Le PTB veut faire payer Electrabel & co pour investir dans l’avenir de notre approvisionnement en énergie

Le PTB s’oppose aux plans des négociateurs du gouvernement fédéral qui veulent prolonger l’activité des centrales nucléaires Doel 1 et 2. Le PTB souligne le danger mortel de cette option, et veut que les bénéfices exorbitants du nucléaire soient désormais consacrés à investir dans la production d’énergie durable.

« Le gouvernement n’est pas encore formé qu’il cède déjà au chantage d’Electrabel & co, déclare Tom De Meester, le spécialiste de l’énergie du PTB. Nous jouons avec le feu. » Selon lui, maintenir les centrales Doel 1 et 2 ouvertes est absolument inadmissible.

« Il s’agit ici des plus vieux réacteurs nucléaires d’Europe, plus vieux que ceux de Doel 3 et Tihange 3 qui présentent des fissures. Maintenir ouverts ces réacteurs usés, comme l’exige Electrabel, c’est tout simplement jouer à la roulette russe. A la différence que c’est ici toute une population qui porte le risque, alors qu’Electrabel & co engrangent les bénéfices. Le sabotage à Doel 4 prouve qu’il est impossible pour Electrabel de garantir la sécurité nucléaire. »

« Electrabel exige le prolongement de l’activité de ces centrales pour une durée de 10 ans, parce que d’importants investissements sont nécessaires pour prolonger leur durée de vie. Le montant de ces investissements est de 600 millions à 1 milliard d’euros, précise Tom De Meester. Nous devrions plutôt investir cet argent directement dans la production d’énergie alternative. »

Pour le PTB, la coupe est pleine. « Dix ans après la libéralisation, on ne peut même plus garantir l’approvisionnement en électricité !, constate Tom De Meester. Nous sommes confrontés à la menace de pénurie parce que les producteurs d’énergie n’ont pas investi à temps dans de nouvelles centrales électriques, par pure soif de profit. Si Electrabel & co ne veulent pas investir dans l’avenir de notre approvisionnement en énergie, c’est alors à nous-mêmes de le faire. »

Le PTB veut augmenter la rente nucléaire de manière structurelle, afin que ces bénéfices usuraires sur des centrales déjà amorties puissent être entièrement supprimés. Cet argent doit être utilisé pour de nouveaux investissements dans l’énergie durable et des centrales au gaz flexibles. « Il est inacceptable qu’Electrabel & co continuent à amasser des bénéfices durant des années, alors que les consommateurs sont confrontés à des pannes de courant, tout en devant payer de plus en plus pour l’énergie verte. »

Pour les négociateurs du gouvernement, la prolongation de la durée de vie de Doel 1 et 2 est « une solution pragmatique ». « Mais c’est là le pragmatisme de l’autruche, objecte Tom De Meester, on se cache la tête dans le sable pour ne pas s’attaquer aux vrais problèmes. Il nous faut d’urgence un plan d’investissements, dans lequel ce sont les pouvoirs publics qui déterminent exactement quelle capacité de production doit être construite, où et quand. » Le PTB exige également la fixation de prix maximum pour l’énergie, et une TVA de 6% tant que l’électricité que sur le gaz.

 

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