Photos prises par Mathilde El Bakri le lendemain des violences.

Violences à Bruxelles : après la terrible casse, les questions

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Dirk De Block

Ce dimanche 12 novembre au matin, les habitants du centre de Bruxelles se sont réveillés, choqués par les dégâts de la violence inacceptable dans le quartier Anneessens ayant eu lieu la veille. Ce qui a commencé comme une fête de masse avec des milliers de personnes fêtant sur les marches de la Bourse la victoire au football du Maroc a fini avec des destructions par quelques dizaines d’individus dans le quartier Anneessens. Mathilde El Bakri, députée bruxelloise et habitante du quartier Anneessens, réagit.

Mise à jour (17/11) : Dirk De Block, le président du PTB-Bruxelles, condamne fermement le vandalisme et les pillages qui ont émaillé le centre de Bruxelles cette dernière semaine. « Cette violence est inacceptable. Il s’agit de voitures et de magasins de gens ordinaires, de travailleurs, qui ont été cassés. Traiter la situation à Bruxelles comme un "cancer" et annoncer une répression "tous azimuts" comme l'annonce Jan Jambon (N-VA), n'apportera aucune solution. Il faut investir dans des projets sociaux, dans l’enseignement, et donner des perspectives pour ramener le calme à Bruxelles et offrir un avenir à tous. » Retrouvez ici son interview.

Mathilde El Bakri : « Comme beaucoup de mes voisin.e.s, je suis encore sous le choc des événements survenus hier soir dans mon quartier. Une violence inouïe, incompréhensible et inacceptable. C'est arrivé sous nos yeux. À quelques mètres de nous. Juste en face de chez moi, une voiture a pris feu. Ce matin, on s'est réveillé groggy face aux dégâts de la veille. Certain.e.s commerçant.e.s ont été touché.e.s de plein fouet. Vitres cassées, marchandise volée, magasins endommagés… On en a encore froid dans le dos.

Dans la presse, des riverains se plaignaient du fait que la police n’était pas intervenu.

Mathilde El Bakri. J’ai parlé à la propriétaire du magasin de meubles qui a été détruit. Elle ne comprend pas comment cela se fait que la police a mis plus d'une heure pour intervenir dans le quartier livré à lui même. « Les fauteurs de troubles ont eu une heure pour briser la vitre et rentrer dans mon magasin. Un policier nous a témoigné avoir reçu la directive de ne pas intervenir. Pourquoi ? »

Ils ne sont pourtant pas les seuls à avoir alerté la police. Khalid, propriétaire du magasin PC-Labo, a aussi appelé la police avant que sa vitrine ne soit complètement détruite. Plus tard, il restera bouche bée face à la la réaction des agents de police, qui ont lancé des gaz lacrymogènes dans son magasin. Pourquoi ce geste, alors qu'il est victime ? « Parce que j'ai osé les critiquer de les voir reculer, estime-t-il. Ils ont mis plus d'une heure à arriver, je n'ai pas compris pourquoi ils repartaient si vite alors que rien ne semble sous contrôle. »

Quelle est l’ambiance dans le quartier, maintenant ?

Mathilde El Bakri. Face à toutes ces violences, c'est touchant de voir comment la solidarité s'organise entre voisin.es. Un ami de Khalid est venu du Brabant Flamand pour l'aider à installer des panneaux en attendant le remplacement des sa vitrine. Un voisin qui a subi un cambriolage a reçu un matelas tout neuf d'un commerçant. Le gérant du night shop qui s'est fait voler alcool et cigarettes a insisté pour nous offrir à boire lorsqu’on est venu lui parler : « Servez-vous dans le frigo ou prenez un café. » Les habitant.e.s et la famille de la propriétaire du magasin de meubles sont venus la soutenir. Cela dit, beaucoup de questions restent en suspens.

Par exemple ?

Mathilde El Bakri. Il y a donc la question des riverains : pourquoi la police n’est-elle pas intervenu qu’après une heure ? Mais il reste aussi des questions sur la gestion de la fête à la Bourse. Des agents témoignent du manque de préparation, comme lors d’autres grands matchs. Trop peu de policiers mobilisés, ou que très tardivement.

Lors d’autres matches où l’on attend beaucoup de monde, il y a des « spotters » qui font sortir les fauteurs de trouble de la masse en fête. Hier soir, il n’y en avait pas. Et, normalement, la police reste en retrait tant que ça se passe globalement bien. Des amis à moi, mais aussi d’autres témoins sur les réseaux sociaux, et même un membre du conseil de police, parlent d’une bonne ambiance à la Bourse, une fête familiale. Ils ne comprennent pas pourquoi l’évacuation était déjà nécessaire à 21h25, et en plus à l’autopompe, au gaz lacrymogène et à la matraque.

Cela ne justifie aucunement le saccage de mon quartier, mais il y a régulièrement des matchs qui se fêtent sur les marches de la Bourse. Avec le bon encadrement, on devrait rendre possible que la majorité passe une chouette fête, en ciblant les individus qui posent problèmes.

Les riverains veulent des garanties que les prochaines fois, les dispositifs suffisants soient pris pour protéger les quartiers avoisinants. Hier, les travailleurs de rue et gardiens de la paix n’étaient même pas mobilisés. Ce n’est que quand c’était déjà trop tard que la commune a essayé de mobiliser encore quelques « grands frères » pour calmer l’affaire. Face à tout cela, les riverain.e.s attendent des réponses.

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Commentaires

Témoignage d'un de mes amis qui était sur place : Mon témoignage : De la fête à l’émeute… Il est 20h15 coup de sifflet final -, le maroc gagne 2-0, qualifié pour la prochaine coupe du monde, chose qui n’est plus arrivée depuis 1998. Je suis dans un café face à la gare du midi avec deux cousins. On quitte le café des centaines, voire des milliers de personnes sont présentes. Les voitures klaxonnent, le quartier est à l’arrêt trop de personnes, trop de voitures, des jeunes sont debout sur un camion, des chants retentissent…beaucoup de familles sont présentes. Certains supporters décident de faire la circulation gare du midi et Lemonnier pour laisser les non supporters coincés dans la liesse. Des plus grands proposent de rejoindre la bourse piétonne pour faire la fête trop de risque avec autant de voitures. Des centaines voire des milliers de jeunes se dirigent vers la bourse. Je suis dans le milieu du cortège, je vois place Fontainas beaucoup de tensions avec des très jeunes (10-12 maxi) qui tentent de faire retirer les barrières du piétonnier et tentent de s’introduire dans un chantier, des parents vont parler avec les jeunes, je laisse la situation et me dirige vers la bourse pour faire le fête. Enfin à la Bourse, je suis devant le café Metteko, une ambiance magnifique, on se prend en photos. Je vois de l’autre coté de la place une autopompe, je fait le tour de la place: rien, aucun incident c’est calme. Je rejoins mes amis de l’autre coté de la bourse coté metteko, les chants sont repris. On voit coté droit de la bourse venir une file de policiers en boucliers et casqués. Incompréhension, quelques jeunes se dirigent vers, de nombreuses personnes disent qu’il sont juste là pour éviter qu’on aille du côté marché de Noel ou Grand Place en groupe. Soudainement l’autompe charge la bourse festive et les marches des escaliers, grosse panique, des enfants tombent au sol, grosse panique. L’autopompe s’arrête, des centaines de personnes, dont femmes et enfants, en profitent, plusieurs dizaines à s'être cachés avec moi derrière des camionnettes, nous courons le plus vite possible. Je regarde autour de moi, je vois plein de jeunes prenant des chaises et cherchant des pierres pour les lancer vers la police. Le mobilier urbain est pris à parti, quelques voitures, c’est l’émeute, plus personne ne contrôle plus rien…. Je suis devant Fontainas, pas un policier autour de nous. Au loin je vois l’autopompe et les casqués venir vers nous, je m’éloigne pour faire une video trop déçu, trop fâché, trop découragé… On retourne sur Lemonnier, des jeunes et des policiers se font encore face, insultes etc….Je décide avec mes amis et cousins de rentrer dans le premier resto continuer la fête, d’en profiter un petit peu quand même et essayer d’oublié cette occasion ratée. Pourquoi pouvions nous fêter cela sur les marches de la bourse lorsqu’on était en diables rouges et plus lorsque nous sommes en lions de l’atlas? Une énième déception ou la déception de trop...
J'ai beau lire et relire votre commentaire je ne vois aucune critique des premiers responsables de cette fête gâchée : vous, les supporters marocains ! Cette absence totale de remise en question est absolument insupportable. C'est elle qui rend le vivre-ensemble de plus en plus difficile dans notre société aujourd'hui. Ce n'est pas la police qui a provoqué les casseurs, ce sont des voyous qui voulaient en découdre qui ont gâché la fête. .. assumez bon sang ! On a beau être de gauche, c'est insupportable de voir en permanence les forces de l'ordre critiquée pour l'irresponsabilité et les comportements inciviques d'une minorité d'enfoirés.
Ce serait bien de facturer les dégâts et interventions de police aux clubs respectifs pour leurs matchs... ainsi on irait sur une responsabilisation des clubs.
oui s et grave se qui et arriver la , mais une chose s et les policiers son vite dépasser oui s et sur il réplique mais il faut donner les moyen a la police dans les cas comme cela , il a pas assez de policier et de materiel et vus que le ministre jambon tape dans les budjet de la police voila se qu il arrive , de toute façon le ministre jambon pour moi s et un incompetant désoler de le dire , quand on vois nos pauvre policier avec du matériel dépasser qui date de la dernière guerre , pistoler style rétro qui fonctionne avec des pieces reycler d un autre pistoler , voiture qui on plus de 300000 km qui tombe en ruine au premier cout d accélèateur , autopompe juste bon pour aller dans les pays d afrique pour arroser les culture la bas , et j en passe pour moi désoler mais au lieu de sucre dans le bujet de la police faut se dire une chose si nous voulons avoir l ordre des rues il faut se donner les moyens et avoir du bon matérielle et des hommes en plus , pas du materielle de la guerre froide une chose a dire aussi respet au policier qui son venu pour retablire l ordre , qui risque leur vie dans les cas parreille avec les faible moyens du bord
Cet événement est absolument désolant et témoigne de l'absence de structuration mentale d'une certaine jeunesse ... On compte à gauche sur le rapport de force pour faire changer la société. Mais quand la force s'exprime en saccageant gratuitement le bien public et les biens de petites gens, il y a de quoi penser que l'autoritarisme a du bon et que Papa Staline n'avait pas tort sur toute la ligne ...
J'aurais été ce grand frère, sans une NAMUR réactionnaire. Leve BRUSSEL, lieve BRUSSEL. Don't leave BRUSSEL...
Je confirme ce témoin car ma compagne était sur les lieux et la dit la même chose ils ont ( la police) chargés sur les gens qui fesaient la fête .à se demander si cela est fait exprès de n avoir rien mis en place ?