Photo Solidaire, Salim Hellalet

Voici comment le gouvernement a agi contre nous pendant les vacances

Dans la nuit du 25 au 26 juillet, le gouvernement Michel s’est mis d’accord sur une série de mesures, qu’il veut faire voter en octobre et novembre. Pense-t-il qu’elles passeront sans réaction ? Vu la gravité de ces mesures, plusieurs syndicalistes ont annoncé que l’automne serait socialement chaud.

(Retrouver notre dossier complet en PDF ici)

1. Public ou privé : la Belgique rebaptisée « Flexiland »

Dans le privé : des flexi-jobs, des flexi-salaires, des flexi-horaires dans les grands magasins ?

Le gouvernement veut étendre à toute une série de nouveaux secteurs ce qu’on appelle les « flexi jobs ». En janvier 2015, le gouvernement a lancé dans l’horeca ce nouveau type de contrat. On les appelle aussi contrats 0 heure. Vous signez « un contrat cadre » où le job que vous devrez peut-être faire est décrit. Vous déclarez que vous souhaitez faire ce travail. Et ensuite, l’employeur vous appelle s’il a besoin de vous. Mais le contrat-cadre ne contient aucun engagement à faire appel à vous. C’est au bon vouloir de l’employeur. Si, finalement, on fait appel à vous, cela peut se faire sur base d’un engagement écrit pour une durée précise ou de manière orale. La règle selon laquelle les horaires de travail doivent être annoncés aux travailleurs au moins cinq jours à l’avance ne vaut pas pour les flexi-jobs. Et il n’y a aucune règle concernant les horaires de travail. On peut très bien vous demander de venir travailler une heure le matin et deux heures le soir. Combien êtes-vous payés pour ce contrat ? Moins de 10 euros de l’heure. Un secrétariat social a calculé que les flexi-jobs sont la formule qui coûte le moins cher aux employeurs. Encore moins cher que les jobs étudiants.

Photo Solidaire, Salim Hellalet

En lançant ces contrats en 2015, le gouvernement avait dit que cela se limiterait à l’horeca. Il voulait « lutter contre le travail au noir » en le légalisant. Mais, aujourd’hui, le gouvernement voudrait étendre ce type de contrat à toute une série de nouveaux secteurs : grands magasins, grandes entreprises de vente en détail… Des secteurs qui ne sont pas concernés par le travail en noir.

Et le gouvernement veut également ouvrir les flexi-jobs aux pensionnés. Il prend des mesures qui appauvrissent les pensionnés pour ensuite dire à ces pensionnés qu’ils peuvent compléter leur pension avec des contrats ultra précaires.

Les flexi-travailleurs seront en concurrence directe avec les travailleurs « stables ». Ils seront sous pression pour ne pas être trop exigeants dans leurs revendications sociales.

Ubérisation progressive du marché du travail

Le sous-financement de l’associatif, des clubs sportifs, du non-marchand conduit bien souvent à des difficultés pour engager de manière stable du personnel, que ce soit un entraîneur de foot ou un animateur de jeunes. Dans un tout autre registre, le nombre de gens qui font des prestations via des plateformes numériques ne cesse de grimper (Uber, Deliveroo…).

De ces phénomènes qui n’ont apparemment rien avoir l’un avec l’autre, le gouvernement a décidé d’établir la possibilité de gagner jusqu’à 500 euros par mois sans devoir payer aucune cotisation sociale ou aucun impôt. C’est valable pour les travailleurs qui travaillent à 4/5e mais aussi pour les pensionnés.

On pourrait croire à une bonne nouvelle. Cela aidera le club de foot à payer son entraîneur et permettra au livreur de Deliveroo de ne pas voir sa maigre rémunération diminuer encore par une taxation ou cotisation sociale. Mais, dans les faits, cette rémunération est dangereuse. Elle organise une fois encore une concurrence déloyale avec des travailleurs qui auraient pu accomplir ce boulot via un contrat normal. Ce système diminue la pression sur les grandes plateformes numériques pour qu’elles paient de vrais salaires. Ces rémunérations ne contribuent pas à financer une protection en cas d’accident de travail, à construire des droits pour le chômage ou la pension. Et, une nouvelle fois, les pensionnés appauvris sont incités à concurrencer les jeunes travailleurs en bossant pour des prestations sous-payées.

Flexiland dans le secteur public : la suppression du statut

Le gouvernement a décidé que la nomination des fonctionnaires deviendrait l’exception et non plus la norme. La ministre N-VA Liesbeth Homans a même – en anticipant la loi – annulé la nomination de 500 fonctionnaires à Gand. Le parti nationaliste entendait dénoncer les « privilèges » des statutaires, leur « grosse pension »…

En fait, le statut de fonctionnaire qui assure une certaine stabilité d’emploi et certains droits constitue une épine pour le patronat qui veut avoir un marché du travail le plus précaire possible. En France, près de trois jeunes sur quatre veulent travailler dans la fonction publique. En Belgique aussi, des études montrent qu’un grand nombre de jeunes sont attirés par la fonction publique. Ils veulent donner un sens à leur boulot, avoir une certaine stabilité d’emploi et des conditions de travail correctes. L’existence de ce secteur protégé retire un moyen de pression du monde patronal pour attaquer les conditions de travail. Si des conditions meilleures existent, il est plus difficile de mettre la pression sur les gens.

Ensuite, la suppression du statut de fonctionnaire facilite les possibilités de privatisation de certains services publics. Une entreprise privée ne reprendra jamais un service avec des travailleurs protégés. Par contre, s’ils ont un contrat « normal », c’est beaucoup plus facile. On le voit aujourd’hui chez bpost par exemple.

Finalement, la fin du statut a aussi pour but de casser la résistance et de faciliter l’arbitraire dans la fonction publique. À l’origine, le statut de fonctionnaire avait pour but de protéger le travailleur face à la hiérarchie. Les fonctionnaires doivent rendre un service au public, en toute impartialité, en toute égalité, en toute neutralité et en respectant la loi. Le statut doit normalement les protéger contre des ordres illégaux que leur hiérarchie voudrait éventuellement leur imposer. Le fonctionnaire a même le devoir de désobéir à une hiérarchie qui lui imposerait des ordres illégaux. Et le statut le protège contre des représailles éventuelles. Le statut protège également les fonctionnaires qui se mobilisent, s’organisent et contestent les mesures d’austérité actuelles.

Flexiland : toujours plus d’intérim

Le gouvernement veut lever toutes les interdictions à l’intérim qui existent dans certains secteurs. Par exemple, il est toujours interdit de faire appel à des intérimaires dans le secteur du déménagement ou celui de la batellerie. Le travail intérimaire est également très fortement limité dans la fonction publique. Toutes ces limitations n’ont pas leur place à Flexiland.

Flexiland, pays sans avenir et sans sécurité

A Flexiland, il y a, comme en Allemagne, de plus en plus de travailleurs pauvres. Leur nombre a doublé en 10 ans. Dans ce pays, les jeunes restent chez leurs parents jusqu’après 35 ans car ils n’arrivent pas à trouver un bon job leur permettant de bâtir leur avenir.

Dans ce pays, les contrats précaires exercent une pression et une concurrence permanentes sur les travailleurs avec un contrat stable. La peur est moins de tomber au chômage et de plus en plus de devoir travailler dans des conditions impossibles.

2. Pour les prépensionnés, 165 euros de pension en moins par mois

Le gouvernement a décidé que la pension des chômeurs ne serait plus calculée en fonction du dernier salaire, mais bien sur base d’une sorte de salaire minimum. Pour l’instant, celui-ci se situe à un peu moins de 24 000 euros par an (montant exact : 23 841,73 euros). 
Auparavant, la pension légale durant les périodes de chômage était calculée sur base du dernier salaire.

Le gouvernement avait diminué cette pension en la calculant désormais en fonction du salaire minimum à partir de la troisième période de chômage (soit après 48 mois). Une exception avait été prévue pour les plus de 50 ans, pour qui le calcul était effectué sur base du dernier salaire.
Désormais, le gouvernement Michel supprime cette exception et ramène la période de quatre ans à un an seulement. L’impact de la réforme sera particulièrement important pour ceux qui ont été au chômage pendant plusieurs années, ainsi que pour les prépensionnés, dont le statut social est assimilé à celui des chômeurs.

Un exemple a été adressé à notre rédaction : Jules, de Schoten, vient d’être prépensionné. Il a 58 ans et son dernier salaire annuel était de 45 000 euros. Selon la règlementation actuelle, il se constitue durant chaque année de prépension 600 euros de pension légale (sur base annuelle). Le calcul se fait comme suit : son dernier salaire annuel de 45 000 euros x 1/45 x 60 % (droit à la pension pour les isolés). Avec la nouvelle règlementation, il ne se constituera que 320 euros de pension légale par an. Sa pension légale sera en effet calculée sur base du salaire minimum de 23 841,73 euros (23 841,73 euros x 1/45 x 60 % = 317,89 euros).

Avec la nouvelle règlementation, Jules se constituera chaque année 282 euros de pension légale en moins. Par mois, cela représente 23,5 euros de pension en moins (282 euros / 12 mois). De sa 59e à sa 66e année, Jules restera prépensionné. Au total, dès sa 66e année, la nouvelle règlementation va donc lui faire perdre 165 euros de pension légale chaque mois (23,5 euros x 7 ans). C’est le montant brut, qui ne diffèrera guère du montant net, puisqu’il n’a déjà pas une pension très élevée.

« Ainsi donc, Jules perd 165 euros de pension légale par mois. Une mesure très sévère qui va susciter une grande colère », déclare le spécialiste des Pensions au PTB Kim De Witte. « Le gouvernement modifie les règles du jeu pendant la pause. Les gens ont opté pour la prépension sans savoir que ces règles allaient changer. C’est inacceptable. Pour les parlementaires, on a tenu compte des fameux “droits acquis”. Pour les simples travailleurs, on ne le fait pas. Deux poids, deux mesures… »

3. Le gouvernement prépare la casse de la sécurité sociale et les déficits budgétaires de demain

Le gouvernement veut casser la sécurité sociale. Les contrats où plus aucune cotisation à la sécurité sociale n’est versée se multiplient. En faisant cela, on prépare les déficits de demain et les nouvelles mesures d’austérité.

Pour rappel, l’argent que nous versons à la sécurité sociale sert à payer nos pensions, notre assurance maladie, nos allocations familiales, nos allocations de chômage… Il s’agit d’un grand pot collectif qui permet d’éviter que trop de gens tombent. En limitant le financement de la sécu, le gouvernement prépare l’insécurité sociale de demain.

La casse de la sécurité sociale est motivée par le souci de baisser les salaires mais aussi de casser un des ciments qui fondent l’unité du monde du travail en Belgique. Avec les organisations syndicales, la sécurité sociale et un des plus grands piliers d’unité. Le cauchemar des nationalistes.

4. Le gouvernement va-t-il taxer les millionnaires ?

Le soutien dans la population belge pour qu’on taxe enfin les millionnaires reste toujours très très fort. Tous les sondages le montrent. Pour casser cette idée dans l’opinion, le gouvernement essaie différentes tactiques.

Photo Solidaire, Salim Hellalet

La première consiste à dire que c’est impossible, que les riches vont s’enfuir avec leur fortune, que c’est mauvais pour l’économie, etc. Mais, malgré tous les efforts des partis de droite, ces faux arguments ne prennent pas dans la population. Les organisations syndicales, l’associatif, le service d’études du PTB ont chaque fois pu montrer que la taxation des plus riches était bel et bien possible et même nécessaire pour retrouver une société qui investit.

La deuxième tactique consiste à prendre des mesures symboliques de taxation des plus riches. Le gouvernement a introduit une taxe sur les comptes-titres, c’est-à-dire sur les comptes où des particuliers placent leurs actions.

Avec la nouvelle taxe, celui qui a pour un million d’actions sur un compte-titres paiera à peine 750 euros. En outre, il recevra immédiatement 180 euros de retour, parce que les bénéfices sur les dividendes sont moins imposés. Selon l’expert fiscal Michel Maus, il s’agit d’un « impôt homéopathique » qui n’a rien à voir avec la justice fiscale. En plus, les toutes grosses fortunes qui placent leur patrimoine dans des holdings ne seront pas touchées.

La taxe sur les comptes-titres ne rapportera rien. L’encre de l’accord gouvernemental n’est pas encore sèche que la taxe est déjà contournée. La fédération des investisseurs, la VFB, et le patron de Febelfin ont annoncé aujourd’hui déjà que les investisseurs pouvaient tout simplement ventiler leur compte sur plusieurs banques afin de contourner la taxe.

Après la taxe sur les riches – introduite en 2011 et de nouveau supprimée en 2012 – et la taxe sur la spéculation – qui, elle aussi, n’aura été en vigueur qu’une seule année – la taxe sur les comptes-titres est un nouvel exemple de la poudre aux yeux dans laquelle ce gouvernement s’est spécialisé.

5. Nécessité d’un plan basé sur le respect du travail, de la nature et de l’investissement public

Toutes ces mesures d’accroissement de la flexibilité ne relancent en rien l’économie. Elles nous rendent malades et accroissent les inégalités. L’insécurité (d’emploi, d’horaire…) et les petits salaires sont une forme de stress permanent qui conduisent à de grands dégâts sociaux.

Si nous voulons respirer à nouveau, nous avons besoin d’un plan basé sur le respect du travail,  de la nature et l’investissement public.

Respecter le travail en promouvant des emplois stables et la liberté d’obtenir des augmentations de salaires. Il faut en finir avec les discours culpabilisants les travailleurs, leurs salaires soi-disant trop élevés ou leurs conditions de travail. Respecter le travail en favorisant la réduction du travail plutôt que son augmentation. Partager le travail pour travailler tous.

Respecter la nature en promouvant l’investissement public dans des projets écologiques de construction et d’isolation de logements, dans le développement des transports publics...
En développant un tel plan, nous pourrons respirer à nouveau l’air de nos villes, nous pourrons sortir du stress qui mine la vie d’un trop grand nombre.

Mais pour arrêter le gouvernement et pour appliquer ce plan, il faudra se mobiliser. C’est le seul langage qu’entend ce gouvernement aveuglé par son ambition de servir les plus riches de ce pays.

Tax-shift : un rapport montre l’échec de la politique du gouvernement
Il y a un an, le gouvernement annonçait en grande pompe son « tax-shift ». Les particuliers et les entreprises allaient payer moins d’impôts et moins de cotisations sociales. Cela allait permettre de relancer l’emploi, le pouvoir d’achat et l’économie, prétendait le gouvernement. Récemment, la Banque nationale de Belgique a sorti un rapport pour faire un premier bilan de ce fameux tax-shift. Elle a aussi déterminé une série de prévisions. Résultat ? Un aveu d’échec de la politique du gouvernement. Explications.
Pour rappel, le tax-shift, c’est 9,3 milliards d’euros : 5,4 milliards de baisse d’impôts des gens et donc « d’amélioration » du pouvoir d’achat, et 3,9 milliards de réduction de cotisations sociales patronales, les cotisations que le patron prélève de votre salaire pour normalement les verser dans les caisses de la sécurité sociale.
Comment ces 9,3 milliards sont-ils financés ?
La moitié du tax-shift est financé essentiellement grâce à des augmentations de TVA et d’accises. Ce qui réduit fortement le pouvoir d’achat. En résumé, ce qu’on « gagne » via les réductions d’impôt nous est en grande partie repris par les augmentations de TVA et d’accises. Concrètement, en 5 ans (2015-2020), la Banque nationale a calculé que le tax-shift permettrait « d’améliorer » le pouvoir d’achat de… 1,6 %. Soit moins de 0,3 % par an ! Et en plus, ce chiffre ne tient pas compte du saut d’index qui a fait perdre 2 % de salaire à tous les salariés de Belgique.
Première conclusion à tirer du rapport de la BNB, l’action du gouvernement aura fait reculer le pouvoir d’achat des Belges et aura miné le financement de la sécurité sociale.
Photo Solidaire, han Soete

Et comment l’autre moitié est-elle financée ? Et bien, elle ne l’est pas. Concrètement, le tax-shift organise un trou budgétaire de 4,5 milliards. Le gouvernement déclare qu’il n’y a pas besoin de les financer. Les « effets retours » les financeront tout seul. En réalité, ces 4,5 milliards non-financés nous reviendront dans la figure dans les années à venir sous forme de déficits dans la sécurité sociale et dans le budget de l’État.

Oui ,mais le tax shift aura quand même permis de créer de l’emploi. Non ?
Les estimations optimistes de la BNB prévoient que le tax shift permette la création de…41 300 emplois d’ici 2020. Soit en moyenne un peu plus de 8 000 emplois par an.
Il s’agit ici de prévisions qui reposent sur des hypothèses hasardeuses. Il n’y a rien de certain dans ces estimations car les entreprises n’ont aucune obligation de créer des emplois pour les cadeaux qu’elles reçoivent. On « espère » juste qu’elles le feront.
Ensuite, la BNB explique qu’il lui est impossible de savoir de quel type d’emploi (précaire ou stable, temps pleins ou temps partiels) il s’agira. Mais si le gouvernement continue sur sa lancée actuelle, il s’agira essentiellement d’emplois précaires. Jusqu’ici, sous le gouvernement Michel, plus de 65 % de l’emploi est à temps partiels, intérimaire ou saisonnier. Et ce chiffre risque de grossir encore si les nouvelles mesures de démantèlement du marché du travail sont adoptées (voir article précédent). Finalement, mobiliser 9,3 milliards pour créer au final 41 300 emplois, c’est très très cher payé. En tenant compte des « effets retours », le coût net pour la sécurité sociale de ce tax-shift sera d’au moins 3 milliards, a calculé le Bureau du plan. Cela veut dire que chaque emploi (précaire) créé aura coûté plus de 70 000 euros à la sécurité sociale. Deuxième conclusion : la politique du gouvernement de cadeaux aux entreprises coûte très cher, crée peu d’emplois et de l’emploi précaire. Une politique basée sur l’investissement public ou le soutien à la réduction du temps de travail coûterait bien moins cher, permettrait de créer beaucoup plus d’emplois et des jobs de meilleur qualité.1

« Le CD&V ne comprend pas pourquoi le Mouvement ouvrier chrétien est fâché contre lui. On va lui expliquer » 

Dans les rêves du CD&V, l’accord gouvernemental de juillet 2017 devait être son grand moment de retrouvailles avec le Mouvement ouvrier chrétien (ACW). Le ministre Kris Peeters se voyait déposer élégamment sur la table une taxation sur la fortune et une solution pour les épargnants d’Arco, et les présidents des branches du mouvement accueilleraient, la larme à l’œil, le fils prodigue revenu à la maison.

C’est toutefois l’inverse qui se produit. Le CD&V récolte une pluie de critiques qui exaspère plus d’un parlementaire. « Est-ce le syndicat parle bien au nom de tous ? J’ai un gros doute », s’interroge un dirigeant du parti. Wouter Beke (président du CD&V) prétend que le CD&V continue à défendre ce « centre courageux » (moedige midden) et que c’est l’ACW qui tire toujours plus vers la gauche.2

En réalité, Beweging.net, la CSC et les autres organisations de l’ACW sont solidement ancrées dans la réalité de terrain et tendent au CD&V un miroir où il se voit tel qu’il est : comme un fossoyeur de la cohésion sociale d’aujourd’hui et de demain. 

Le CD&V assume depuis 3 ans le rôle de la soi-disant caution « sociale » du gouvernement. Et quel est le bilan ? Les quelques fois où il a émis une proposition sociale, celle-ci était très légère et souvent rejetée. Mais plus grave, le CD&V s’implique activement dans toute une série de dossiers qui ont contribué à démanteler les droits des travailleurs et à miner l’assise de la sécurité sociale. Tout y passe : augmentation de l’âge du départ à la retraite, saut d’index, augmentation des impôts pour les travailleurs, tax-shift au profit des entreprises, sans compter toutes les mesures nauséabondes sur l’immigration et les réfugiés. Kris Peeters himself (pourtant CD&V) va même jusqu’à augmenter la flexibilité des travailleurs et à raboter leurs futures augmentations salariales.

L’accord de juillet devait mettre fin à la longue traversée du désert du parti. Sur la table, le CD&V apportait non seulement une solution pour les épargnants d’Arco, mais aussi ce qu’il présente comme la pierre angulaire d’une fiscalité juste. Sauf que les épargnants d’Arco seront (peut-être, si la Cour constitutionnelle le permet, ce qui est hautement improbable) payés sur la privatisation de Belfius (feu Dexia, sauvée par... les fonds publics, donc l’argent des citoyens). Et le début de fiscalité juste sera, selon tous les experts, une boîte vide.

Et, à côté de ces deux joyaux, il y a de nouvelles mesures qui sentent bon le libéralisme : encore plus de flexibilité, une nouvelle augmentation des accises sur les sodas et le tabac, de nouvelles mesures pour les entreprises et qui mettent à mal la sécurité sociale et les services collectifs. 

En fait, le gouvernement déteste tout ce qui est collectif. Son libéralisme promeut le profit individuel et l’écrasement de l’autre. Or un mouvement, c’est juste l’inverse. 

Lorsque le CD&V se plaint des critiques, il finit par reprocher au Mouvement ouvrier chrétien d’être ce qu’il est, de défendre des intérêts collectifs et de représenter celles et ceux qu’il représente : les gens qui subissent leurs mesures et qui aspirent à une société plus juste.

1. Rapport de la BNB ici • 2. De Tijd, « CD&V tankt vertrouwen, maar voor hoelang? », 5/8/2017

 

Article publié dans le mensuel Solidaire de septembre 2017Abonnement.

Ajouter un commentaire

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Commentaires

les syndicats il et temps d agir et trés vite , si il et pas déjà trop tard de toute façon vous pouvez faire ce que vous voulez gréve , bloquage , et tous le toin toin ,il le ferons quand cette meme cette loi , mais pour cela il faut que tous mais tous le monde s y mette , et qu il ai pas des faux cul qui voudrons encore allez bosser , comme certain ,
La Belgique et gouverner par des voleurs et menteur le patron c'est le peuple descendons dans la rue et faisons démissionner ce gouvernement de voleur on exige une nouvelle élection on peut créer de l'emploi vivre décemment éduquer ses enfants avoir une pension. Convenable ça ne se fera pas avec ses voleurs de parlementaires
Ce que prévoit le gouvernement français est un copié-collé de ce que prévoit votre gouvernement, le tout avec la bénédiction de la commission européenne. S'il n'y a pas un printemps des peuples d'Europe, nous retournerons au XIXème siècle.
oui faut descendre dans la rue , cela aurait du etre fait depuis longtemps au moins dix fois , mais jusque ici rien alors qu a attend dons nous pour le faire alors la saint ghlin ghlin , il et temps d agir et trés trés vite , sinon on cour a la catastrophe avec se gouvernement de merde sortons les battons et chantons l aire des partisans du ptb
La réaction de droite...de plus en plus arrogante...il déteste la politique sociale....pour eux les gagne-petits sont des feignants et des profiteurs....à l'image des intermittents du spectacle qu'ils adulent dès qu'ils sont passés dans leur camp de nantis du système...ils deviennent amis et épousent,pour plus des 3/4 leurs idées cyniques,fatalistes et nihilistes...sans aucune lucidité sur le système...tout est fait pour le gain-profit des uns et le strict minimun à perte des autres...sans le travail l'artisanat et l'art...le monde ne serait que désolation...merci de votre patience. . . .
On va tout droit vers le démantèlement complet des principes mutualistes. le travailleur devra cotiser par lui-même pour ses soins de santé et sa retraite dans un système où la concurrence entre travailleurs va devenir de plus en plus féroce et la préservation de ses avoirs bancaires de plus en plus précaire (taux d'intérêt négatif sur l'épargne) ! Pour assurer ses arrières, le travailleur devra probablement cumuler plusieurs "jobs, jobs, jobs" (comme dirait l'ennemi de notre belle patrie, Charles Michel) ... Hé oui, c'est ça le libéralisme, c'est ça l'européisme .
SCANDALEUX !!
IL EST TEMPS DE PRENDRE LES TAUREAUX PAR LES CORNES ET DE DESCENDRE DANS LA RUE POUR DES GREVES AU FINICH ET PAS UN JOUR DE TEMPS EN TEMPS ILS FAUT BLOQUER TOUT LE PAYS DANS TOUT LES SECTEURS PRIVE ET PUBLIQUE FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT DE SALOPART ET PROFITEUR PAS UNE MANIF ET UNE REVOLUTION
Nous sommes dupés par les médias à travers les réseaux sociaux. Servons-nous des réseaux sociaux bon escient. C'est par ce biais que « l'information de sensibilisation» doit passer afin de constituer un réseau solide. Chacun doit comprendre l'enjeu à tous niveaux, de ce qui se passe de manière claire ( liens, vidéos ). Agir ensemble de manière plausible...
il faut arrêter de dire que le peuple vas faires si ou ça , il ne fera rien comme d'habitude et j'entend déjà des mauvaises langue dire que ma réflexion est inappropriée . Souvenez- vous il y a 2 ou 3 ans , nous étions plus de 100 milles dans les rues de la capitale . Le mouvement était bien lancé quand les syndicats ont fait une trêve hivernal , nous sommes dans le même contexte en ce moment . Le syndicat ne fera que des actions à partir de l'automne prochain ce qui veut dire dans quelques mois . Au moment de passer à l'action , le gouvernement va comme d'habitude nous passé la pommade , je le sais je l'ai vécu avec le société Caterpillar . Donc pour résumé , c'est toujours les mêmes qui ce retrouve dans des manif à crier , gueuler contre le gouvernement et pendant ce temps d'autres tire les marrons hors du feux . NON , il faut commencé à casser , démolir tout ce qui touche au public et c'est le seule moyen quelque fois pour ce faire comprendre . le temps de négocier autour d'une table est révolu , le meilleur exemple est le Venezuela un pays premier producteur de pétrole sur le continent américain , ils en sont ou maintenant , nulle part tout le pognon est parti dans les poches du gouvernement et ce n'est sûrement qu' une partie de ce que l'ont sait . Ici tant que les gens sauront aller au resto , cinéma et allé en vacance il ne se passera rien et puis arrêter aussi de boire de l'alcool dans les rues et de danser nous serions peut être pris plus au sérieux . Il faut montré à ce gouvernement de faucheurs que il y a une différence entre un job et un emplois , un job c'est temporaire , un emplois ont regarde sur du long terme , investissement sur une maison , fondé une famille et autre . Alors arrêtons tous c'est discourt de le peuple vaincra , c'est dans les films que l'ont vois ça à leur actuel . les gouvernements paye des golden boy avec des idées nouvelle pour avoir des solutions contre le peuple et non pour l'aider . nous sommes en train de reculé socialement et économiquement sur tout les fronts et le gouvernement est fier de créer 600 milles emplois en intérim , en intérim ont ne peut faire de crédit au logement ou autre , c'est un frein à l'économie du marché . je vous souhaite une bonne journée à tous et toutes camarades .
Camarade , je partage votre analyse Mais nous devons essayer de sensibiliser les gens que nous côtoyons et agir dans la mesure de nos moyens et de nos capacités là où nous nous trouvons .
Mais que d'erreurs et de désinformations, c'est vraiment dommage car vous vous décrédibilisez, par exemple la taxe sur les comptes titres n'est pas de 750 € pour un million mais bien de 0.15 % avec comme palier 500.000 € (en dessous rien), soit donc 1.500 € pour un million ! Deuxième erreur flagrante, il sera impossible de ventiler sur plusieurs comptes titres différents, obligation de déclaration de tous les comptes enregistrés et le retour des dividendes est seulement limité à 620 € après c'est un impôt (précompte) de 30 % qui est appliqué ! Bref si vous voulez rester crédible ne trompez pas le peuple ! Accessoirement je me demande si mon commentaire va être validé ! hé hé
Je m'étonne que le PTB ne porte pas la lutte pour une uniformisation du régime fiscal (impôts sur les revenus). Actuellement, les impôts dus sur les revenus de propriété (loyers, dividendes, etc) se situent en gros aux alentours de 12% en moyenne, contre environ 30% pour les revenus du travail. Il serait juste d'appliquer à tous les revenus, sans distinction de nature, la même grille barémique - à taux progressif - de manière que chaque citoyen ait, pour un même revenu brut, le même revenu net. Une telle disposition aurait le mérite de rétablir la justice et l'égalité, mais en plus, serait de nature à augmenter les recettes fiscales, permettant à l'état de se désendetter. En plus, ou alternativement, on pourrait réduire proportionnellement les impôts indirects (TVA, accises) qui pèsent le plus lourdement sur les ménages à faibles revenus, obligés de dépenser tout ce qu'ils gagnent pour (sur)vivre. Ca ne plairait sans doute pas aux prêteurs, trop contents de s'enrichir en prêtant à l'état les sommes qu'ils ne lui payent pas en impôts! Quant à écréter les richesses en capitaux, il existe un dispositif efficace, ce sont les droits de succession. Augmenter les taux supérieurs - qui plafonnent à 30% (!) sur les successions en ligne directe, les plus nombreuses - permettrait, non seulement d'augmenter les ressources de l'état, mais aussi, et surtout, de couper les ailes à l'enrichissement sans cause des plus riches. Quel dommage de laisser ces sujets à une canaille comme Di Rupo!!!
Taxer les loyers? Sur base des revenus réels en réduisant déjà toutes les taxes cachées existantes.. sanq parler des impayes des vides locatif des degradation faites par des locataires insolvables.. etc.. enfin j arrête de tre façon tôt ou tard ça arrivera grace a des gens comme vous qui ne voient pas la réalité de la vie de propriétaire bailleur!!! Déçu de ce genre de commentaire. Réfléchissez y...
Comment une famille peut-elle vivre dans de telles conditions de travail, en étant même pas certaine de pouvoir payer son loyer, chauffage etc, si le patron le demande suivant sont bon vouloir? Il n'y a aucune sécurité de vie pour les gens dans de telles conditions
Cela n'est pas une surprise avec ce gouvernement ultra libéral cela ne m'étonne pas.
Seigneur Michel et ses vassaux ...nous voilà revenu quelques siècles en arrière. Le petit peuple dans la misère et les Seigneurs gros nantis sans compassion ni humanité. Des ego surdimensionnés, avides de pouvoir et de richesse ...peu en importe le prix. D ailleurs, en parlant de prix...ces grands Seigneurs savent ils seulement combien un serf paye son pain ? Son essence ? Un cartable ? Un dafalgan ( et il en faut pour contrer les migraines engendrées par l avenir incertain) ?? Vivement les prochaines élections. Je rêve d une dissolution à la française. ...et que tous ces crapuleux disparaissent de mon horizon.
Merci pour votre information claire. je suis personnellement Chômeur avec Complément d'entreprise depuis le 01/01 et vais donc pendant 5 ans perdre sur ma pension. J' ESPERE que les syndicats vont organiser de réelles actions (pas des promenades) ET QUE tous les concernés soutiendront ces actions, jusqu'à ce qu'il retire ces mesures ! NE TOUCHE PAS à MA SECURITE SOCIALE !
oui j espére que vous avait raison , que le syndicat vont pas se laisser faire , mais il a une chose j ai pu remarquer quand on annoncer cette géve il en déjà certain qui dise oui il nous faire ch..er avec sa il vont nous emerder encore avec sa , se son les fossoyeur de la belgique les syndicats , je dit a s et personne qui on pas de cerveaux j espére qu il vont garder leur job longtemps , car le jour ou il seront dans les emerdes il verront ce que s et d avoir des fin de mois difficile et de se priver , donc rèfléchiser bien car moi je veut pas que l on touche a la sècurite sociale , voila s et un coup de gueule a ceux qui veule rien entendre