École: plutôt que l’austérité, mettre la gratuité à l'honneur

Photo Flickr CALLiège

Suite à l’enquête annuelle de la Ligue des familles sur le coût de la scolarité, le PTB défend la gratuité de l’enseignement à l’encontre de la politique d’austérité du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une demande forte qui émane également du monde associatif et syndical, en opposition totale des mesures d’économies qui vont toucher l’enseignement ces prochaines années.

L’enseignement gratuit est consacré par la Constitution belge, par le pacte de l’ONU relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Pourtant, comme le montre une fois de plus l’enquête de la Ligue des familles, ce principe est loin d’être respecté. Rien que pour la liste de matériel de cours, la Ligue des familles estime la moyenne à 44 euros par an et par enfant, à débourser au début de l’année. Cela sans compter le matériel à acheter tout au long de l’année (au total 100 euros), ainsi que les excursions, activités sportives et culturelles, etc.

« C’est inacceptable, estime Aurélie Decoene, présidente de Comac, le mouvement de jeunes du PTB. Alors qu’un Belge sur sept vit dans la pauvreté, que la pauvreté chez les enfants augmente à grands pas, l’école devient de plus en plus un luxe que beaucoup de parents ont du mal à payer. Et des mesures d’austérité du gouvernement Di Rupo continuent à se faire sentir dans le portefeuille des parents. Par exemple, l’allocation de rentrée vient encore de baisser de 15 % en août 2014 par rapport à août 2013. Un manque à gagner de plusieurs dizaines d’euros par famille. »

Pour le PTB, la gratuité de l’enseignement obligatoire est un droit fondamental à respecter. Comme le PTB l’indiquait dans son programme électoral, « dans le primaire et le secondaire, tous les moyens d’apprentissage et activités obligatoires doivent être gratuits. De même, des repas et un accueil pré ou postscolaire devraient être gratuits aussi. ».  

Cette position rejoint celle d’une cinquantaine d’associations et syndicats, groupés autour d’un appel lancé par le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté. Cet appel demande que le prochain gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles mette à l’agenda la nécessité de réduire les coûts de l’école en vue de tendre vers la gratuité. Cet objectif de tendre vers la gratuité scolaire est, selon les signataires, un élément-clé pour une école de la réussite pour tous qui réduise les inégalités. Le PTB se réjouit de cette prise de position associative et syndicale.

En revanche, plutôt que d’être à l’écoute de cet appel, le gouvernement de la Communauté française prévoit d’économiser 300 millions d’€ sur l’enseignement dans les deux prochaines années. Ce n’est pas cela qui va permettre de garantir la gratuité d’une école déjà trop chère. Au Nord du pays, le gouvernement flamand veut économiser plus de 800 millions dans l’enseignement en 5 ans, notamment en augmentant le minerval.

L’enseignement belge (francophone comme néerlandophone) est pourtant confronté à d’importants défis il est un des plus inégaux d’Europe et est de moins en moins accessible. Pour y faire face, le PTB demande un refinancement fédéral de l’enseignement, par l’instauration d’une taxe des millionnaires.

« Le PTB continuera à se battre à côté de ceux qui désirent un enseignement plus juste et qui veulent donner un avenir à tous les enfants de ce pays. Il le fera aux côtés de nombreuses associations et syndicats qui partagent ces objectifs d’équité pour l’enseignement », conclut Aurélie Decoene.

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