#GoLeft12 : L’enseignement contre l’inégalité

De l’enquête électorale du PTB

18 % des personnes interrogées cochent « l’enseignement » dans le top 3 des problèmes que nous devons aborder en premier lieu.

Question : « Comment en arriver à un enseignement secondaire qui réduise l’inégalité sociale ? »
Réponse : 38 % voient comme priorité dans ce domaine : « petites classes et soutien scolaire gratuit », 32 % veulent prioritairement un « enseignement gratuit ».

 

Constats

Un. Notre enseignement : champion de l’inégalité.

Depuis des dizaines d’années, l’enseignement francophone belge caracole — au moins depuis qu’existent des instruments de comparaison internationaux — en tête des systèmes les plus inéquitables au monde selon le test international PISA.

L’orientation dans une filière, prématurée, à l’âge de 12 ans, en hiérarchisant l’enseignement général, technique ou professionnel, provoque une importante ségrégation sociale. Si l’on divise les élèves de 15 ans en 10 groupes selon leur milieu socioéconomique, 87 % des élèves du décile le plus riche sont dans l’enseignement général, alors que pour le décile le plus pauvre, ils ne sont que 24 %. Le système scolaire organise donc, à travers les filières et dès le début de l’enseignement secondaire, un grand tri social. Ce n’est donc pas les enfants qui ne sont pas « faits » pour une certaine filière, mais plutôt les filières qui sont « faites » pour certains enfants.

En Communauté française de Belgique, un élève sur deux redouble au moins une fois avant l’âge de 15 ans. Aucun pays d’Europe occidentale ne connaît une situation aussi délirante. Cela signifie qu’un élève sur deux suit un parcours de formation totalement inadapté à ses besoins spécifiques et qu’il intègre déjà un sentiment d’échec, d’incapacité face aux exigences de l’école. Qui plus est, les taux de redoublement varient du simple au triple entre le dixième et le premier décile socioéconomique. La menace du redoublement n’est plus un moyen de motiver, mais un vulgaire outil de sélection (sociale).

 

La Communauté française de Belgique et la France font partie des systèmes éducatifs comptant le plus grand pourcentage d’élèves en écoles ségrégatives (ghettos de riches et ghettos de pauvres).

 

Entre 1989 et 2009, le nombre d’étudiants a augmenté de 48,6 % dans l’enseignement supérieur. Mais si, aujourd’hui, ce sont trois étudiants sur quatre (74 %) qui tentent leur chance dans l’enseignement supérieur, cette moyenne cache de grandes différences : 98 % des jeunes de l’enseignement général entament des études supérieures contre un étudiant sur huit des filières professionnelles. Finalement, il n’y a que 41 % des jeunes qui terminent leurs études avec un diplôme de l’enseignement supérieur. 42 % des jeunes terminent leur scolarité avec un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur, et 17 % avec un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur.

Et qu’a fait le gouvernement pour l’enseignement obligatoire ?

Il a organisé la sélection dès la première année d’école secondaire par la création d’un premier degré différencié. Cela signifie que les élèves ne redoublent pas leur année en cas d’échec en première et deuxième années, mais qu’ils intègrent une année différenciée. Il ne s’agit donc plus d’un véritable tronc commun jusqu’à 14 ans.

Malgré les énormes disparités, grandissantes, entre les écoles, et sans mettre en œuvre les moyens pour pallier les causes de ces inégalités, le gouvernement a modifié les épreuves de certificat pour l’enseignement secondaire. Le TESS (test d’enseignement secondaire supérieur) deviendra obligatoire en juin 2015. Les élèves des écoles les plus défavorisées auront de bien moins grandes chances de réussir ce test commun à toutes les écoles de la Communauté française de Belgique.

 

Deux. Il y a un manque de places. Le manque de places dans les écoles est alarmant dans tout le pays et spécialement dans les grandes villes.
Notamment à Bruxelles qui connaît une véritable explosion démographique. Selon les prévisions du Bureau fédéral du plan, l’augmentation du nombre d’élèves à Bruxelles à l’horizon 2030 sera grosso modo de 20 % dans le maternel, 30 % dans le primaire et 33 % dans le secondaire.

Existe-t-il un plan pour répondre à ce défi ? Si on en croit le Brussels Studies Institute, 42 000 places sont à créer d’ici 2020 : 9 500 dans le maternel, 20 000 dans le primaire et 12 500 dans le secondaire. Il faut créer pour 2015, 18 000 places dans le fondamental et 4 700 dans le secondaire, selon les calculs de la Région bruxelloise. Or, celle-ci estime que seulement trois quarts des besoins seront alors satisfaits. Ce qui signifie qu’il manquera plus de 5 500 places dans deux ans.

 

Trois. L’enseignement devient de plus en plus cher.

La gratuité de l’enseignement prônée dans les textes de loi n’existe pas dans la pratique.

Des études de la Ligue des familles révèlent qu’en moyenne, la facture annuelle est de 120 euros pour les fournitures scolaires dans l’enseignement primaire et de 254 euros dans l’enseignement secondaire.

À cette première facture, on peut ajouter de nombreux coûts supplémentaires : les activités telles que les voyages et excursions scolaires coûtent entre 63 et 175 euros par an aux familles.

60 % des parents laissent leurs enfants à la garderie après 16 heures, ce qui leur coûte 182 euros par an.

Le gouvernement de la Communauté française de Belgique a récemment pris certaines mesures pour plus de transparence et d’information aux parents, mais elles n’ont pas l’ambition de réduire durablement le coût de la scolarité de nos enfants. Un voyage scolaire ne peut être organisé que si 90 % des enfants y sont inscrits.

 

Qu’a fait notre gouvernement fédéral ?

En septembre 2013, il a réduit les allocations de rentrée. Cette prime se situait entre 27 et 110 euros selon l’âge de l’enfant. Lors de la prochaine rentrée scolaire, elle diminuera d’environ 15 % soit de 5 à 15 euros selon l’âge de l’enfant. En 2014, elle sera encore diminuée d’environ 15 %. C’est donc une baisse de près de 30 % qui est totalisée pour cette prime de rentrée.

 

Le coût des études supérieures devient de plus en plus élevé. Une année dans l’enseignement supérieur revient entre 9 000 et 10 000 euros pour un étudiant koteur et à 4 200 euros en moyenne pour un étudiant qui n’a pas de loyer à payer. Près de 33 000 étudiants ont accès à une bourse de la Communauté française. Mais près d’un étudiant sur trois doit avoir recours à des aides sociales pour payer ses études (service social de l’établissement, bourse de la Communauté française, CPAS, etc.)

La crise économique et l’austérité touchent toutes les couches de la population, n’épargnant pas les étudiants du supérieur et leurs familles. Les frais à charge de l’étudiant ne cessent d’augmenter. Ainsi, le coût des études a subi une hausse totale de 18 % entre 2008 et 2011, selon les études de la FEF.

La crise aggrave la précarité des étudiants. Entre 2010 et 2011, le nombre de demandes de bourse a augmenté de 25 %. Le nombre d’étudiants y faisant appel a doublé en Wallonie en 10 ans, il a triplé à Bruxelles (+ 225 %).

Le recours à l’aide du CPAS ne peut se faire sans que celui-ci ait son mot à dire sur le choix des études (certaines filières sont interdites lorsque le CPAS juge qu’elles ne mèneront pas à un emploi) et sur le travail de l’étudiant, qui est obligé de travailler un mois minimum pour démontrer sa « motivation ».

Suite à de nombreuses mobilisations étudiantes pour la réduction du coût des études menées par la FEF (Fédération des étudiants francophones), le gouvernement a gelé le minerval à 835 euros pour tous les étudiants et a instauré la gratuité du minerval pour les boursiers. Cependant, le gouvernement a également voté l’harmonisation du minerval entre tous les établissements d’enseignement supérieur et qui actuellement oscille entre 170 et 835 euros. Le décret sur le gel du minerval et la gratuité pour les boursiers touche à sa fin en 2015, ce qui mènera à un nouveau décret sur les droits d’inscription.

 

Quatre. Le sous-financement structurel de notre enseignement.

Depuis des années déjà, on assiste à un sous-financement structurel de l’enseignement. Dire que l’enseignement est épargné, c’est nier l’état catastrophique du budget des communes. Les mesures d’austérité dans les communes commenceront massivement après le 25 mai 2014, mais elles produisent déjà d’importants effets sur les écoles communales et l’apprentissage des enfants.

Le gouvernement de la Communauté française de Belgique a décidé la réduction des subventions de fonctionnement de 23 % d’ici 2016 pour l’enseignement officiel. La dotation de base par élève des écoles de la Communauté française est aujourd’hui de 1 310 euros par an. Elle passera d’ici 2016 à 1 005 euros. Cela représente 300 euros de moins par élève et par an d’ici 2016, donc une diminution de 23 % de la dotation actuelle. Une économie, par conséquent, de 12 millions par an, soit 36 millions d’ici 2016. Or à quoi servent des dotations ? À payer le personnel technique et ouvrier, les factures de gaz et d’électricité, du matériel, etc. 300 euros par élève par an, cela représente un équivalent temps plein par tranche de 170 élèves. Cela représente aussi environ le double du coût moyen par élève de la consommation en gaz et électricité. Dans quoi les écoles vont-elles donc devoir couper ? Dans le personnel de cuisine ou de nettoyage ? Ou bien le plan gouvernemental est-il d’arrêter de chauffer et d’éclairer les écoles à partir de 2016 ?

Dans l’enseignement supérieur, le nombre d’étudiants augmente constamment, mais, par rapport au nombre d’étudiants, il y a de moins en moins de moyens. Il n’y a pas d’argent pour des investissements dans l’infrastructure. Résultat : manque de place dans les classes et auditoriums, manque de chambres de qualité pour les étudiants, une infrastructure vraiment déplorable… Le sous-financement plonge la plupart des institutions dans une situation précaire. On les encourage à chercher des solutions sur le marché privé. Les branches d’études non rentables sont supprimées… Et chaque fois, ce sont toujours les mêmes qui doivent payer la facture.

Dans l’enseignement supérieur, les étudiants de plusieurs établissements en Wallonie se sont soulevés contre les coupes budgétaires réalisées dans leurs établissements, mués en véritables laboratoires des mesures d’austérité : frais supplémentaires (jusque 300 euros) ; rationalisation de l’éventail des cours et des classes proposés, arrêt du remplacement des professeurs ou du personnel qui partent à la retraite.

 

En plus, les professeurs sont encouragés à « produire » plus. La pression en faveur des publications croît, la qualité de l’enseignement, elle, doit en pâtir. Le ministre vient de changer les critères de financement de la recherche universitaire, selon un système OUTPUT. Un financement selon le nombre de doctorats délivrés, nombre de postdoctorants, les financements internationaux, le nombre de publications et de citations, mettant donc l’accent sur la productivité et les « résultats ». Ce modèle est déjà d’application depuis cinq ans en Flandre. Les professeurs et les chercheurs dénoncent la pression constante mise sur la publication pour faire du chiffre. Souvent au détriment des résultats, et de leur mission d’enseignement.

 

Cinq. Le privé pénètre déjà de plus en plus profondément dans l’enseignement supérieur et dans la recherche scientifique.

Le privé joue directement aussi un rôle de plus en plus grand dans notre enseignement supérieur et cela concerne bien plus que la seule privatisation de certains services (restaurants, cours…).

Du fait que le rôle du privé gagne en importance, les formations qui ne sont pas rentables économiquement perdent de l’intérêt. De même, l’indépendance de la recherche est mise en danger par l’ingérence des entreprises privées. Et, en raison de la pauvreté en moyens, il y a également moins d’espace pour la recherche fondamentale. De nos jours, Einstein et Kant ne trouveraient sans doute pas de place à l’université en Belgique.

 

La vision du PTB-go!

Nous voulons une école qui aille à l’encontre de l’inégalité et tende à proposer à chacun un enseignement de qualité.

Il n’est pas normal, à douze ans, de forcer les enfants à déterminer leur avenir. Le choix est en effet fortement déterminé par le contexte social des jeunes. La Finlande est elle aussi une championne du test PISA. Mais l’enseignement finlandais est plus performant que l’enseignement belge en ce qui concerne les prestations moyennes des élèves. Les différences entre les écoles y sont bien moindres. Les écoles y sont bien plus diversifiées aussi sur le plan social. Les résultats scolaires y sont bien moins déterminés par l’origine socioéconomique de l’élève. Pour un enseignement démocratique qui réduise la ségrégation sociale et l’inégalité, nous pourrions nous inspirer du système d’enseignement finlandais. Les élèves y suivent un programme de cours en grande partie commun et ce, jusque l’âge de 16 ans. Ce n’est qu’après que l’élève choisit une orientation d’études qui le préparera à l’enseignement supérieur ou à une qualification professionnelle. En Finlande, les élèves se rendent en principe à une école proche de chez eux et qui leur est assignée par la commune. 99 % des écoles en Finlande sont sous le pouvoir organisateur de la commune. Aucune commune ne se soustrait à son devoir social de garantir à tous les enfants des chances égales à l’école.

 

Ensuite, nous estimons que le but de l’enseignement doit être que tous les élèves réussissent. Nous avons besoin de classes plus petites, où un meilleur accompagnement serait possible, avec un soutien spécial aux élèves en difficulté d’apprentissage. Dans certains cas, il serait nécessaire, comme en Finlande, d’engager un second enseignant dans la classe. Il est possible de limiter fortement le nombre d’élèves restant à la traîne sans qu’il y ait un nivellement par le bas. Cela va de pair avec un renforcement de la formation des enseignants. En Finlande, la plupart des enseignants ont suivi une formation de cinq ans.

 

Afin de contrer l’inégalité sociale, l’enseignement doit également être vraiment gratuit, aussi bien dans l’enseignement primaire que dans le secondaire. Et les élèves doivent pouvoir accéder beaucoup plus facilement à l’enseignement supérieur.

 

En Belgique, l’inégalité est encore renforcée par la concurrence entre les réseaux d’enseignement et par la dualisation entre les écoles d’élite et les autres. Ce qui est encore facilité par le libre choix de l’école. Nous devons renverser cette logique et encourager une meilleure collaboration entre les écoles et proposer à tout le monde une école de qualité.

 

L’école ne doit pas uniquement servir à apprendre une spécialisation. L’enseignement doit contribuer à un développement équilibré et général. Un développement de la tête, du cœur et des mains. Sur les plans technique, scientifique, intellectuel, culturel et sportif. Afin de préparer les jeunes à participer à la société. Ce qui suppose aussi d’être critique et d’avoir suffisamment de connaissances pour comprendre la société. Et d’utiliser sa tête, son cœur et ses mains pour œuvrer à une société plus juste.

 

Pour réaliser tous ces défis, il faut un refinancement de l’enseignement : vers les 7 % du PIB. L’enseignement doit être une priorité du gouvernement.

 

Les propositions du PTB-go!

1. Nous voulons un enseignement de qualité qui combatte l’inégalité.

Des classes plus petites. De petites classes de 15 élèves au maximum jusqu’en troisième année. Ensuite, des classes de 20 élèves maximum.

Pas de sélection prématurée. Un tronc commun jusque 16 ans est un instrument pour combattre l’inégalité. Ce n’est qu’après une formation de base de dix ans en grande partie commune que l’élève choisit une orientation d’études qui le préparera à l’enseignement supérieur ou à une qualification professionnelle. Dans ce tronc commun, on consacre son attention à la formation générale et technique et pas uniquement à l’une ou à l’autre. L’intention est de former les jeunes de manière large, diverse et de façon critique afin qu’ils puissent assumer leur rôle dans la société. Ce tronc commun est également associé à un meilleur accompagnement des élèves, de sorte que chacun soit suivi de façon plus diversifiée.

L’enseignement doit vraiment être gratuit dans le primaire et le secondaire. Tous les moyens d’apprentissage et activités obligatoires doivent être gratuits. De même, des repas et un accueil pré ou postscolaire devraient être gratuits aussi.

Nous voulons une politique d’inscription qui favorise la mixité sociale dans toutes les écoles et qui garantisse une place à chaque élève dans une école d’accès facile par sa proximité et diversifiée sur le plan social.

 

2. Nous voulons une place pour tous. Il faut en terminer avec la négligence coupable et la politique de l’autruche des différentes autorités. Elles doivent tout mettre en œuvre pour assurer partout, pour chaque enfant, une capacité scolaire suffisante. C’est pourquoi il est d’une importance essentielle que les écoles restent propriété publique. Aussi l’État est responsable du financement de structures scolaires nouvelles.

 

3. Nous voulons faire réussir tous les élèves.

 Soutien particulier aux élèves avec des difficultés d’apprentissage. Nous luttons pour une remise à niveau rapide, soutenue par suffisamment d’enseignants et de personnel spécialisé, des élèves qui risquent de décrocher, des élèves qui ont des problèmes et des troubles d’apprentissage. Dans certains cas, il est nécessaire, comme en Finlande, d’engager un second enseignant dans la classe. Il est possible ainsi de limiter fortement le nombre d’élèves restant à la traîne sans qu’il y ait un nivellement par le bas.

 Obligation scolaire à partir de l’âge de 3 ans.

– Consolidation de la formation des enseignants.

– Améliorer l’encadrement et la méthodologie. Il faut investir davantage dans l’encadrement, tant dans l’enseignement obligatoire que dans l’enseignement supérieur. Il faut introduire des cours supplémentaires de méthodologie en première année de l’enseignement supérieur. Apprendre à apprendre, en fait. Il doit y avoir un encadrement spécifique pour les nouveaux étudiants. C’est pourquoi plus d’argent est nécessaire pour des tutorats, de sorte que ceux-ci puissent influer plus activement sur la réussite des étudiants. Ils doivent avoir la possibilité d’aller vers les étudiants au lieu d’attendre que ceux-ci viennent à eux. Ce qui se traduit aussi dans le recrutement de personnel.

– Dans l’enseignement supérieur, les cours doivent être en ligne et donc disponibles gratuitement et dès le début du semestre.

 

4. Les coûts des études dans l’enseignement supérieur doivent baisser.

– Relever les limites de revenus dans le système de financement des études, aussi celles qui entrent en ligne de compte pour une bourse maximale. Au moins un tiers des étudiants doit pouvoir bénéficier d’une bourse. Réduire la paperasserie administrative en automatisant l’octroi d’une bourse. Ainsi, tous ceux qui y ont droit la recevront effectivement.

– Augmenter les montants des bourses de sorte qu’ils puissent couvrir tous les frais liés aux études. Les adapter automatiquement à toute augmentation des coûts des études. À cet effet, effectuer régulièrement un audit sur les coûts des études.

– Supprimer progressivement le minerval dans l’enseignement supérieur. 

– L’État fédéral et les régions doivent investir eux-mêmes dans la construction et la gestion de logements de qualité pour les étudiants.

– Mettre au point un contrat locatif uniforme par ville.

– Fournir à tous les étudiants et jeunes jusque 26 ans une carte de transport public pour tous les réseaux (De Lijn, TEC, STIB, SNCB). Encourager la mobilité durable parmi les étudiants, maintenir la modicité du prix de cette carte de transport public : ne pas demander plus qu’un prix administratif minimal.

– Introduire une facture maximale (un plafond des frais d’étude) pour les frais spécifiques à la formation et pour le matériel d’étude.

 

5. Nous voulons une école qui fasse partie du quartier.

Les possibilités d’apprentissage et de développement s’accroissent quand il y a un lien plus fort entre différentes écoles et aussi par la collaboration avec des partenaires de quartier (parents, bibliothèque, éducation fondamentale, services de quartier, associations socioculturelles, artistiques, sportives…). L’école doit être un lieu accessible aux habitants du quartier. Cela va de pair avec des heures d’ouverture plus longues, la mise à disposition de l’infrastructure, etc.

 

6. Nous voulons une collaboration entre les réseaux d’enseignement.

La concurrence entre les réseaux d’enseignement doit faire place à la coopération dans l’intérêt de tous les élèves et membres du personnel. À terme, nous voulons un seul réseau d’enseignement public.

 

7. Nous voulons un enseignement bilingue à Bruxelles.

La cohabitation d’un enseignement francophone et d’un enseignement néerlandophone sur un même territoire renforce encore plus la concurrence. Le bilinguisme est fondamental pour les personnes vivant à Bruxelles. Il favorise la compréhension et le respect entre les communautés. De même, pour la grande majorité des emplois, il faut être bilingue à Bruxelles. C’est pourquoi nous estimons que, pour les écoles à Bruxelles, il ne doit y avoir qu’une seule autorité compétente. Une partie des cours doit être donnée en français et une autre en néerlandais, et ce, pour tous les élèves. Pour rendre possible l’enseignement par immersion, des méthodes pédagogiques adéquates doivent être élaborées.

 

8. Nous voulons une refédéralisation de l’enseignement.

La communautarisation de l’enseignement a provoqué un fossé entre l’enseignement néerlandophone et l’enseignement francophone, aussi bien en ce qui concerne les moyens qu’en matière de qualité d’enseignement. Dans un petit pays comme la Belgique, le niveau adéquat pour la plupart des matières est le niveau national. Au niveau national, nous pouvons organiser l’enseignement de façon plus efficace. L’exécution de la politique éducative peut alors être décentralisée vers les communes et, éventuellement, vers les régions. Pour un nombre limité de tâches, une approche séparée est nécessaire en fonction de la langue.

 

9. Le refinancement de l’enseignement est nécessaire.

Nous prônons une augmentation du budget national de l’enseignement au niveau de 1980 : 7 % du PIB.

À brève échéance, nous voulons introduire la taxe des millionnaires, qui peut rapporter 8 milliards d’euros. De cette somme, 1,6 milliard irait à l’enseignement : 1 milliard pour 25 000 enseignants de plus, surtout dans l’enseignement primaire ; 300 millions pour la construction d’écoles et 300 millions pour l’enseignement supérieur. Ensuite, 400 millions iraient encore à la recherche scientifique.

 

En ce qui concerne la construction d’écoles : nous sommes adversaires du système PPP (partenariat entre public et privé). Avec la taxe des millionnaires, nous pourrions investir 300 millions dans des bâtiments scolaires pour l’enseignement flamand et francophone. Ce qui équivaudrait à 45 écoles par an.

 

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