Emma Gonzalez, élève de l'école Marjory Stoneman Douglas.

We want Change

auteur: 

Seth De Cock

Virginia Tech, Columbine High, Sandy Hook, et, récemment, Marjory Stoneman Douglas (MSD) figurent tout en haut de la liste des tueries de masse qui ont fait le plus de morts dans les écoles américaines. Face à ces massacres insensés qui ont lieu depuis des décennies, les élèves et étudiants ont décidé d'agir. Et leurs actions de protestation a déjà fait en sorte que le président Trump annonce un durcissement de la loi sur les armes.

Trois jours après la tuerie lors de laquelle dix-sept de ses camarades d'école et enseignants ont trouvé la mort, Emma Gonzalez prenait la parole lors d'un rassemblement de protestation pour exiger un changement de la loi américaine sur les armes : « We are up here standing together because if all our governement and president can do is send thoughts and prayers, then it’s time for victims to be the change that we need to see. » (Nous sommes ici parce que tout ce que savent faire le gouvernement et le président, c'est envoyer leurs pensées et leurs prières. C'est donc aux victimes de prendre les choses en main pour que cela change.)

Avec des dizaines d'autres élèves de son école et des centaines d'autres élèves et étudiants d'autres établissements, Emma Gonzalez s'est lancée dans la lutte contre le lobby  des armes et ses marionnettes politiques. « Never Again MSD » (plus jamais MSD) : tel est le nom du mouvement d'Emma Gonzalez, David Hogg, Sofie Whitney, Cameron Kasky et leurs camarades. Leur message : « Ça suffit ! » Leur revendication : la réforme de la loi américaine sur les armes. Aucun élève ou enseignant ne devrait pouvoir mourir à cause d'une arme à feu. Comment procèdent-ils ? En s'organisant et en passant à l'action. Le 24 mars aura lieu la « March For Our Lives » (la Marche pour nos vies) à Washington D.C. Les activistes ont déjà organisé une manifestation devant la Maison blanche, des marches de protestation, des rassemblements devant les mairies... La lutte contre le lobby des armes bat son plein.

Trump cède-t-il ?

Et ils ont décroché une première victoire. Le président Trump, qui a toujours soutenu à fond le lobby des armes, a annoncé qu'il comptait tout de même durcir la loi sur les armes. Les antécédents d'une personne voulant acheter une arme devraient être mieux contrôlés et les personnes souffrant de désordres mentaux ne seraient plus autorisées à posséder une arme.

La National Rifle Association (NRA) et le plus grand lobby des armes aux États-Unis. Elle soutient donc à fond le Deuxième Amendement de la Constitution américaine qui stipule que les citoyens ont « le droit de détenir et de porter des armes ». La NRA compte selon ses propres dires 5,2 millions de membres et dispose de suffisamment d'argent pour peser sur toute élection qui a lieu aux États-Unis, du niveau le plus local jusqu'à l'élection présidentielle. En 2016, la NRA a dépensé plus de 30 millions de dollars afin faire élire Donald Trump à la présidence des États-Unis. Avec cette influence politique considérable tant au sein du Part républicain que du Parti démocrate, la NRA réussit depuis des décennies à contrer toute tentative de rendre bien plus stricte la loi sur les armes.

« Foutaise ! »

« They say that us kids don’t know what we’re talking about, that we’re too young to understand how the government works. We call BS. » (« Ils disent que, nous, les jeunes, nous ne savons pas de quoi nous parlons, que nous sommes trop jeunes pour comprendre comment fonctionne le gouvernement. C'est du "BS" ».) « BS » signifie « bullshit », c'est-à-dire de la foutaise. Aujourd'hui, les jeunes ont bel et bien une opinion, et celle-ci est pour une réforme de la loi sur les armes. Le Deuxième Amendement est dépassé. Les très fortes restrictions des lois sur les armes en Australie et en Grande-Bretagne qui ont été appliquées après les massacres de Port Arthur (Australie) et Dunblane (Grande-Bretagne), tous deux en 1996, ont démontré que ces mesures sauvaient des vies. Il n'y a plus eu de tueries de masse dans aucun de ces deux pays depuis ces réformes.

Les jeunes ne veulent plus assister passivement aux événements, ils font entendre leur voix et ont bien l'intention de faire bouger les choses. Ils savent que l'amélioration ne viendra pas d'en haut et que tout véritable changement vient d'en bas. Et ils entendent bien être la force motrice vers un monde meilleur.

 

Seth De Cock est moniteur à RedFox, le mouvement de jeunes du PTB

 

“We pee on guns” action de solidarité depuis la Belgique avec le mouvement écolier aux États-Unis, qui s’oppose à la vente d’armes suite aux tueries dans les écoles secondaires. A l'initiative de #RedFox, le mouvement de jeunes du PTB.

 

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