« L’accord bruxellois ne répond pas à l’urgence sociale »

Photo Télé Bruxelles

Première réaction aux annonces médiatiques sur l’accord du gouvernement bruxellois, Michaël Verbauwhede, chef de fraction du PTB au Parlement bruxellois : « L’accord de gouvernement ne répond visiblement pas à l’urgence sociale des Bruxellois. »

Bruxelles est dans une situation d'urgence sociale qu'aucune communication politicienne ne peut masquer : chômage élevé, pauvreté grandissante, loyers impayables, ville parmi les plus embouteillées d'Europe, etc. Michaël Verbauwhede, député bruxellois, réagit : « Les éléments que le futur gouvernement a donnés à la presse ne répondent pas à cette urgence sociale. Où sont les grands projets pour créer de l'emploi stable pour les Bruxellois ? Où sont les plans de lutte contre la pauvreté ? Où sont les plans ambitieux de création de logements sociaux ? » demande le député bruxellois.

Le logement public, outil majeur pour garantir à tous les Bruxellois et spécialement aux plus défavorisés un logement décent, n’est visiblement pas une priorité pour le gouvernement bruxellois. Il n’y aura pas de changement de cap en la matière, alors que le nombre de logements sociaux disponibles est en diminution depuis 2004. Au rythme actuel de constructions de logements sociaux, il faudrait presque 9 siècles pour attribuer un logement social aux 44.000 familles qui sont en attente d'un logement social à Bruxelles. « Ce ne sont pas des projets bling-bling qui vont garantir un toit pour tous. Pourtant, la création d’une société publique de construction, de rénovation et d’isolation des logements permettrait de créer du logement social ainsi que de créer de l’emploi. Deux priorités pour Bruxelles », commente Michaël Verbauwhede.

Le PTB regrette aussi l'absence de toute volonté d'encadrer les loyers à Bruxelles. « Des communes comme Anderlecht, Molenbeek ou Saint-Gilles ont vu le loyer moyen d'un appartement une chambre plus que doubler en une vingtaine d'années. Plusieurs acteurs de l'associatif bruxellois (comme le RBDH entre autres) demandent en urgence l'instauration d'un encadrement pour tous les loyers. Nous soutenons cette demande. Pourquoi cette mesure de bon sens ne figure-t-elle pas dans l'accord de gouvernement ? », continue le jeune député.

Au niveau de l'emploi, le gouvernement continue sur la lancée des gouvernements précédents. Le premier problème à Bruxelles est le manque d'emplois. Il y a en effet une offre d'emploi à Actiris pour 48 demandeurs d'emploi. Or, les garanties-jeunes ou le contrat d’insertion professionnelle, présentés comme des solutions, ne vont pas permettre de créer de l’emploi. Ils n’offrent que la perspective d’un emploi ou un stage de courte durée. « Ce sont des emplois-carrousels », estime Michaël Verbauwhede. « La garantie-jeunes a eu pour effet de chasser de l’emploi stable dans certaines entreprises et d’y créer des emplois plus flexibles. Cela a aussi mis la pression sur les conditions de travail. Les demandeurs d’emplois, et spécialement les jeunes, ont besoin d’emplois stables avec des salaires décents. Et non d’avoir un emploi pendant un an et puis d’être remplacé par un autre », estime Michaël Verbauwhede. Et de déplorer l’absence affichée de création d’emplois dans les services publics et non-marchand à Bruxelles.

Et de conclure : « Dès qu’il sera en notre possession, nous analyserons l'ensemble de l’accord gouvernemental bruxellois. Les grandes lignes dévoilées aujourd’hui à la presse ne nous incitent cependant pas à l’optimisme. Il ne faudra pas attendre de cet accord de gouvernement qu’il réponde aux besoins et à l’urgence sociale des Bruxellois. »

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Commentaires

Pourtant d'après Laurette Onkelinx c'est un projet ambitieux