans des centres fermés doivent être libérés.

Vis-à-vis de la guerre et de la violence, la Belgique peut ainsi émettre un signal de paix.

 

Les propositions du PTB-go!

1. Retrait immédiat des troupes et F-16 belges de l’Afghanistan. Pas de contribution belge à une prolongation du séjour militaire international en Afghanistan après 2014. Annulation de la décision d’y consacrer annuellement 12 millions d’euros.

 

2. Pour une solution négociée pour l’Afghanistan. La communauté internationale doit être mobilisée en vue d’une médiation se dirigeant vers le dialogue et les négociations entre toutes les parties concernées. Les pays de la région doivent être concernés dans ce processus, avec respect de la souveraineté et des propres objectifs de développement du pays.

 

3. Pas de participation à des interventions militaires à l’étranger.

 

4. La Belgique doit ramener au minimum sa contribution à l’OTAN et à l’Europe militaire, en attendant la révision du rôle et de l’affiliation de la Belgique au sein de cette même OTAN.

Pas d’achat de nouveaux avions de combat F-35. Transfert des moyens financiers d’une politique sécuritaire militaire vers une politique sécuritaire non militaire.

 

5. La Belgique doit développer sa propre vision et stratégie de paix.

 

6. Pour les Afghans, nous demandons :

– Une évaluation sérieuse de la situation en Afghanistan et des dangers d’aggravation de la situation après 2014.

– Un moratoire sur les expulsions vers l’Afghanistan.

– Un statut légal pour tous les réfugiés afghans qui séjournent déjà en territoire belge.

 

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