Discrimination

La Belgique est dotée de bonnes lois contre les discriminations. Malheureusement, leur application laisse à désirer. Telle est la conclusion avancée par les experts en Commission parlementaire. « L’autorégulation contre la discrimination, ça ne marche pas, a défendu le député PTB Raoul Hedebouw à la Commission. Seuls des testings permettront de contrôler les entreprises et de les sanctionner si la discrimination est avérée. »

Le nouveau porte-parole francophone du PTB, Germain Mugemangango, a enchaîné les plateaux de télévision ces dernières semaines. Ses premières interviews ont été l’occasion d’aborder de nouveaux sujets de société comme le racisme, la laïcité, la religion et le foulard. Que pense un marxiste de ces questions ?

Il y a quelques semaines, Samira postulait pour un emploi comme enseignante. Face à un énième refus, elle tente à nouveau sa chance en diminuant ses années d'expérience et en se présentant sous le nom de Cécile. Une réponse enthousiaste arrive presqu’immédiatement... Interview croisée avec Samira et Youssef Handichi, député bruxellois du PTB, qui demande l’instauration de mesures pour détecter et punir la discrimination.

Quatre années après avoir été condamnée dans la fameuse affaire des « Bleu Blanc Belge », des journalistes de la RTBF ont prouvé qu’Adecco continue à discriminer. Jusqu’à quand les autorités vont-elles laisser la discrimination raciale sévir ? « Nous voulons que l’État organise des tests comparatifs pour objectiver la discrimination, la condamner et l’éradiquer », défend Youssef Handichi, député bruxellois du PTB.

Samira a dû changer de prénom pour décrocher un entretien d’embauche sous le nom de Cécile.  Pour Youssef Handichi, député bruxellois du PTB, l’affaire Samira/Cécile est un exemple très concret prouvant la nécessité de mettre en place des testings anti-discrimination. Interview.

Ce vendredi 8 mai, les partis au gouvernement (NVA, Open VLD, MR et CD&V) ont présenté une résolution pour lutter contre les discriminations sur le marché de l’emploi. Cette résolution fait toute confiance aux entreprises elles-mêmes pour « s’autoréguler » en la matière. Les « appels-mystère » (coups de fils-tests donnés par un « client-mystère ») ne seront possibles que dans les services publics ; dans une entreprise privée, ce ne sera envisageable que dans des cas de discrimination exceptionnels et très précis. Pour le PTB, la majorité en place préserve une fois de plus les entreprises discriminantes. Le PTB propose donc des testings systématiques et proactifs et des appels-mystère, combinés à des sanctions sévères pour les entreprises prises en flagrant délit de discrimination à l’embauche.

« Ceci n’est plus du #dailyracism, mais du #organizedracism. Par ses déclarations, le Premier ministre de l’ombre donne simplement raison à tous les racistes, a réagi Zohra Othman, échevine PTB de la Jeunesse dans le district anversois de Borgerhout. La guerre menée par la NVA à l’encontre de la lutte contre les discriminations donne carte blanche aux entreprises pour discriminer en toute impunité. » Le PTB propose tout au contraire de dépister plus systématiquement la discrimination et de la sanctionner via une inspection de l’égalité.

La condamnation d’Adecco pour discrimination a été confirmée en appel dans la procédure initiée par la FGTB et SOS Racisme. Pour Dirk De Block, spécialiste PTB pour les questions de diversité et de lutte contre les discriminations, « le temps des avertissements et des belles intentions est révolu. Les discriminations doivent réellement être sanctionnées. »