« Avec les libéraux (et d’autres) au pouvoir, les 5 % les plus riches possèdent autant que les 75 % les plus pauvres »

Photo Solidaire, Salim Hellalet

« Avec les libéraux (et avec d’autres) au pouvoir, les 5 % des plus fortunés possèdent autant que les 75 % les plus pauvres de Belgique. C’est ce qu’on peut conclure de l’étude des chercheurs Sarah Kuypers et Ive Marx de l’Université d’Anvers, déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB-go ! Ceci confirme les travaux de Marco Van Hees, spécialiste de la fiscalité du service d’études du PTB, et appuie notre revendication de la taxe des millionnaires qui vise les patrimoines de plus d’1,5 million d’euros. Il est temps de mettre un terme à cette inégalité frappante.»

En outre, les résultats du test électoral révélés ce matin montrent que 80,6 % des Wallons et 74,8 % des Flamands sont d’accord avec l’idée que « les plus grandes fortunes doivent être plus imposées ». Ceci confirme une série de sondages menés ces dernières années et qui fournissaient des pourcentages similaires : entre 70 et 80 % d’avis favorables à une taxation des grandes fortunes.

L’étude de Sarah Kuypers et Ive Marx de l’Université d’Anvers, effectuée sur base de l’enquête menée en 2010 par la Banque centrale européenne, indique que les 10 % des ménages belges les plus fortunés détiennent 44 % de la fortune totale. Et que ces mêmes 10 % possèdent 250 fois plus que les 10 % les moins fortunés du pays.

Raoul Hedebouw : « La leçon principale tirée par ces chercheurs, c’est que ce fossé dans la distribution du patrimoine est 45 fois plus grand que le fossé en matière de distribution de revenus. Une thèse qui rejoint celle du célèbre économiste français Thomas Piketty dans son dernier ouvrage Le capital au XXIe siècle. C’est sur base de la même analyse d’un fossé gigantesque des patrimoines que Marco Van Hees, du service d’études du PTB, dans son livre Les riches aussi ont le droit de payer des impôts (Aden, 2013), développe une argumentation en faveur d’une taxation des patrimoines eux-mêmes plutôt que de viser uniquement les revenus du patrimoine. »

Les chercheurs plaident aussi pour approfondir les recherches sur cette inégalité des fortunes. Ces recherches sont fortement freinées en Belgique par l’absence d’un cadastre des fortunes et l’absence de levée réelle du secret bancaire.

Le PTB-go! voit dans l’étude de Kuypers et Marx la faillite de la politique menée ces trente dernières années. « Chacun peut faire état de ce bilan, explique Raoul Hedebouw. Il est la conséquence d’une politique qui refuse d’instaurer un impôt sur la fortune, d’une politique qui, année après année, a diminué les tarifs de l’impôt des sociétés, d’une politique qui a systématiquement supprimé les plus hautes échelles d’imposition pour les plus hauts revenus. »

« Dans notre pays, c’est ce processus-là qui a été mis en œuvre par tous les gouvernements, qu’il s’agisse de coalitions orange-bleue, rouge romaine, arc-en-ciel, violette ou tripartite, poursuit Raoul Hedebouw. Avant 1988, le taux d’imposition des sociétés était de 45 %, aujourd’hui, il est théoriquement de 33,99 % mais, grâce aux intérêts notionnels, les multinationales ne payent plus que 6 %. Le plus grave, c’est que cette tendance se poursuit encore et toujours. Les intérêts notionnels ne sont pas supprimés, et aucune taxe sur les grosses fortunes n’est instaurée, malgré les promesses. Tous ceux qui refusent d’introduire ces mesures frapperont in fine la classe moyenne ou la plus pauvre, ou les deux. L’enjeu est donc très important. L’inégalité croissante est même l’enjeu principal de la prochaine décennie. »

Raoul Hedebouw : « Nous avons besoin d’une voix autre, d’une voix qui puisse mettre ce point à l’agenda en toute clarté. Il est plus que temps d’instaurer une taxe des millionnaires qui ne touchera que les 3 % des super-riches. Notre service d’études a élaboré une proposition très concrète, étayée et chiffrée qui peut rapporter 8 milliards d’euros. Nous avons besoin de cet argent pour investir dans les pensions, dans l’enseignement et la recherche, dans la création d’emplois. Il est temps que chacun fasse connaître sa position pour une taxe des millionnaires effective et non symbolique, avec la levée du secret bancaire et l’introduction d’un cadastre des fortunes. Cette enquête montre que le PTB-go! est plus que jamais nécessaire pour mettre à l’agenda politique des propositions sociales concrètes. »

 

 

 

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