L’avenir pour la jeunesse : des emplois stables plutôt que des stages sous-payés

Photo Solidaire, Salim Hellalet
Stages de transition : "un piège à l'emploi",
Stages de transition: "un piège à l'emploi" (La Dernière Heure, 19 mars 2015)

Les récentes données d'Actiris comme les témoignages qui s'accumulent le confirment, les stages de transition en entreprise ne sont pas une solution au problème du chômage. Pour le député bruxellois PTB Michael Verbauwhede « ces stages sont un outil qui contribue à précariser les emplois existant et à brader les jeunes pour des salaires de misère. Or la jeunesse ne veut pas être bradée. Elle aspire à un emploi correct et stable. »

Le système des stages de transition en entreprise (STE) sont promus par les gouvernements régionaux bruxellois et wallon. Officiellement, ils servent aux jeunes sortis de l’école et en stage d’insertion à « apprendre un métier » et acquérir une première « expérience formatrice ». Les stages sont offerts par le Forem et Actiris. Les stagiaires sont engagés durant 3 ou 6 mois et rémunérés 866€ par mois, dont seulement 200€ à charge de l'employeur. Les 666€ restants sont payés par la collectivité via l'ONEM. « Ces stagiaires sont donc disponibles à un coût horaire inférieur à 1,3€ de l'heure pour l'employeur », explique Michael Verbauwhede. « Environ 10 fois moins cher qu’un employé, et sans aucune contrepartie sérieuse de la part de l'employeur. Par exemple, après le « stage », l’employeur ne doit pas engager le jeune ».

L’énorme majorité des stages offerts consiste en des emplois dans le secteur privé. Ils nécessitent très peu de formation ou d'expérience. Quelques exemples wallons et bruxellois : téléphoniste, réassortisseur, vendeur de chaussure, caissier, vendeur de sandwich dans des chaines de fast-food, serveur ou distributeur de toute-boîtes. La firme Blokker (qui se porte très bien avec un bénéfice en Belgique de plus de 9,9 millions d'euros) engage 22 stagiaires à Bruxelles pour « réassort/caisse/gestion des stocks/nettoyage ». Un café demande des stagiaires comme « collaborateur de salle ». Michael Verbauwhede : « Soyons sérieux deux secondes : ce sont des emplois remplacés par des stages sous-payés et financés à 75% par la collectivité. C’est inacceptable. Certaines délégations syndicales l’ont bien compris et se sont opposés à l'instauration du mécanisme dans leur entreprise. Il faudra d’ailleurs que les ministres expliquent la formation et les compétences qu'on acquiert en distribuant des toutes-boites pendant 6 mois », interroge Michael Verbauwhede. « Les jeunes ne sont pas en train 'd'apprendre un métier' ! Ils sont simplement en train d'effectuer un métier normal pour lequel ils sont sous-payés. Ce sont des emplois en solde ».

La liste fournie montre aussi que les conditions de travail sont parfois difficiles : des horaires coupés ou variables, des disponibilités le samedi ou le dimanche. « Honnêtement, est-ce un avenir pour la jeunesse de travailler 38h par semaine en horaires coupés pour un peu plus de 800 € par mois pendant 6 mois ? », martèle le député PTB.

« Certains diront que ces stages sont mieux que rien. Nous pensons au contraire que ces soi-disant stages détruisent des emplois stables. Comme doit le reconnaître la Ministre wallonne de l'Emploi Eliane Tillieux elle-même, « la mesure devient contre-productive ». L’argent public ainsi donné à des entreprises privées (parfois multinationales) devrait plutôt être investi dans de véritables emplois en faveur de la société. Les besoins tant à Bruxelles qu’en Wallonie sont énormes : crèches, homes, écoles, éducateurs, bibliothèques, éboueurs, conducteurs de bus, etc. Les gouvernements régionaux font fausse route. Dans un contexte où il maque cruellement d’emplois, il est urgent d'arrêter de gaspiller ainsi l'argent public et au contraire l'investir pour créer des emplois publics durables et correctement payés », conclut Michael Verbauwhede, député bruxellois du PTB.

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